La Coalition 8 mai propose une motion aux communes bruxelloises pour contrer l’extrême droite et les discours de haine

La Coalition 8 mai propose aujourd’hui le vote d’une motion destinée à engager les communes bruxelloises dans une démarche de défense du devoir de mémoire et de lutte contre la résurgence de l’extrême droite.

Constituée de syndicats et d’organisations de la société civile, la Coalition réaffirme ainsi son engagement pour que le 8 mai, commémorant les 80 ans de la victoire sur le fascisme, devienne un symbole fort de résistance et de solidarité.

Les grands axes de la motion proposée :

En proposant cette motion, la Coalition 8 mai souhaite offrir à chaque commune les moyens de se doter d’outils efficaces pour contrer l’extrémisme et préserver la mémoire des combats de nos aîné.es.

La proposition de motion

Le courrier aux autorités communales

Lettre ouverte  aux informateurs bruxellois : Bruxelles doit continuer à bruxeller !

« Bruxelles bruxellait » chantait Jacques Brel il y a plus d’un demi-siècle. Aujourd’hui encore, la capitale est belle, animée et vibrante. Mais pour combien de temps ? La Région risque l’asphyxie, paralysée par des blocages politiques sans fin, une violence liée au trafic de drogue qui s’intensifie et une précarité extrêmement préoccupante. En tant que partenaires sociaux – employeurs et travailleurs réunis – nous avons, la semaine dernière, tiré la sonnette d’alarme. L’impasse politique ne menace pas seulement la stabilité de la capitale et son développement socio-économique, mais hypothèque son avenir. Cette inertie ne peut plus durer.

C’est la raison pour laquelle nous – CEO et Secrétaire générale de BECI et Président et Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles – souhaitons vous interpeller aujourd’hui sur les principaux défis à relever pour notre Région et vous proposer des solutions concertées entre nos organisations, qui ont à cœur de permettre à Bruxelles de continuer à bruxeller !

Un environnement serein au profit des habitants, des travailleurs et des entreprises

Des quartiers jadis animés par le commerce et la convivialité sont fragilisés par des trafiquants et des gangs.

Cette insécurité a des conséquences lourdes : pour les entreprises et les services publics, qui doivent assumer des coûts de sécurité en hausse ; pour les travailleurs, les touristes et les navetteurs qui ne se sentent plus en sécurité lors de leurs déplacements ; et surtout pour les habitants de ces quartiers, qui en souffrent au quotidien ; enfin, pour l’ensemble des Bruxellois, dont la qualité de vie est menacée.

Nous, partenaires sociaux, le répétons depuis longtemps : si Bruxelles ne garantit pas un environnement sûr, elle fera fuir les travailleurs et les habitants. Une Région où l’on craint de prendre le métro ou de rentrer tard nuit à son dynamisme socio-économique et à sa prospérité.

Le gouvernement fédéral a bien annoncé une task force mais sans coordination réelle avec l’exécutif bruxellois, cette initiative risque de rester purement politique : un emplâtre sur une jambe de bois.

Mais un environnement serein ne se réduit pas à une politique de sécurité optimale. Il faut aussi une meilleure concertation entre tous les acteurs de la Région que sont le monde politique, les représentants des employeurs et les représentants des travailleurs. C’est pourquoi nous demandons la conclusion d’un nouvel accord socio-économique tripartite, qui reprenne les priorités partagées des interlocuteurs sociaux représentés au sein de Brupartners.

Nous souhaitons également travailler ensemble, avec tous les acteurs publics et privés, pour relancer l’industrie à Bruxelles, notamment via une politique foncière afin d’augmenter les espaces dévolus à l’activité industrielle et une politique de mobilité et de logistique adaptée. Une industrie connectée avec la ville et ses habitants, qui allie progrès social et respect de l’environnement.  

Nous devons aussi poursuivre la Shifting Economy, pour investir plus massivement dans la transition climatique et promouvoir les entreprises qui s’inscrivent dans une démarche d’impact social et environnemental positif, tout en développant davantage la politique de soutien à la recherche et à l’innovation au profit des entreprises, des travailleurs et des habitants de Bruxelles.

Face aux mesures qui ont été annoncées par le gouvernement fédéral en matière de chômage et de maladie de longue durée, nous devons également revoir la politique de l’emploi et de la formation pour renforcer l’accès et la mise à l’emploi de tous les Bruxellois et accompagner plus rapidement et efficacement ceux qui malheureusement perdent leur emploi. Les questions fondamentales de la discrimination et de la diversité sur le marché du travail, de la lutte contre le travail au noir et le dumping social doivent également faire l’objet d’une attention particulière si nous voulons offrir aux habitants de Bruxelles toutes les chances de trouver un emploi de qualité.

En matière de logement, outre l’évaluation et la pérennisation de l’alliance Renolution, Bruxelles doit mener une politique de rénovation et de construction qui permette à tous les habitants de bénéficier d’un logement décent et de qualité, à un prix abordable. Cela passera notamment par une accélération et une simplification des procédures de permis.

Le budget

Bruxelles est aussi en danger sur le plan financier. La dette régionale ne cesse de s’alourdir, Belfius réduit drastiquement sa ligne de crédit de trésorerie et les agences de notation surveillent la situation de près. Sans gouvernement stable et sans vision stratégique, les coûts d’emprunt risquent de flamber. Avec quelles conséquences ? Moins d’investissements et des coupes budgétaires aveugles dans les politiques sociales et économiques.

Ce marasme affecte non seulement les finances publiques, les services publics, mais aussi les entreprises qui font vivre notre Région. Les employeurs voient se tarir les capitaux nécessaires à leur croissance ; les travailleurs, eux, subissent un climat d’incertitude qui fragilise leurs emplois et leurs revenus.

Les nécessaires politiques sociales et les services aux habitants de Bruxelles ne pourront plus être assurés. Il faut donc d’urgence prévoir les moyens financiers nécessaires au développement socio-économique de la Région, en travaillant tant sur les dépenses que sur les recettes, tout en préservant la dynamique économique et la politique sociale.

Retrouver l’attractivité

Bruxelles doit être à la hauteur de son titre de grande capitale européenne : multiculturelle, dynamique, vivante, innovante et sûre. La Région a besoin d’un gouvernement qui reprenne son destin en main, dans un territoire où habitants, entrepreneurs, touristes et travailleurs se déplacent avec confiance.

Sans action rapide, l’avenir de Bruxelles risque d’être gâché. C’est une menace non seulement pour les entreprises, qui peineront à attirer les travailleurs et les investissements nécessaires à leur développement, mais aussi pour les travailleurs et les habitants de Bruxelles, qui ont besoin de perspectives solides dans un cadre où il fait bon vivre et travailler.

Bruxelles doit continuer à bruxeller et cela encore pour longtemps !

Face à l’impasse politique, les partenaires sociaux bruxellois s’impatientent : l’inaction n’est plus une option !

Huit mois après les élections, Bruxelles est toujours sans gouvernement. La mission du formateur  pourrait se terminer ce vendredi, 17h. Et après ? C’est d’une seule voix que les représentants bruxellois des travailleur·euses et des entreprises ont décidé d’interpeller les partis politiques pour qu’ils prennent enfin leurs responsabilités et évitent une impasse aux lourdes conséquences.

Bruxelles traverse une période critique. Alors que la Région est confrontée à de multiples défis, notamment après les décisions du nouveau gouvernement fédéral, il est urgent d’agir, de sortir des batailles politiciennes. Nous attendons de nos représentants politiques une approche responsable et constructive dans l’intérêt et le respect de celles et ceux qui vivent, entreprennent et travaillent à Bruxelles.

Notre attachement à Bruxelles, combiné à l’urgence d’avoir un gouvernement, nous oblige à faire front, à réagir collectivement pour faire entendre raison aux partis, mobiliser toutes les forces vives pour dessiner le futur de Bruxelles.

L’absence de gouvernement régional constitue une source d’inquiétude légitime pour les citoyen·nes, les travailleur·euses et les entreprises bruxelloises. Chaque jour sans gouvernement aggrave une situation déjà préoccupante. Le prochain gouvernement devra faire face à des enjeux majeurs :

L’inaction est une faute. Bruxelles en a “Ras-le-Gouvernement ». Nous appelons les responsables politiques bruxellois, de tous bords démocratiques, à se réveiller et prendre leurs responsabilités. Nous les appelons à ne plus se comporter comme des politiciens mais bien comme des femmes et des hommes d’Etat, à la hauteur des enjeux et des Bruxellois·es.

Notre Région mérite mieux qu’un statu quo voué à l’échec. Bruxelles doit devenir un pôle d’attractivité, de développement économique, de plein emploi et de justice sociale où la qualité de vie prime. Le prochain gouvernement sera une réussite collective ou ne sera pas. Pour y parvenir, il faut des valeurs partagées, de l’ambition, des alliances solides et la volonté de dépasser les clivages.

Bruxelles mérite un avenir rayonnant. Travaillons-y ensemble. Les partenaires sociaux sont prêts.

100.000 personnes dans la rue contre les mesures antisociales du nouveau gouvernement !

Ce jeudi, une marée humaine a déferlé dans les rues de Bruxelles pour dire NON aux politiques d’austérité du gouvernement De Wever. Près de 100.000 travailleurs, allocataires sociaux, fonctionnaires, jeunes, retraités… Toute une société unie pour défendre ses droits et son avenir.

Le gouvernement Arizona mène une offensive sans précédent contre nos droits sociaux : ses mesures attaquent de plein fouet notre sécurité sociale, fragilisent nos services publics et sacrifient notre pouvoir d’achat. Nous refusons de voir notre protection sociale démantelée et nos services essentiels bradés au nom d’une logique d’austérité aveugle.

Les droits sociaux ne sont pas des privilèges, ce sont des garanties pour une vie digne !

Aujourd’hui, des droits fondamentaux sont en jeu :

Cette manifestation est un acte de résistance. Nous étions là pour rappeler une évidence : notre modèle de solidarité n’est pas négociable. Nous exigeons un gouvernement qui protège les travailleurs, renforce les services publics et garantit une sécurité sociale solidaire pour toutes et tous.

Ensemble, nous avons envoyé un message clair : nous ne laisserons pas sacrifier nos droits et notre avenir. Cette mobilisation massive est un signal fort : nous ne reculerons pas. La lutte continue !

Merci à toutes et tous pour cette mobilisation historique !

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Suppression de l’enveloppe bien-être : les Belges les plus fragiles seront les premières victimes !

Une fois encore, ce sont les pensionnés, les malades et les demandeurs d’emploi qui paieront le prix fort des mesures d’économies de la coalition Arizona : le gouvernement De Wever a décidé de supprimer l’enveloppe bien-être.

Ce budget, réévalué tous les deux ans par les partenaires sociaux, permettait d’améliorer les pensions les plus basses et les plus anciennes, la garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA), ainsi que les allocations minimales en matière de maladie, d’accidents du travail et de chômage.

Pour la période à venir, un milliard d’euros devait être consacré à ces mesures, dont la majeure partie visait les pensions les plus faibles !

Pour des centaines de milliers de personnes vivant avec des revenus proches ou inférieurs au seuil de pauvreté, cette enveloppe constituait un soutien vital. Pourtant, afin de combler un budget déficitaire, la coalition Arizona a choisi de la supprimer entièrement, générant ainsi une économie de 2,8 milliards d’euros sur deux ans.

Une mesure antisociale de plus, qui confirme la nécessité de poursuivre la mobilisation afin d’obtenir un revirement du gouvernement ✊

Plan Industriel FGTB Bruxelles

Pour une industrie durable et inclusive

Face à la fermeture annoncée d’Audi Brussels et la perte de milliers d’emplois, la FGTB Bruxelles présente son Plan Industriel, une vision stratégique pour relancer et soutenir l’industrie bruxelloise. Bruxelles a perdu 20 % de son emploi manufacturier en quelques décennies, passant de 160.000 emplois industriels dans les années 60 à seulement 23.000 aujourd’hui. Il est urgent d’agir pour préserver et développer une industrie locale, durable et créatrice d’emplois de qualité.

La FGTB Bruxelles plaide pour une politique industrielle forte, qui protège les espaces dédiés à l’industrie et favorise la création d’emplois stables. L’amélioration de la formation est essentielle pour offrir de nouvelles perspectives aux travailleurs bruxellois. La question de la mobilité doit également être une priorité afin de faciliter l’accès aux zones industrielles. Enfin, nous devons encourager l’économie circulaire en soutenant des secteurs stratégiques comme l’agroalimentaire et le recyclage.

La FGTB Bruxelles défend une industrie au service de la ville et de ses habitants, qui allie progrès social et respect de l’environnement.

Télécharger – Plan industriel

Bruxelles face à son avenir industriel : un plan pour relancer une économie locale, durable et sociale

La fermeture définitive d’Audi Brussels en février 2025 représente un tournant pour l’industrie bruxelloise. Avec une perte de 20 % de son emploi manufacturier, la Région doit faire face à un défi sans précédent. Dans ce contexte critique, la FGTB Bruxelles propose un Plan industriel qui dépasse le simple constat de la désindustrialisation de notre région : il propose une vision et des revendications réalistes pour une industrie à la fois locale, durable et sociale.

« Bruxelles, un futur industriel à réinventer » : ce plan pose une question essentielle – quelle place pour l’industrie dans une capitale largement tertiarisée ?

« Ce plan met en lumière les enjeux cruciaux pour la région et la nécessité de mener une véritable politique industrielle : préserver les espaces industriels menacés par la pression immobilière et attirer des industries urbaines, développer les secteurs d’activité répondant aux besoins de la ville,  et garantir des emplois de qualité accessibles aux Bruxelloises et aux Bruxellois » précise Florence Lepoivre, secrétaire générale  de la FGTB Bruxelles.

À travers des propositions concrètes, le Plan industriel de la FGTB Bruxelles défend une politique industrielle volontariste capable de répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels est confrontée la Région Bruxelloise.

« Alors que la Région se trouve à un moment charnière, nous appelons les pouvoirs publics à agir rapidement et efficacement pour préserver et renforcer le tissu industriel bruxellois » conclut Florence Lepoivre.

Bruxelles face à son avenir industriel

Grève des enseignants : plus de 30.000 personnes ont manifesté à Bruxelles

Les 27 et 28 janvier, les enseignant·es se sont mobilisés pour défendre un enseignement égalitaire et de qualité face aux projets du gouvernement MR/Engagés, qui menacent la stabilité et l’attractivité de l’emploi, les protections face à l’arbitraire et l’égalité scolaire entre élèves et établissements.

Ces attaques mettent aussi en danger le bien-être des élèves, qui ont besoin d’enseignant·es reconnus et soutenus pour garantir un cadre d’apprentissage stable et serein.

A la FGTB Bruxelles, nous restons mobilisés ! ✊

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Où en est-on au niveau de l’emploi bruxellois ?

Une interview de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.

Alors que le débat sur la limitation des allocations de chômage et les attaques contre les droits sociaux s’intensifient, Florence Lepoivre, Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, revient sur deux études récentes : l’état des lieux du marché de l’emploi bruxellois publié par View.brussels[1] et le panorama de la situation socio-économique bruxelloise de l’IBSA[2].

Les dernières données disponibles sur le marché de l’emploi et la situation socio-économique bruxelloise semblent encourageantes. Partagez-vous ce constant ?

View.brussels constate qu’en cinq ans, la part de la population au chômage a diminué de 11,4 %, tandis que la part des personnes à l’emploi a augmenté de 13,7 %. Ce sont des bonnes nouvelles, surtout dans un contexte où la population bruxelloise a augmenté de près de 30 % depuis 2000 pour atteindre plus de 1,2 million d’habitants en 2023.

De son côté, l’IBSA confirme que la population effectivement à l’emploi n’a jamais été aussi élevée. Le taux d’emploi a atteint 60,6 % en 2024, ce qu’il qualifie d’inédit depuis quarante ans.

Paradoxalement, les chiffres IBSA révèlent que le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté, notamment à cause de la modification des procédures d’inscription des bénéficiaires du CPAS comme demandeurs d’emploi.

Ces chiffres montrent un double défi : maintenir cette dynamique positive tout en répondant aux besoins des personnes les plus éloignées du marché du travail.

Face à cette amélioration des chiffres de l’emploi, n’est-il pas contreproductif de vouloir limiter dans le temps les allocations de chômage ?

Absolument. Les attaques contre les droits des chômeurs, comme les sanctions accrues, la dégressivité du montant des allocations de chômage et les restrictions d’accès aux allocations, n’ont cessé de s’intensifier.

Avec le MR et la N-VA, le futur gouvernement fédéral a clairement affiché son intention de poursuivre le démantèlement progressif de notre système belge d’indemnisation du chômage et plus largement, de la sécurité sociale.

Pourtant, toutes les études (UCL, ONEM, IRES, OCDE,…) démontrent que ces mesures non seulement ne favorisent pas le retour à l’emploi, mais qu’elles aggravent la précarité, en appauvrissant particulièrement les jeunes, les femmes, les travailleurs âgés…

Je vous donne un exemple très concret : en 2015, suite à la limitation dans le temps des allocations d’insertion, 77 % des personnes exclues n’ont pas retrouvé d’emploi, et parmi elles, deux tiers étaient des femmes. Ces chiffres illustrent bien l’inefficacité de ces politiques.

À la FGTB, nous l’avons maintes fois souligné et démontré : limiter les allocations de chômage dans le temps est une mesure profondément injuste et inefficace. Elle toucherait en effet les chômeurs de longue durée, qui sont justement les plus éloignés du marché du travail.

À Bruxelles, plus de la moitié de ces personnes a plus de 50 ans, ce qui aggrave encore leur difficulté à retrouver un emploi.

En 2023, 140.000 personnes étaient au chômage depuis plus de 2 ans, et plus de la moitié l’étaient depuis plus de cinq ans. Croire qu’en supprimant leurs allocations, ils retrouveront un emploi est absurde.

Une étude du Dulbea démontre que seuls 26,3 % des chômeurs bruxellois concernés retrouveraient un emploi. Cette mesure ne ferait qu’accentuer la pauvreté et alourdir la charge des CPAS, tout en dégradant les conditions de travail des salariés en général.

Si ces attaques contre les droits sociaux ne sont pas efficaces, quel est leur objectif ?

Je peux vous garantir que si l’objectif est de faire des économies, cette mesure ne remplira certainement pas les caisses de l’État ! Le chômage complet indemnisé ne représente qu’environ 3 % du budget global de la sécurité sociale. Il est donc grand temps d’arrêter de propager l’idée fausse selon laquelle les chômeurs coûteraient trop cher aux finances publiques !

L’objectif du futur gouvernement est clair: fragiliser les travailleurs pour les forcer à accepter des emplois précaires. C’est une stratégie qui exerce une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, et elle profite avant tout aux employeurs en quête de main-d’œuvre bon marché.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2009 et 2019, 65 % des emplois créés à Bruxelles étaient précaires, notamment des temps partiels subis, des contrats temporaires et des faux indépendants. Ces emplois précaires touchent principalement des publics déjà discriminés ou fragilisés : les femmes, les jeunes et les personnes d’origine étrangère.

Quels leviers devraient être actionnés pour améliorer la situation de l’emploi, en particulier à Bruxelles ?

Il est temps de cesser de stigmatiser les chômeurs et de s’attaquer aux véritables causes des problèmes du marché de l’emploi. Ce n’est pas en appauvrissant une partie de la population qu’on construit une société juste.

À la FGTB, nous appelons à des politiques d’emploi qui renforcent les droits sociaux, investissent dans l’humain et responsabilisent les employeurs. Une économie forte repose sur des travailleurs respectés et un dialogue social constructif.

À Bruxelles, le défi est d’autant plus important que près de la moitié des chômeuses et chômeurs de longue durée ont plus de 50 ans. Ces personnes, déjà fragilisées sur le marché du travail, seront particulièrement touchées par une limitation dans le temps des allocations de chômage, alors même qu’elles ont de faibles chances de retrouver un emploi.

Un autre levier essentiel est de simplifier et rendre accessible la reconnaissance des diplômes étrangers. En mars 2023, 43,5 % des demandeurs d’emploi inscrits chez Actiris étaient classés dans la catégorie « étranger sans équivalence », représentant environ 38 300 individus. Ces personnes, souvent qualifiées, se heurtent à des obstacles administratifs et financiers qui empêchent la valorisation de leurs compétences, privant le marché de l’emploi de ressources précieuses.

L’investissement massif dans la formation et l’accompagnement personnalisé doit aussi rester une priorité pour favoriser l’insertion professionnelle durable. À Bruxelles, 64,9 % des emplois sont occupés par des diplômés du supérieur, ce qui reflète une économie fortement tertiarisée et exigeante en termes de qualifications. Les postes nécessitant de faibles qualifications ne concernent qu’un emploi sur dix à Bruxelles. Pourtant, en 2023, 16.500 demandeurs d’emploi n’avaient qu’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur.

Nous devons enfin responsabiliser les employeurs de la capitale. Cela passe par l’obligation de communiquer leurs offres d’emploi à Actiris, afin de mieux objectiver les fonctions en pénurie et de garantir une transparence sur les opportunités et la qualité des emplois proposés. Cela passe aussi par le respect de leurs obligations en matière de formation, pour améliorer les compétences des travailleurs et favoriser leur maintien dans l’emploi. Il faut aussi favoriser la création d’emplois de qualité, notamment pour les publics discriminés ou fragilisés. Nous devons également définir ce qu’on entend par un « emploi de qualité » et lier les aides aux entreprises à cette notion. Il faut enfin lutter plus intensément contre les pratiques de discrimination à l’emploi.

Ces mesures, si elles sont adoptées, peuvent réellement transformer le marché de l’emploi bruxellois en le rendant plus inclusif, équitable et durable.

Vous trouvez que la qualité de l’emploi à Bruxelles laisse à désirer ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes… Entre 2009 et 2019, 65 % des emplois créés étaient précaires : temps partiels subis, contrats temporaires, intérim, faux indépendants, ou travail au noir. Ces emplois précaires touchent de manière disproportionnée des publics discriminés : 90 % des jeunes femmes peu qualifiées occupent un emploi précaire à Bruxelles et 53 % des jeunes de 15 à 24 ans sont employés dans le cadre d’un contrat temporaire.

D’après les chiffres de View.brussels, en 2023, 14,6 % des travailleurs bruxellois avaient un emploi temporaire, un taux supérieur à celui observé en Wallonie et en Flandre. Chez les femmes, ce chiffre atteint 15,6 %. En Wallonie, seuls un tiers des offres d’emploi sont des CDI, et en Flandre, ce chiffre atteint à peine 39 %. À Bruxelles, bien que 50 % des offres soient des CDI, plus d’un tiers sont des missions d’intérim, ce qui augmente encore la précarité de l’emploi.

Quels obstacles freinent encore l’accès à l’emploi pour de nombreux travailleurs à Bruxelles ?

Au-delà des problèmes liés aux pratiques de discrimination ou de surqualification à l’embauche de certains employeurs, je pense encore à la question de la qualification. Les demandeurs d’emploi peu qualifiés peinent aujourd’hui à trouver leur place sur le marché de l’emploi bruxellois.

Malgré une baisse continue de la proportion de demandeurs d’emploi peu qualifiés ces dix dernières années (passant de 65,9 % en 2013 à 61,7 % en 2023), cette population reste fortement surreprésentée. Les taux de sortie vers l’emploi pour les moins qualifiés restent particulièrement faibles, ce qui accentue leur exclusion.

Il est donc impératif d’investir massivement dans l’accompagnement personnalisé pour permettre à ces travailleurs d’acquérir les compétences demandées sur le marché bruxellois. Des initiatives ciblées sont nécessaires pour répondre à la problématique et permettre à ces personnes de s’adapter aux exigences d’un marché du travail en constante évolution.

Par ailleurs, ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale qui valorise à la fois la reconnaissance des compétences existantes et l’accès à des parcours de formation adaptés. C’est ainsi que nous pourrons non seulement lever les barrières structurelles à l’emploi, mais aussi créer des opportunités pour les publics les plus fragilisés.


[1] l’Observatoire bruxellois de l’emploi et de la formation d’Actiris

[2] L’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse de perspective.brussels

Les interventions du séminaire d’actualité sociale sur la montée de l’extrême droite

Le 10 janvier dernier, le CEPAG Bruxelles organisait un séminaire d’actualité sur la montée de l’extrême droite en Belgique, en Europe et dans le monde.

👉 Les interventions des orateurs sont disponibles sur notre chaîne YouTube. N’hésitez pas à les visionner ! 

🎦 Intervention de Vincent Scheltiens – Historien, Université d’Anvers

🎦 Intervention d’Emmanuel Viré – Membre du groupe antifasciste de la CGT (France)

🎦 intervention de Salvatore Marra – Responsable international CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro)