Un gouvernement à « n’importe quel prix » ? Non !

Bruxelles a besoin d’un gouvernement qui protège et prend soin de ses habitant·es, de leurs besoins essentiels et de leurs services collectifs.

Le front commun CSC-FGTB Bruxelles et le MOC Bruxelles alertent sur les conséquences graves du blocage politique en Région de Bruxelles-Capitale.

L’absence de gouvernement crée une instabilité dont les conséquences se font déjà trop lourdement sentir sur le terrain : incertitudes budgétaires, décisions reportées, services fragilisés, travailleurs·ses mis sous pression et licencié.e.s. Dans le secteur non- marchand, de nombreuses ASBL font face à des retards de financement, à des menaces de coupes et à une austérité à bas bruit qui met en danger des missions essentielles et des emplois.

Alors que les pressions s’intensifient pour forcer la formation d’un gouvernement bruxellois « à n’importe quel prix », nous alertons sur la mise en place d’un agenda de casse sociale sacrifiant les travailleurs·ses et les personnes déjà les plus vulnérabilisées. La vulnérabilité reste un choix politique.

Les mobilisations citoyennes et syndicales de ces dernières semaines, notamment celle du 23 janvier portée par le secteur social-santé, l’ont rappelé : la crise politique n’est pas abstraite. Elle affecte directement le terrain, entrave – quand elle le l’empêche simplement pas – l’accompagnement des personnes, en particulier les plus précaires, et fragilise l’accès effectif aux droits.

Sortir de l’impasse ne peut, cependant, pas signifier former un gouvernement « pour faire n’importe quoi à n’importe quel prix ».

La majorité des citoyen·ne·s a voté, dans les collèges francophone et néerlandophone, pour des options progressistes lors des élections de 2024. Sur cette majorité progressiste au Parlement, il ne peut y avoir de véto.

La N-VA et le MR n’ont pas le mandat pour imposer à Bruxelles des politiques de reculs sociaux, de coupes budgétaires et de désengagement des pouvoirs publics.

Bruxelles n’a pas besoin d’une « solution » qui ferait payer la crise à la population : ni des coupes de 100 millions d’euros dans des communes déjà asphyxiées, ni une réduction de 40% des moyens des ASBL, ni le licenciement de 3.000 agents régionaux alors que les besoins explosent.

Alors que 25.000 Bruxellois·es ont déjà été exclu·es du chômage et que 15.000 autres le seront prochainement, la Région a besoin d’un gouvernement qui protège ses habitant·es, en priorité les plus précaires, ainsi que les services publics essentiels, tout en travaillant à la transition écologique. Dans un contexte de crise sociale et écologique qui frappe déjà durement Bruxelles, aggravée par les politiques menées à d’autres niveaux de pouvoir, la Région a besoin d’un gouvernement respectueux de la concertation, des droits des travailleur·euses et des allocataires sociaux.

Un gouvernement avec un cap économique et social : la stabilité institutionnelle n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des Bruxellois·e·s. De tous·tes les Bruxellois·es.

Cela suppose une orientation claire : sécuriser les financements, renforcer les services publics et associatifs, lutter contre la précarité, garantir l’accès aux droits et faire du social- santé une priorité comme digue collective face aux crises. Une concertation réelle avec les organisations syndicales et l’ensemble du monde associatif est indispensable pour répondre, ensemble, aux urgences sociales et écologiques et sécuriser l’action publique.

Le front commun CSC-FGTB et le MOC Bruxelles, appellent les responsables politiques à sortir rapidement de l’impasse sur une base conforme aux besoins sociaux de la population et à l’expression majoritaire issue des élections, et non sur un marchandage ouvrant la voie à la seule austérité.

Nous resterons mobilisé·es, aux côtés des travailleur·euses, des associations et des citoyen·nes, pour défendre les droits de chacun et chacune et notre vision d’une Région de Bruxelles solidaire, démocratique et protectrice.

Un gouvernement, vite, oui — mais pas au prix d’une politique qui aggrave davantage la précarité et fragilise celles et ceux qui tiennent la Région debout.

Une autre politique est possible et nécessaire : la solidarité n’est pas un coût, mais un investissement collectif dans la dignité et la cohésion sociale.

Ne ratons pas ce rendez-vous : les Bruxellois·es le méritent.

Durcir le contrôle des chômeurs bruxellois ne leur donnera pas d’emploi !

Communiqué de la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles et l’asbl Collectif solidarité contre l’exclusion.

Ce vendredi 6 février, le Parlement bruxellois examinera en séance plénière une proposition de résolution adressant au gouvernement des demandes de « réforme de la procédure de contrôle de la disponibilité des chercheurs d’emploi » qui risque d’aggraver plus encore l’exclusion sociale et de fragiliser le modèle bruxellois de concertation sociale.

Alors que plus de la moitié des chômeurs indemnisés sont menacés de perdre leurs allocations suite à la limitation dans le temps décidée par le gouvernement Arizona, certains proposent aujourd’hui de réformer le contrôle régional de la disponibilité active des chômeurs bruxellois.

Cette proposition vise à imposer plus d’obligations aux demandeurs d’emploi, plus de contrôles, moins de possibilités de recours, plus de sanctions. Elle repose implicitement sur l’idée que ce sont les contrôles, les sanctions et les pertes d’allocations qui créent de l’emploi.

Pour la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles et l’asbl Collectif solidarité contre l’exclusion, cette vision unilatérale est erronée et totalement déconnectée des réalités structurelles du marché de l’emploi bruxellois.

« Pour qui n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous. Pour qui ne pense qu’en termes de sanctions, tout devient un problème d’obligations et de contrôles. La solution préconisée par les auteurs de la résolution repose sur une vision idéologique du marché de l’emploi, qui ne tient pas compte des réalités bruxelloises » réagit Arnaud Lismond-Mertes, secrétaire général du Collectif solidarité contre l’exclusion.

« À Bruxelles, le marché de l’emploi exige souvent des diplômes élevés, alors que beaucoup de demandeurs d’emploi disposent de peu de qualifications reconnues. Le chômage est trois fois plus élevé chez les personnes peu qualifiées. Cette situation s’accompagne d’une forte précarité : 30 % des contrats durent moins de trois mois, ce qui ne permet pas de sortir durablement du chômage » précise Benoit Dassy, secrétaire régional de la CSC.

Bien que leur rôle dans la cogestion paritaire d’Actiris soit reconnu, les interlocuteurs sociaux – syndicats et organisations patronales – ont été contournés par les auteurs de la proposition. Celle-ci a été discutée en Commission de l’Emploi sans audition des partenaires sociaux, alors que le ministre de l’Emploi et la directrice générale d’Actiris ont, eux, été entendus.

« Consultées par le ministre de l’Emploi, les organisations syndicales et patronales ont pourtant adopté ce lundi un avis commun sur la réforme du contrôle de la disponibilité, qui s’écarte largement de la proposition de résolution » souligne Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.

Initialement déposée par DéFI et Anders, la proposition a obtenu en commission une majorité de circonstance, à la suite d’amendements portés par le MR et le CD&V, et grâce au ralliement du MR, de la N-VA, de Groen, des Engagés et de la Team Fouhad Ahidar.

« Par son contenu comme par son processus d’adoption, cette proposition constitue une menace pour les demandeurs d’emploi bruxellois et pour le modèle bruxellois de concertation sociale et de cogestion du marché de l’emploi. Sa mise en œuvre ne ferait que renforcer les risques d’exclusion, éloignant les chômeurs de l’emploi au lieu de les en rapprocher. La proposition renforcerait par ailleurs la confusion entre les missions de contrôle et d’accompagnement d’Actiris et mettrait l’institution en difficulté, en imposant des objectifs impossibles à atteindre avec les moyens actuels » déplore Yves Martens, coordinateur et co-rédacteur en chef d’Ensemble!.  

Face à la crise sociale qui touche durement les Bruxelloises et les Bruxellois – conséquence des politiques du gouvernement Arizona – la Région doit se rassembler autour de ses forces vives pour défendre un modèle fondé sur la cohésion sociale, les équilibres environnementaux et une approche positive de la diversité.

L’adoption – par une majorité de circonstance – de cette résolution stigmatisante ne ferait que renvoyer davantage de demandeurs d’emploi vers les CPAS ou la solidarité familiale et aggraver l’instabilité régionale. La Région bruxelloise a besoin de politiques inclusives, capables de rassembler durablement et de préserver la paix sociale. Nous appelons donc les députés bruxellois à rejeter ce projet de résolution en séance plénière.

600 jours d’impasse politique, ça suffit!

Alors qu’elle s’apprête à franchir le cap des 600 jours sans gouvernement, la Région de Bruxelles-Capitale est plongée dans une impasse politique grave et inacceptable. La FGTB Bruxelles relaie la colère des 180 000 travailleuses et travailleurs qu’elle représente, face à une Région prise en otage par des blocages politiques persistants.

Cette crise n’est pas abstraite : elle produit de la casse sociale. Les services publics, les CPAS, les hôpitaux publics, les secteurs de la petite enfance, du handicap, de la santé mentale, de l’insertion socio-professionnelle, du logement, … – ainsi que le secteur associatif et le non-marchand sont directement fragilisés. Et les investissements indispensables dans ces secteurs essentiels sont sacrifiés.

Pour les Bruxelloises et les Bruxellois, les conséquences sont immédiates : services dégradés, délais qui s’allongent, soutiens abandonnés, précarité accrue et insécurité sociale renforcée. Chaque jour d’inaction politique creuse les inégalités, met des emplois en danger et dégrade les conditions de travail. Ce sont les travailleuses, les travailleurs et les publics les plus vulnérables qui paient la facture de cette paralysie politique.

La Région a un besoin urgent d’un budget, mais aussi de perspectives budgétaires claires et crédibles à moyen terme. Gouverner par douzièmes provisoires, prolonger indéfiniment les affaires courantes ou reporter les choix difficiles, c’est enfermer Bruxelles dans une impasse financière et institutionnelle qui compromet sa capacité à remplir ses missions essentielles.

La FGTB Bruxelles le dit clairement : Bruxelles n’a pas besoin d’un gouvernement de techniciens. Bruxelles a besoin d’hommes et de femmes politiques qui portent une vision politique ambitieuse pour la Région et qui assument pleinement leurs responsabilités. Il est temps de sortir des postures, des exclusives et des calculs partisans.

Nous refusons que Bruxelles soit traitée comme une variable d’ajustement, sacrifiée au nom de priorités communautaires ou fédérales qui ignorent sa réalité sociale, économique et démographique. Bruxelles est un moteur économique et social essentiel du pays. La gérer « à la petite semaine », sans vision ni cap politique, est une faute grave.

Enfin, nous rappelons un principe démocratique fondamental : la Région a besoin d’un gouvernement régional et d’ une déclaration de politique régionale qui respectent le vote des Bruxelloises et des Bruxellois. Prolonger cette situation d’impuissance politique, c’est nourrir le découragement démocratique, la défiance envers les institutions et le ressentiment social.

La FGTB Bruxelles appelle l’ensemble des responsables politiques, tous partis confondus, à un sursaut immédiat. Le courage politique aujourd’hui ne consiste pas à chercher un bouc émissaire mais à assumer un échec collectif et à construire une solution politique, démocratique et sociale, à la hauteur des enjeux.

Fête du travail 2025 de la FGTB Bruxelles

Un 1er mai festif, militant et solidaire au mont des arts

Dans un contexte social et politique morose, la Fête du Travail 2025 de la FGTB Bruxelles propose une bouffée d’air musicale et un grand moment de rassemblement festif, militant et solidaire. Gratuit et ouvert à toutes et tous, cet événement rassemble chaque année près de 15.000 personnes et plus de 50 associations autour de la musique, de la solidarité et des luttes sociales.

Sur la grande scène, Place de l’Albertine, trois concerts gratuits

Une chose est sûre : la Fête du Travail 2025 fera vibrer le Mont des Arts ! Avec une programmation musicale éclectique et énergisante, la FGTB Bruxelles met à l’honneur la richesse de la scène belge, en vous proposant trois groupes qui allient diversité, créativité et puissance scénique :

La « DissiDance » et la diversité à l’honneur sur la scène des Jeunes FGTB Bruxelles

Les Jeunes FGTB Bruxelles disposent depuis peu de leur propre scène située sur le hauteurs du Mont des Arts. Musique, slogans et revendications y fusionneront pour un dancefloor militant et festif :

Trois espaces animés et militants à découvrir

Plus d’infos ?

Face à l’impasse politique, les partenaires sociaux bruxellois s’impatientent : l’inaction n’est plus une option !

Huit mois après les élections, Bruxelles est toujours sans gouvernement. La mission du formateur  pourrait se terminer ce vendredi, 17h. Et après ? C’est d’une seule voix que les représentants bruxellois des travailleur·euses et des entreprises ont décidé d’interpeller les partis politiques pour qu’ils prennent enfin leurs responsabilités et évitent une impasse aux lourdes conséquences.

Bruxelles traverse une période critique. Alors que la Région est confrontée à de multiples défis, notamment après les décisions du nouveau gouvernement fédéral, il est urgent d’agir, de sortir des batailles politiciennes. Nous attendons de nos représentants politiques une approche responsable et constructive dans l’intérêt et le respect de celles et ceux qui vivent, entreprennent et travaillent à Bruxelles.

Notre attachement à Bruxelles, combiné à l’urgence d’avoir un gouvernement, nous oblige à faire front, à réagir collectivement pour faire entendre raison aux partis, mobiliser toutes les forces vives pour dessiner le futur de Bruxelles.

L’absence de gouvernement régional constitue une source d’inquiétude légitime pour les citoyen·nes, les travailleur·euses et les entreprises bruxelloises. Chaque jour sans gouvernement aggrave une situation déjà préoccupante. Le prochain gouvernement devra faire face à des enjeux majeurs :

L’inaction est une faute. Bruxelles en a “Ras-le-Gouvernement ». Nous appelons les responsables politiques bruxellois, de tous bords démocratiques, à se réveiller et prendre leurs responsabilités. Nous les appelons à ne plus se comporter comme des politiciens mais bien comme des femmes et des hommes d’Etat, à la hauteur des enjeux et des Bruxellois·es.

Notre Région mérite mieux qu’un statu quo voué à l’échec. Bruxelles doit devenir un pôle d’attractivité, de développement économique, de plein emploi et de justice sociale où la qualité de vie prime. Le prochain gouvernement sera une réussite collective ou ne sera pas. Pour y parvenir, il faut des valeurs partagées, de l’ambition, des alliances solides et la volonté de dépasser les clivages.

Bruxelles mérite un avenir rayonnant. Travaillons-y ensemble. Les partenaires sociaux sont prêts.

Bruxelles face à son avenir industriel : un plan pour relancer une économie locale, durable et sociale

La fermeture définitive d’Audi Brussels en février 2025 représente un tournant pour l’industrie bruxelloise. Avec une perte de 20 % de son emploi manufacturier, la Région doit faire face à un défi sans précédent. Dans ce contexte critique, la FGTB Bruxelles propose un Plan industriel qui dépasse le simple constat de la désindustrialisation de notre région : il propose une vision et des revendications réalistes pour une industrie à la fois locale, durable et sociale.

« Bruxelles, un futur industriel à réinventer » : ce plan pose une question essentielle – quelle place pour l’industrie dans une capitale largement tertiarisée ?

« Ce plan met en lumière les enjeux cruciaux pour la région et la nécessité de mener une véritable politique industrielle : préserver les espaces industriels menacés par la pression immobilière et attirer des industries urbaines, développer les secteurs d’activité répondant aux besoins de la ville,  et garantir des emplois de qualité accessibles aux Bruxelloises et aux Bruxellois » précise Florence Lepoivre, secrétaire générale  de la FGTB Bruxelles.

À travers des propositions concrètes, le Plan industriel de la FGTB Bruxelles défend une politique industrielle volontariste capable de répondre aux défis sociaux et environnementaux auxquels est confrontée la Région Bruxelloise.

« Alors que la Région se trouve à un moment charnière, nous appelons les pouvoirs publics à agir rapidement et efficacement pour préserver et renforcer le tissu industriel bruxellois » conclut Florence Lepoivre.

Bruxelles face à son avenir industriel

Formation bruxelloise  – Les syndicats bruxellois exposent leurs revendications en front commun

Les responsables bruxellois de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB ont rencontré le formateur bruxellois. Les syndicats ont rappelé en front commun leur socle minimal de priorités dans le cadre du futur accord de gouvernement.

1. Réforme de l’Etat

Les syndicats se sont fermement opposés à toute réforme de l’État entraînant la régionalisation de nouveaux pans de la sécurité sociale, du droit du travail, de la culture ou de l’enseignement, ce qui menacerait la solidarité entre travailleurs et régions.

Pour Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles : « Une nouvelle réforme de l’État mobiliserait des ressources publiques considérables, aggraverait la concurrence interrégionale entre travailleurs et la précarité de l’emploi. Ce serait totalement contreproductif dans le contexte socio-économique et budgétaire difficile que nous connaissons. »

2. Garantir le financement des politiques sociales et des services publics

Les syndicats bruxellois ont rejeté toute politique d’austérité qui pourrait menacer la viabilité des services publics et du secteur non-marchand. Ils ont également plaidé pour une révision concertée de la fiscalité bruxelloise afin de répondre aux besoins des Bruxellois et d’assurer une répartition équitable des richesses produites.

« Notre région fait face à des besoins sociaux et de transition importants. Il est impératif de garantir un financement suffisant pour la mise en place de politiques sociales en matière d’emploi, de formation, de logement, de santé, de mobilité, … » précise Benoît Dassy, secrétaire régional de la CSC.

3. Une concertation sociale renforcée

Les syndicats bruxellois ont plaidé pour le respect et la poursuite des priorités partagées entre le gouvernement et les interlocuteurs sociaux, adoptées depuis 2015, la négociation d’un accord social en début de législature et le maintien d’une gestion paritaire des organismes d’intérêt public liés aux compétences de la sécurité sociale (Actiris, Iriscare, Bruxelles Formation, VDAB).

« Il est primordial que le futur gouvernement maintienne une concertation sociale dynamique et respectueuse pour un développement socio-économique juste et durable de notre Région. Nous souhaitons aussi, au sein de Brupartners, pouvoir donner un avis argumenté sur les choix politiques et les perspectives budgétaires pluriannuelles qui en découleront », précise Michaël Dufrane, secrétaire régional de la CGSLB.

4. Priorité à la lutte contre les emplois précaires, la formation et l’insertion socio-professionnelle

Face à la précarisation de l’emploi, les syndicats ont insisté sur la nécessité de développer des politiques régionales qui garantissent des emplois de qualité et renforcent les droits des travailleurs par des inspections accrues. Pour Florence Lepoivre (FGTB Bruxelles), c’est indispensable : « les aides à l’emploi devront être conditionnées à de la création d’emplois de qualité. Chaque travailleur doit en effet pouvoir bénéficier de conditions de travail justes et équitables, tout en contribuant positivement à l’économie régionale. »

Les syndicats ont également insisté sur l’importance de sécuriser les parcours de formation et de mettre en place un financement pluriannuel du secteur de l’insertion socio-professionnelle pour lui assurer une stabilité structurelle.

5. Garantir l’accès à un logement abordable

Avec près de 65% de locataires, l’accès à un logement décent pour un loyer abordable est un enjeu crucial à Bruxelles. Les 3 syndicats réclament une politique régionale ambitieuse en matière de logement : « cela passe par la création de logements publics et sociaux supplémentaires et la rénovation du parc existant, mais aussi par une forme de régulation des loyers qui n’ont cessé d’augmenter ces dernières années : pour nous, l’accès aux primes à la rénovation devra impérativement être conditionné à un encadrement ou un conventionnement des loyers » précise encore Florence Lepoivre (FGTB Bruxelles).

En matière d’énergie, les syndicats ont insisté sur l’importance de maintenir le statut de client protégé et la nécessité d’envisager la création d’un fournisseur public d’énergie dans la Région.

6. Investir dans le social-santé et renforcer l’attractivité des métiers

La crise Covid-19 a souligné, si besoin en était, l’importance des métiers de la santé et du social. Face à la pénurie avérée dans ces secteurs, les 3 syndicats ont souligné  la nécessité d’agir pour attirer et retenir les talents. « Il est urgent d’investir dans ces métiers essentiels pour le bien-être des Bruxellois.es. Nous plaidons pour la mise en œuvre de normes qualitatives et inclusives, d’une formation améliorée et d’une procédure d’équivalence des diplômes plus efficace. Nous demandons aussi un cadastre des besoins pour assurer des soins de santé de qualité » insiste Michaël Dufrane (CGSLB).

Les syndicats bruxellois ont également pointé la nécessité  de maintenir une croissance annuelle suffisante et forte des budgets du social-santé en plus de l’indexation automatique, pour faire face aux besoins grandissants et développer l’emploi de qualité.

7. Renforcer la concertation locale pour une ville durable et apaisée

Pour les 3 syndicats, la conception de quartiers apaisés doit correspondre aux besoins des habitant.es mais aussi des travailleur.euses de la Région. Ils ont rappelé l’importance de la concertation locale et de la collaboration entre tous les acteurs pour développer une planification urbaine et une mobilité durables et apaisées.

« Le futur gouvernement devra donc tenir compte des concertations locales en matière d’équipements et de mobilité, en assurant notamment des transports publics adaptés à toutes et tous, en ce compris les travailleur.euses à horaires décalés » précise Benoît Dassy (CSC).

8. Lutter contre la pauvreté et promouvoir la diversité

Les syndicats bruxellois ont remis en lumière la vulnérabilité de certains groupes sur le marché du travail, notamment les femmes, les personnes porteuses de handicap, les personnes d’origine étrangère et les jeunes. « La situation doit être objectivée et des mesures contraignantes devront être prises pour les entreprises bénéficiaires d’aides publiques » précise Michaël Dufrane (CGSLB).

Les syndicats bruxellois ont également marqué leur opposition à une éventuelle limitations des allocations de chômage dans le temps : « face à la pauvreté croissante, d’autres mesures doivent être privilégiées : une coordination renforcée des politiques de lutte contre la pauvreté et un renforcement financier des CPAS » insiste Michaël Dufrane (CGSLB).

9. Développer une économie circulaire et porteuse d’emploi

Les syndicats bruxellois ont plaidé pour la création de zones dédiées à l’activité économique, en ce compris industrielle, pour diversifier les emplois locaux. Ces activités devront promouvoir la circularité et minimiser les impacts environnementaux. Les aides financières devront être conditionnées au respect des normes sociales et fiscales et faire l’objet d’une évaluation rigoureuse quant à leur contribution à la création et au maintien d’emplois de qualité.

«  Bruxelles doit continuer sa mue vers un hub économique vertueux, qui respecte à la fois le bien-être social et les exigences environnementales, en anticipant les transformations nécessaires des secteurs d’activité face aux enjeux écologiques actuels » souligne Benoît Dassy (CSC).

La secrétaire générale de la FGTB Bruxelles et les secrétaires régionaux de la CSC et de la CGSLB réitèrent l’importance de ces revendications pour garantir un avenir équitable et durable à Bruxelles. Ils appellent le formateur à prendre en compte ces priorités lors de la formation et dans la Déclaration de politique régionale du prochain gouvernement bruxellois.

Florence Lepoivre, nouvelle Secrétaire générale de la FGTB BXL

Ce mercredi 10 avril 2024, le Comité régional de la FGTB-Bruxelles a désigné Florence Lepoivre pour succéder à Estelle Ceulemans.

Estelle Ceulemans exerçait la fonction depuis 2018. Candidate sur la liste PS des élections européennes du 9 juin, Estelle Ceulemans a quitté ses fonctions de façon anticipée.

Florence Lepoivre occupe actuellement la fonction de Cheffe de cabinet Economie et Travail du Vice- Premier Ministre et Ministre fédéral de l’Economie et du Travail. Florence Lepoivre prendra ses fonctions au sein de la FGTB à partir du 1er mai 2024, soit le jour de la Fête du Travail.

La FGTB Bruxelles est heureuse et fière d’accueillir Florence Lepoivre à qui incombera la tâche de poursuivre les chantiers que nous menons depuis notre Congrès statutaire du 25 mai 2022.

Nos grandes lignes directrices :

La FGTB Bruxelles met également un point d’honneur à faire de l’égalité Femme – Homme une réalité et ce dans un contexte social caractérisé par une détérioration des conditions de travail des femmes en particulier, ainsi que les risques spécifiques auxquels elles sont confrontées.

Enfin, La FGTB Bruxelles accorde énormément d’importance à la solidarité intergénérationnelle et à l’avenir des jeunes et ce au sein d’une Région où les jeunes sont confrontés à un système éducatif mis en échec faute de moyens adéquats, à des problèmes de logement, à un taux de chômage toujours extrêmement élevé et à des emplois précaires aux conditions de travail…minimales.

A deux mois des élections régionales, la FGTB se positionne comme un contre-pouvoir fort pour inscrire ses revendications à l’agenda de la campagne qui s’annonce.