BRAL & IEB : les subsides ne peuvent pas devenir un moyen de pression politique
Communiqué de la FGTB Bruxelles et de la CSC bruxelloise
Si le gouvernement bruxellois a finalement entériné la semaine dernière le versement d’une partie des subsides demandés par le BRAL et IEB, l’incertitude demeure quant au renouvellement d’autres financements essentiels à la poursuite de leurs missions. Cette situation n’est pas sans conséquences : des emplois sont aujourd’hui menacés et certaines activités de ces associations risquent d’être fragilisées.
Les déclarations récentes du ministre bruxellois du Budget, Dirk De Smedt, ne laissent guère de place au doute sur les motivations du récent blocage. Il reproche notamment à ces associations d’introduire des recours juridiques contre la Région et estime qu’elles ne font pas preuve de suffisamment de loyauté envers les autorités publiques.
La FGTB Bruxelles et la CSC bruxelloise expriment leur vive inquiétude face à cette situation.
Au-delà du cas particulier d’IEB et du BRAL, c’est une question fondamentale qui est aujourd’hui posée : une association peut-elle être sanctionnée financièrement parce qu’elle exerce son rôle de contre-pouvoir ?
Depuis des décennies, ces deux organisations contribuent au débat public bruxellois en apportant une expertise reconnue sur les questions d’urbanisme, de mobilité, d’environnement et de qualité de vie.
Elles participent à l’amélioration des projets urbains, alertent sur leurs impacts potentiels, proposent des alternatives et défendent les intérêts des habitants face à des décisions qui peuvent parfois privilégier des logiques de rentabilité ou de développement économique à court terme.
Leur action ne se limite pas aux recours judiciaires, loin de là. Au quotidien, elles informent, accompagnent, analysent, proposent des alternatives et participent à la construction d’une Région plus durable, plus équilibrée et plus démocratique.
Que l’on partage ou non leurs positions, leur utilité sociale et leur contribution au débat démocratique ne peuvent être niées.
Dans une démocratie, les associations, les syndicats, les mutualités et les mouvements citoyens ne sont pas là pour approuver systématiquement les décisions des gouvernements. Leur rôle est aussi d’interpeller, de critiquer, d’alerter et, lorsque cela s’avère nécessaire, d’utiliser les voies de recours prévues par la loi. Les frais liés aux recours introduits par IEB et le BRAL ne sont d’ailleurs pas financés par les subsides publics, les pouvoirs publics le savent parfaitement puisqu’ils contrôlent l’utilisation des financements octroyés.
Pour la FGTB Bruxelles et la CSC bruxelloise, vouloir faire dépendre le financement public de la docilité des organisations subsidiées constitue un précédent extrêmement préoccupant.
Aujourd’hui, ce sont des associations environnementales et citoyennes qui sont visées. Demain, ce pourraient être d’autres organisations de la société civile, d’autres contre-pouvoirs ou d’autres voix critiques.
À l’heure où de nombreux gouvernements multiplient les attaques contre les corps intermédiaires, les syndicats et le monde associatif, il est plus que jamais nécessaire de rappeler qu’une démocratie forte ne craint pas la critique. Elle la protège.
La FGTB Bruxelles et la CSC bruxelloise appellent dès lors le gouvernement bruxellois à garantir sans ambiguïté l’indépendance des associations subsidiées, à débloquer sans délai la totalité des subsides d’IEB et du BRAL et à réaffirmer clairement qu’aucune association ne peut être sanctionnée pour avoir exercé son droit à la critique, à l’interpellation politique ou aux recours prévus par la loi.
Dans une démocratie, on répond aux arguments par des arguments, pas en coupant les moyens de celles et ceux qui les portent.
Votre permanence P500 a déménagé
Afin de mieux vous accueillir, la permanence P500 de la FGTB Bruxelles a déménagé de la rue Saint Jean !
Votre nouvelle permanence P500 vous accueille au n° 48 de la rue Haute, juste en face de la place de la Chapelle.
Elle est facilement accessible en transports en commun :
Arrêts de bus les plus proches : Chapelle (bus 48, 50) et Grand Sablon (bus 33, 48 et 95)
Arrêts de tram les plus proches : PetitSablon (trams 92 et 93)
Station de métro la plus proche : Gare Centrale
Halte SNCB la plus proche : Gare de Bruxelles-Chapelle
Nous nous réjouissons de vous accueillir dans nos nouveaux locaux.
Solidairement,
L’équipe de la P500
Saut d’index partiel : le gouvernement Arizona organise une perte de pouvoir d’achat à vie
Le gouvernement Arizona a franchi une nouvelle ligne rouge en approuvant un saut d’index partiel malgré l’opposition unanime des organisations syndicales, des interlocuteurs sociaux et de nombreux experts. Cette décision constitue une attaque directe contre le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs et remet en cause l’un des piliers de notre modèle social : l’indexation automatique des salaires et des allocations sociales.
Concrètement, le mécanisme décidé par le gouvernement plafonnera l’indexation à partir de 4.000 euros bruts par mois. Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, ce seuil ne concerne pas une poignée de hauts revenus. Il correspond au salaire médian en Belgique. Pour les travailleuses et travailleurs à temps partiel, le seuil est même atteint beaucoup plus rapidement.
Les conséquences seront lourdes et durables. Contrairement à une perte ponctuelle, ce saut d’index produira des effets tout au long de la carrière. Chaque indexation future se calculera sur une base amputée. Résultat : des milliers d’euros de revenus perdus au fil des années. Une personne gagnant aujourd’hui 4.500 euros bruts et ayant encore quarante ans de carrière devant elle pourrait perdre plus de 17.000 euros au total.
Une alternative existait
Ce qui rend cette décision encore plus incompréhensible, c’est qu’une alternative crédible et équilibrée existait.
Les syndicats et les organisations patronales étaient parvenus à un accord autour d’une réforme de la prise en compte des prix de l’énergie dans l’indice santé. Cette solution permettait de mieux refléter les dépenses réelles des ménages tout en préservant le pouvoir d’achat des travailleurs.
L’indice santé détermine également l’indexation des salaires dans la fonction publique et l’indexation des allocations sociales, cette alternative serait même légèrement plus avantageuse d’ici 2030. Dans sa proposition, le groupe des 10 demandait donc au gouvernement de supprimer le saut d’index partiel prévu pour les fonctionnaires et les allocataires sociaux. En effet, l’accord conclu entre partenaires sociaux répond à la question de l’indexation dans le secteur privé, mais il appartient au gouvernement d’étendre cette logique à l’ensemble des revenus concernés afin de garantir une protection équivalente du pouvoir d’achat
Selon les estimations du Conseil central de l’économie, cette alternative aurait même rapporté davantage aux finances publiques grâce à des recettes fiscales et des cotisations sociales supplémentaires. Autrement dit : il était possible de protéger le pouvoir d’achat tout en améliorant les recettes de l’État.
Le gouvernement a pourtant choisi de l’ignorer.
Une attaque contre la concertation sociale
Au-delà de son impact économique, cette mesure constitue également un mépris sans précédent pour la concertation sociale.
L’indexation des salaires n’est pas définie par la loi mais résulte de conventions collectives négociées entre partenaires sociaux. En intervenant directement dans les mécanismes d’indexation, le gouvernement s’immisce dans les négociations collectives et remet en cause l’autonomie de celles-ci.
Cette décision obligera désormais les secteurs et les entreprises à renégocier leurs barèmes salariaux, ouvrant une période d’incertitude et de complexité dont les travailleurs feront les frais.
Des questions juridiques majeures
La FGTB examine actuellement les suites juridiques possibles.
De nombreuses questions restent sans réponse. Pourquoi avoir fixé le seuil à 4.000 euros ? Pourquoi les travailleurs à temps partiel sont-ils touchés plus rapidement ? Quelles seront les conséquences sur les barèmes liés à l’ancienneté ? Comment justifier que deux travailleurs d’une même entreprise puissent être traités différemment face à l’indexation ?
La conformité de cette mesure avec la liberté de négociation collective, garantie notamment par la Charte sociale européenne et les conventions de l’Organisation internationale du travail, devra être examinée avec attention.
Une nouvelle facture pour les travailleurs
Une fois encore, le gouvernement Arizona fait payer aux travailleurs le prix de ses choix politiques.
Alors qu’une solution plus juste, plus efficace et plus favorable aux finances publiques existait, il a choisi de s’en prendre au pouvoir d’achat de centaines de milliers de travailleurs et travailleuses.
Pour la FGTB Bruxelles, cette décision est une grave erreur sociale, économique et démocratique. Nous continuerons à nous mobiliser pour défendre l’indexation automatique, les salaires et le pouvoir d’achat de toutes et tous.
Florence Lepoivre réélue secrétaire générale de la FGTB Bruxelles
Réunie en Congrès statutaire ce 27 mai 2026, la FGTB Bruxelles a réélu Florence Lepoivre au poste de secrétaire générale.
Dans un contexte social et politique particulièrement tendu – marqué par les attaques antisociales du gouvernement Arizona et par plus d’un an d’absence de gouvernement bruxellois de plein exercice – la FGTB Bruxelles avait fait le choix d’organiser cette année un Congrès centré sur ses obligations statutaires. Son véritable Congrès d’orientation se tiendra en 2027.
Dans son intervention devant les congressistes, Florence Lepoivre est revenue sur une période marquée par une offensive antisociale d’une ampleur inédite depuis 80 ans, les conséquences particulièrement lourdes des réformes fédérales pour Bruxelles.
Elle a également rappelé les nombreux combats menés par la FGTB Bruxelles ces deux dernières années : mobilisations contre les politiques d’austérité, défense des services publics et du non-marchand, lutte contre les exclusions du chômage, combat antifasciste et féministe, défense de la concertation sociale et des solidarités.
Une Motion d’actualité a également été adoptée. Elle fixe les grandes priorités syndicales de la FGTB Bruxelles jusqu’au Congrès d’orientation de 2027.
Enfin, les congressistes ont apporté leur soutien au personnel enseignant mobilisé contre les politiques d’austérité menées en Fédération Wallonie-Bruxelles qui prévoient d’importantes mesures d’économies dans l’enseignement, la culture, la petite enfance, la recherche ou encore les médias publics.
La FGTB Bruxelles remercie l’ensemble de ses militant·es, délégué·es et équipes pour leur engagement dans cette période particulièrement difficile et réaffirme sa volonté de poursuivre le combat pour défendre les travailleuses et les travailleurs bruxellois..
Aidant proche – votre droit aux allocations de chômage !
Vous vous occupez d’un proche ?
Vous avez peut-être droit à une dispense comme aidant proche et à une prolongation de vos allocations de chômage si vous êtes chômeur complet et vous êtres aidant proche pour :
Soins à une personne en soins palliatifs
Soins à un membre de la famille gravement malade
Soins à un enfant en situation de handicap de moins de 21 ans
Soins à une personne pour laquelle vous êtes reconnu par la mutuelle
La FGTB Bruxelles vous aide dans vos démarches !
N’attendez pas ! Dans certains cas, la demande doit être introduite avant votre exclusion ! Demandez plus d’infos à votre permanence !
Extension du travail de nuit sur le dos des travailleurs et des travailleuses
Le gouvernement Arizona s’emploie à régler les soi-disant « derniers détails » de l’accord de l’été. « Une fois de plus, c’est le travailleur qui paie avec davantage de pression, plus d’horaires atypiques et moins de protection … sans aucune concertation», déclare Thierry Bodson, Président de la FGTB.
L’accord d’été ne parlait d’un élargissement du travail de nuit dans « le secteur de la distribution et les secteurs apparentés, y compris l’e-commerce ». Soudain, ce groupe s’élargit considérablement : le commerce des métaux, le commerce du bois, le commerce de combustibles et les électriciens sont entraînés dans de nouvelles règles qui font commencer le travail de nuit plus tard et le rémunèrent différemment. Concrètement : on étire la journée de travail « normale » : de 6 h du matin à 23 h. Une journée de TRAVAIL qui dure jusqu’à 23 h de la NUIT.
Un parti gouvernemental, le MR, affirmait récemment que « 100 % des travailleurs de nuit conserveraient 100 % de leur prime ». En réalité , cela ne vaut que pour ceux qui perçoivent déjà une prime de nuit aujourd’hui, et les employeurs « en difficulté économique » pourront diminuer cette prime pour ces mêmes travailleurs de nuit. Quelque chose nous dit que le nombre d’entreprises « en difficulté économique » va exploser.
Les nouveaux travailleurs et travailleuses auront moins de droits. « Cela divise les travailleurs au sein d’un même lieu de travail. Ils effectuent la même tâche, mais avec un package salarial différent », souligne Thierry Bodson.
Le Conseil d’État a déjà été parfaitement clair : avec cette mesure, « la rémunération de travailleurs ayant un profil équivalent, qui exercent la même fonction, peut fortement diverger ». En bref : cette mesure réduit les primes pour les nouveaux entrants, organise l’inégalité sur le lieu de travail et est juridiquement plus que douteuse.
Le travail de nuit et le travail en équipes sont mauvais pour la santé : troubles du sommeil, problèmes digestifs, risques cardiovasculaires, risque accru de diabète et de différents cancers… L’être humain n’est pas fait pour travailler structurellement la nuit. Pourtant, le gouvernement encourage le travail nocturne, alors que le nombre de malades de longue durée et de burn-outs atteint déjà un niveau record. La logique Arizona est bancale. Certaines formes de travail de nuit ou en équipes coûtent déjà moins cher que le travail de jour en raison de subsides. Veut-on vraiment que l’État continue à dépenser des milliards dans un système de subsides salariaux qui stimule des horaires nuisibles à la santé et à la qualité de vie ?
Le gouvernement Arizona choisit systématiquement le camp des employeurs : moins de freins, plus de cadeaux. Pour les travailleurs : plus de pression, plus de flexibilité, plus de risques ; moins de protection, moins de primes. Thierry Bodson : « Au lieu de booster les horaires de travail malsains pour les gens, le gouvernement ferait mieux de réformer les très coûteux subsides aux entreprises, et ne pas les augmenter aveuglément ».
Syndicats et société civile contestent la réforme du chômage devant la Cour constitutionnelle
Le front commun syndical (FGTB, CSC, CGSLB), appuyé par un éventail d’organisations de la société civile, dont la Ligue des droits humains, la Ligue des familles, le BAPN, Soralia, Vie Féminine, introduit ce mercredi 29 octobre une requête en annulation assortie d’une demande de suspension devant la Cour constitutionnelle contre les mesures transitoires de la réforme du chômage et contre le principe même de la limitation dans le temps des allocations.
Cette réforme, portée par le gouvernement Arizona, constitue une offensive sans précédent contre l’un des socles de la sécurité sociale belge.
Elle exclut les publics les plus fragilisés de notre société du droit aux allocations ; et elle le fait sans prévoir de dispositifs d’accompagnement crédibles ni de mécanismes de responsabilisation des employeurs. Pire, elle exclut d’abord les personnes les plus éloignées de l’emploi, ne leur laissant que six mois pour retrouver un travail . Six mois qui, dans les faits, deviennent plutôt trois mois et demi (délai séparant la réception du courrier de l’ONEm envoyé à la mi-septembre et les premières exclusions prévues pour le 1ier janvier 2026)
Sur le plan juridique, la réforme contrevient à plusieurs principes constitutionnels, dont celui de confiance légitime, celui du droit à la sécurité sociale garanti par l’article 23 de la Constitution consacrant le droit de chacun à mener une vie conforme à la dignité humaine ou encore les principes d’égalité et de non-discrimination contenus dans les articles 10 et 11 de la Constitution.
Aucun élément contenu dans l’exposé des motifs de la loi ou dans les éléments de réponses formulés par le ministre Clarinval lors des travaux à la Chambre des Représentants ne peuvent justifier à eux seuls une telle régression. De plus, nous soulevons l’incohérence des arguments pointés par le ministre, comme les contraintes budgétaires (puisque le gouvernement augmente les heures supplémentaires défiscalisés), la stimulation du retour à l’emploi ( puisque le gouvernement favorise les flexi-jobs, accessibles seulement à ceux qui bénéficient déjà d’un emploi) et la volonté d’atteindre un taux d’emploi de 80 % d’ici 2029 (puisque le gouvernement augmentent le quota d’heures de travail étudiant, par définition inaccessible aux demandeurs d’emploi exclus).
La réforme s’en prend de manière plus particulière à des groupes de demandeurs d’emplois dont le retour ou la stabilisation à un emploi stable est soumise à une série d’obstacles, largement documentés : les personnes âgées, les jeunes, les femmes, les personnes souffrant d’un handicap ou d’une inaptitude permanente de travail, des personnes peu qualifiées, etc.
Mais la réforme s’en prend également à des personnes qui travaillent sous contrats (par exemple : des travailleuses et travailleurs ALE, des travailleuses et travailleurs à temps partiel avec allocation de garantie de revenus , des journalistes pigistes, …).
Au-delà des considérations juridiques, cette réforme constitue une rupture du pacte social sur lequel reposent les équilibres socio-économiques de notre société depuis 80 ans. Elle nie les déterminants sociaux de l’exclusion. Elle menace de précariser durablement des dizaines de milliers de personnes, de fragiliser leurs familles, et d’aggraver les inégalités.
C’est pourquoi les syndicats et les organisations de la société civile, unis dans leur attachement aux droits humains, et à la pérennité de notre sécurité sociale, contestent la constitutionnalité d’une réforme précipitée, injuste et contraire aux engagements fondamentaux de l’État belge.
Liste des organisations et associations qui se joignent au recours :
Ligue des droits humains
BAPN
Netwerk tegen armoede
CSCE
Hart boven hard
Ligue des familles
Solidaris (l’union nationale des mutualités socialistes)
Vie féminine
Soralia
Femma
Furia
Jeunes FGTB
Jeunes CSC
Jeunes CGSLB/Freezbe
SAAMO Anvers et Bruxelles
À partir du 17 octobre, les femmes travaillent “gratuitement” jusqu’à la fin de l’année !
Le 17 octobre marque une date aussi symbolique que révoltante : si l’on convertit l’écart salarial global en temps de travail, les femmes cesseraient d’être payées à partir de cette date. L’écart moyen de 19,9 % entre le salaire des femmes et celui des hommes correspond en effet à près de deux mois et demi de travail “non rémunéré” pour les femmes par rapport à leurs collègues masculins.
L’inégalité salariale reste une réalité structurelle, qui pénalise massivement les femmes pendant leur carrière et jusqu’à la retraite.
On parle souvent d’un écart de 7 %, qui correspond à la différence de salaire horaire entre femmes et hommes. Mais cette donnée masque une réalité bien plus profonde : les femmes sont massivement cantonnées au temps partiel, souvent dans des secteurs sous-payés (commerce, soins, nettoyage, titres-services).
40 % des femmes travaillent à temps partiel, soit près de 846 000 travailleuses en 2023
83 % des temps partiels sont occupés par des femmes, dont 93 % y sont contraintes– faute de solutions de garde, d’offre de travail à temps plein ou en raison de pressions de l’employeur
Ces emplois sont souvent précaires, mal rémunérés et assortis de peu de perspectives de carrière. En moyenne, la durée de carrière des femmes n’est que de 31,6 ans, et 4 femmes sur 10 n’atteignent pas 35 années de carrière à 65 ans – alors que le calcul de la pension est basé sur 45 années.
Cette précarité salariale a évidemment des effets cumulés sur la pension.
Les pensions des femmes sont en effet en moyenne 21 % plus basses que celles des hommes et sans les périodes assimilées (maladie, congé de maternité, chômage temporaire…), cet écart grimperait à 43 % !
Par ailleurs, la suppression programmée de la pension de survie privera environ 140.000 femmes d’un filet de sécurité essentiel.
Et avec le gouvernement Arizona, les femmes vont encore payer !
Loin de corriger ces injustices, le gouvernement Arizona multiplie les attaques qui frappent directement les travailleuses à temps partiel, c’est-à-dire essentiellement des femmes :
Flexi-jobs généralisés et extension des heures étudiants, accentuant la concurrence avec les temps partiels sans créer de postes à temps plein.
Suppression du repos dominical et des jours de fermeture obligatoires, rendant la conciliation vie professionnelle/vie familiale encore plus difficile.
Annualisation du temps de travail, qui crée des « semaines accordéon » et complique la combinaison de plusieurs temps partiels.
Augmentation des heures supplémentaires “volontaires” jusqu’à 360 h sans sursalaire, voire 450 h dans l’Horeca.
Suppression de la durée minimale d’1/3 pour les temps partiels, ce qui ouvre la voie à une fragmentation accrue des horaires.
Suppression progressive des périodes assimilées dans le calcul des pensions anticipées, rendant celles-ci inaccessibles pour de nombreuses femmes.
Sanction de l’AGR : les temps partiels de moins d’un mi-temps perdront leur allocation de chômage complémentaire après 2 ans — une mesure qui touche 33 % des femmes concernées.
En résumé, le gouvernement Arizona prend clairement les femmes pour cible, avec des réformes structurellement discriminantes, qui frappent précisément les statuts précaires dans lesquels elles sont surreprésentées.
Chômage : que faire si l’ONEM vous envoie une lettre d’exclusion ?
Depuis la mi-septembre 2025, l’ONEM a entamé l’envoi progressif des courriers annonçant la fin du droit aux allocations de chômage.
Ces lettres concernent directement des milliers de Bruxellois·es et sont envoyées par vagues, selon la durée du chômage de chacun·e. Elles sont adressées par courrier postal mais aussi via l’eBox.
Si vous recevez une lettre de l’ONEM,il est essentiel d’agir rapidement et de vous informer sur vos droits ainsi que sur les démarches à entreprendre.
Toutes les infos pratiques sont sur notre site
La réforme est encore en cours de mise en place et les informations transmises par les institutions concernées (ONEM, Actiris, Bruxelles Formation, CPAS…) évoluent régulièrement.
La FGTB Bruxelles rassemble toutes ces données et met à jour son site en continu dans un menu spécifique :
consultez-le régulièrement pour avoir les dernières infos fiables !
Vous y trouverez :
un calendrier clair des vagues d’exclusions (qui perd son droit et quand)
les démarches à entreprendre (accompagnement vers l’emploi, formations, CPAS, incapacité de travail…)
des infos pratiques sur les séances d’information collectives que nous organisons
la marche à suivre pour introduire un recours avec l’accompagnement de la FGTB Bruxelles
La FGTB Bruxelles est à vos côtés pour vous informer, vous conseiller et vous défendre.
52 milliards d’argent public aux entreprises… un capitalisme sous perfusion ?
A qui profite l’argent public ? Pas ceux qu’on croit…
Quand le gouvernement Arizona parle de « charges », de « réformes » ou d’économies budgétaires, ce sont toujours les mêmes qui sont visés : les chômeurs, les allocataires sociaux, les services publics.
Mais une note du réseau Éconosphères – publiée fin mai – remet les pendules à l’heure. Elle révèle qu’en 2022, les entreprises privées lucratives ont reçu 51,9 milliards d’euros d’argent public.
C’est énorme.
A titre de comparaison, cela représente près de 18 % des dépenses publiques, plus de 9 % du produit intérieur brut, et plus de dix fois le coût des allocations versées aux chômeurs complets indemnisés.
Autrement dit : l’État dépense beaucoup plus pour soutenir les entreprises que pour indemniser les personnes privées d’emploi.
Des milliards d’aides, souvent sans condition
Ce soutien prend de nombreuses formes : des subsides salariaux, des réductions de cotisations sociales patronales, des exonérations fiscales sur les bénéfices, des aides à l’investissement, des réductions d’accises, etc.
En réalité, une grande partie des emplois du secteur privé sont financés, en partie, par de l’argent public. On est loin du récit d’un marché « libre » où les entreprises se débrouilleraient seules, on assiste plutôt à un capitalisme sous perfusion…
L’État joue le rôle d’actionnaire… sans les droits
Plusieurs économistes parlent aujourd’hui d’un “État-actionnaire silencieux”. L’État injecte des milliards dans les entreprises, comme un actionnaire le ferait, mais sans obtenir de droit de regard, sans exiger de garanties, sans récupérer de dividendes.
Pendant ce temps, les entreprises touchent ces aides sans obligation réelle de créer ou de maintenir des emplois, ni d’améliorer les conditions de travail, ni de contribuer à la transition écologique.
Cherchez l’erreur…
Et quand elles licencient, comme ce fut le cas chez Audi à Forest, c’est encore la collectivité qui paie les pots cassés.
Qui va payer la note ?
La Belgique doit faire 27 milliards d’euros d’économies dans les années à venir. Cette pression vient directement des règles budgétaires européennes, qui imposent un retour à l’austérité.
Mais au lieu d’aller chercher cet argent là où il est : dans les profits, les dividendes ou la fraude fiscale – le gouvernement s’en prend aux chômeurs et aux politiques sociales.
Les personnes privées d’emploi sont stigmatisées, culpabilisées, sanctionnées.
Les entreprises, elles, continuent à toucher des milliards sans aucune remise en question.
Et pendant ce temps, la fraude fiscale continue de coûter au pays plus de 30 milliards d’euros par an, sans qu’aucun plan sérieux ne soit mis en place pour la combattre.
Ouvrir enfin le débat
Pourquoi ces aides aux entreprises sont-elles si peu discutées ? Pourquoi ne sont-elles ni évaluées, ni conditionnées ? Pourquoi continue-t-on à les verser automatiquement, année après année, alors qu’on coupe ailleurs à la hache ?
Selon Éconosphères, plus de 10 milliards d’euros de subsides salariaux ont été versés en 2022, pour une création nette d’environ 12.000 emplois dans le secteur marchand entre 2022 et 2023 — soit près d’un million d’euros d’argent public par emploi créé.
Quand l’État finance autant l’emploi privé, peut-on encore vraiment parler d’emploi privé ?
Econosphères est un réseau d’organisations et de chercheur·euses, dont la FGTB Bruxelles, qui vise à replacer les enjeux économiques au cœur du débat démocratique.