Une mobilisation massive pour la journée mondiale de lutte pour les droits des femmes !
Depuis 2000, la Marche Mondiale des Femmes lutte contre les injustices, la pauvreté et les violences faites aux femmes, rassemblant des milliers d’organisations féministes à travers le monde.
Ce 8 mars à Bruxelles, les voix de milliers de militant.es ont résonné plus fort que jamais !
Merci à toutes et tous d’avoir participé en nombre à cette mobilisation !
L’accord de gouvernement De Wever-Bouchez décodé par la FGTB
L’accord de gouvernement De Wever-Bouchez est une douche froide pour les travailleurs et travailleuses, les allocataires sociaux et, surtout, les femmes. Les épaules les plus larges, en revanche, restent épargnées. Voici une analyse en bref.
Réinsertion des malades de longue durée
L’accord de gouvernement De Wever-Bouchez prévoit une politique stricte vis-à-vis des malades de longue durée. Les personnes sans contrat de travail mais ayant un « potentiel de travail » seront obligées de s’inscrire comme demandeurs d’emploi, et les sanctions seront à nouveau durcies. Cette politique semble principalement axée sur les économies et le retour rapide des malades sur le marché du travail, sans tenir compte de leur état de santé et de leurs besoins.
La vision sous-jacente de la droite est bien connue : les malades de longue durée sont perçus comme un coût plutôt que comme des personnes ayant besoin de temps et de soins pour se rétablir. Pourtant, beaucoup sont tombées malades en raison de mauvaises conditions de travail, d’une pression excessive ou d’un burn-out. Les contraindre à travailler sans une réintégration durable ne fera qu’aggraver leur situation.
Politique étrangère
Sur ce point, l’accord de coalition reste assez vague. La réduction de 25 % du budget de la coopération au développement est frappante.
L’accord de coalition du gouvernement De Wever-Bouchez a une vision économique très unilatérale de l’Europe, presque entièrement axée sur la compétitivité, la productivité et la déréglementation en faveur des entreprises. Les aspects sociaux sont à peine abordés. Une occasion manquée de faire de l’UE non seulement une Union forte, mais aussi une Union socialement juste.
Pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses devrait augmenter, grâce à la hausse du montant exonéré d’impôt et à l’augmentation des salaires minimums. Ce sont des éléments positifs, certes, mais comme la hausse du montant exonéré s’applique à tout le monde, il s’agit d’une mesure très coûteuse qui profite aussi aux hauts revenus.
Le gouvernement De Wever-Bouchez maintient la loi de 1996 sur la norme salariale, empêchant ainsi les syndicats de négocier de meilleurs salaires pour les travailleurs et travailleuses. Cela signifie que les salaires sont artificiellement maintenus à un niveau bas, même dans les secteurs qui présentent une marge suffisante pour des augmentations.
L’indexation automatique des salaires est provisoirement préservée. Cependant, si les partenaires sociaux ne parviennent pas à élaborer un avis sur une réforme de l’index d’ici fin 2026, le gouvernement pourra intervenir unilatéralement et réduire progressivement le système et ses effets.
Les épaules les plus larges épargnées
Le principe selon lequel « les épaules les plus larges portent les charges les plus lourdes » est totalement absent de l’accord de gouvernement De Wever-Bouchez. Ce sont surtout les travailleurs et les allocataires sociaux qui se retrouvent en première ligne, tandis que les entreprises et les grandes fortunes sont largement épargnées.
Pas moins de 8,7 milliards d’euros d’économies sont réalisées sur le dos des travailleurs et des allocataires sociaux. Les actifs bénéficient d’une légère compensation via une réforme fiscale de 3,5 milliards d’euros, mais celle-ci ne concerne ni les pensionnés, ni les demandeurs d’emploi, ni les malades de longue durée. Ce sont donc les plus vulnérables qui subissent l’essentiel des coupes budgétaires.
Parallèlement, les entreprises reçoivent 1,72 milliard d’euros de soutien supplémentaire, sans avoir à fournir aucune garantie de création d’emplois. Les grandes fortunes ne contribuent qu’à hauteur de 1,42 milliard d’euros, et les fraudeurs bénéficient d’une amnistie pour blanchir leur argent noir. Par ailleurs, 2,3 milliards d’euros d’économies sont imposés aux demandeurs d’emploi.
Marché du travail
Cet accord de gouvernement semble tout droit sorti des programmes du MR et de la N-VA, avec des mesures unilatérales qui favorisent principalement les employeurs et fragilisent davantage les travailleurs.
En effet, la politique du marché du travail du gouvernement De Wever-Bouchez met l’accent sur plus de flexibilité et un travail plus intense pour les travailleurs, sans offrir en contrepartie une protection sociale suffisante ou un réel dialogue social.
Les mesures poussent les travailleurs vers des horaires plus tardifs, avec moins de sursalaire et donc plus de précarité, ce qui augmentera encore la pression sur l’assurance maladie. Les accords sociaux sont modifiés et affaiblis sans concertation, réduisant ainsi les possibilités pour les syndicats de conclure des accords ou d’exiger des compensations. Mettre l’accent sur les négociations individuelles entre salarié et employeur affaiblit la position des travailleurs. Cela va à l’encontre de la jurisprudence récente de la Cour de justice de l’Union européenne, qui reconnaît que les travailleurs sont la partie la plus vulnérable dans les relations de travail.
Limitation des allocations de chômage dans le temps
Le gouvernement De Wever-Bouchez annonce la limitation des allocations de chômage à deux ans. Cela signifie tout simplement que plus de 120 000 personnes perdront leur droit aux allocations. Des personnes qui ne retrouveront pas forcément un emploi dans la foulée ! Cette mesure symbolique de la droite ne fera qu’accroître l’insécurité et le risque de pauvreté. De plus, les allocations seront réduites plus rapidement (dégressivité).
Le gouvernement présente cela comme une économie nécessaire, mais aucune solution structurelle n’est proposée pour aider durablement les demandeurs d’emploi. Au lieu d’investir dans la création d’emplois, la formation et l’accompagnement, les chômeurs sont avant tout sanctionnés financièrement.
Climat, énergie et mobilité
Le maintien des objectifs climatiques est positif. Le gouvernement ne remet pas en cause les objectifs climatiques européens pour 2030 et 2050 et reconnaît la nécessité d’une transition durable.
Cependant, les points négatifs sont :
Pas d’objectif clair en matière de réduction des émissions de CO₂ ;
Peu de mesures concrètes et aucun plan pour une transition équitable ou la participation des travailleurs ;
L’accent est mis unilatéralement sur la technologie comme solution, sans consultation sociale ni prise en compte des travailleurs ;
Aucune protection des travailleurs contre les impacts climatiques ;
Etc.
La politique énergétique du gouvernement BDW-Bouchez met trop l’accent sur l’énergie nucléaire et les forces du marché, alors que des solutions structurelles à la pauvreté énergétique et au contrôle public de l’énergie font défaut. Les consommateurs bénéficient de quelques mesures de protection, mais les entreprises sont favorisées sans conditions sociales.
La politique de mobilité annoncée dans l’accord de coalition combine quelques mesures positives pour les transports publics, mais met l’accent sur la privatisation, l’augmentation des coûts pour les passagers et l’insécurité pour les travailleurs du rail. Les travailleurs et les personnes à faible revenu risquent d’être perdants, tandis que les projets d’infrastructure coûteux et les voitures à salaire fossile sont favorisés.
Pensions
Les plans de pension du gouvernement De Wever frappent durement les travailleurs et les fonctionnaires, augmentant l’incertitude, en particulier pour les femmes et les personnes ayant une carrière atypique. Cela revient à travailler plus longtemps pour une pension moindre, avec des économies qui touchent principalement les plus vulnérables.
Les femmes et les fonctionnaires sont les plus durement touchés, tandis que les indépendants et les revenus les plus élevés sont largement épargnés. Il s’agit d’une pure opération d’austérité, alors que les pensions dans notre pays comptent déjà parmi les plus basses d’Europe.
Les femmes en première ligne
En raison de l’augmentation de la flexibilité du travail et de la réduction simultanée des mécanismes de protection et de contrôle pour le travail à temps partiel, les femmes sont encore plus exposées à l’exclusion, aux inégalités de revenus et à la discrimination sur le marché du travail.
Par exemple :
L’interdiction du travail de nuit est supprimée. Or, le secteur de la distribution est majoritairement féminin ;
La suppression du jour de fermeture obligatoire augmentera la pression au travail, alors que les femmes sont déjà surreprésentées parmi les malades de longue durée ;
La généralisation des flexi-jobs à tous les secteurs risque d’avoir un impact considérable dans des domaines comme les soins, l’enseignement et la garde d’enfants ;
La condition de carrière pour bénéficier des emplois de fin de carrière passe de 25 à 35 ans, un seuil que de nombreuses femmes n’atteindront jamais ;
L’accès à la pension minimale sera calculé sur la base des prestations effectives, ce qui pénalisera les femmes ;
Suppression de la pension de survie et de la pension en cas de divorce ;
Enfin, la réforme visant à dépénaliser totalement l’avortement est à nouveau mise de côté.
De plus, la réforme de la loi dépénalisant l’avortement se retrouve au frigo.
Réduction de la pauvreté
Au lieu de s’attaquer à la pauvreté de manière structurelle, le gouvernement De Wever-Bouchez adopte une approche dure et contrôlante qui pousse les plus faibles de la société à s’enfoncer encore plus dans les difficultés. L’accent n’est pas mis sur le soutien, mais sur la coercition et les sanctions.
La Coalition 8 mai propose une motion aux communes bruxelloises pour contrer l’extrême droite et les discours de haine
La Coalition 8 mai propose aujourd’hui le vote d’une motion destinée à engager les communes bruxelloises dans une démarche de défense du devoir de mémoire et de lutte contre la résurgence de l’extrême droite.
Constituée de syndicats et d’organisations de la société civile, la Coalition réaffirme ainsi son engagement pour que le 8 mai, commémorant les 80 ans de la victoire sur le fascisme, devienne un symbole fort de résistance et de solidarité.
Les grands axes de la motion proposée :
Lutte contre la haine : empêcher, par tous les moyens légaux, l’organisation d’évènements et la diffusion de propos incitant à la haine de l’autre.
Cordon sanitaire médiatique : appliquer ce principe à l’égard des partis et discours d’extrême droite, notamment sur les canaux de communication communaux.
Soutien aux initiatives citoyennes : promouvoir les actions de la Coalition 8 mai et de la société civile pour perpétuer le devoir de mémoire et honorer la résistance face au fascisme.
Revitalisation du 8 mai : revendiquer le retour du 8 mai en tant que jour férié pour renforcer la symbolique de cette date historique.
Implication de la jeunesse : sensibiliser les jeunes aux dangers de l’extrême droite et à l’histoire des migrations, en intégrant des actions éducatives spécifiques.
En proposant cette motion, la Coalition 8 mai souhaite offrir à chaque commune les moyens de se doter d’outils efficaces pour contrer l’extrémisme et préserver la mémoire des combats de nos aîné.es.
Lettre ouverte aux informateurs bruxellois : Bruxelles doit continuer à bruxeller !
« Bruxelles bruxellait » chantait Jacques Brel il y a plus d’un demi-siècle. Aujourd’hui encore, la capitale est belle, animée et vibrante. Mais pour combien de temps ? La Région risque l’asphyxie, paralysée par des blocages politiques sans fin, une violence liée au trafic de drogue qui s’intensifie et une précarité extrêmement préoccupante. En tant que partenaires sociaux – employeurs et travailleurs réunis – nous avons, la semaine dernière, tiré la sonnette d’alarme. L’impasse politique ne menace pas seulement la stabilité de la capitale et son développement socio-économique, mais hypothèque son avenir. Cette inertie ne peut plus durer.
C’est la raison pour laquelle nous – CEO et Secrétaire générale de BECI et Président et Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles – souhaitons vous interpeller aujourd’hui sur les principaux défis à relever pour notre Région et vous proposer des solutions concertées entre nos organisations, qui ont à cœur de permettre à Bruxelles de continuer à bruxeller !
Un environnement serein au profit des habitants, des travailleurs et des entreprises
Des quartiers jadis animés par le commerce et la convivialité sont fragilisés par des trafiquants et des gangs.
Cette insécurité a des conséquences lourdes : pour les entreprises et les services publics, qui doivent assumer des coûts de sécurité en hausse ; pour les travailleurs, les touristes et les navetteurs qui ne se sentent plus en sécurité lors de leurs déplacements ; et surtout pour les habitants de ces quartiers, qui en souffrent au quotidien ; enfin, pour l’ensemble des Bruxellois, dont la qualité de vie est menacée.
Nous, partenaires sociaux, le répétons depuis longtemps : si Bruxelles ne garantit pas un environnement sûr, elle fera fuir les travailleurs et les habitants. Une Région où l’on craint de prendre le métro ou de rentrer tard nuit à son dynamisme socio-économique et à sa prospérité.
Le gouvernement fédéral a bien annoncé une task force mais sans coordination réelle avec l’exécutif bruxellois, cette initiative risque de rester purement politique : un emplâtre sur une jambe de bois.
Mais un environnement serein ne se réduit pas à une politique de sécurité optimale. Il faut aussi une meilleure concertation entre tous les acteurs de la Région que sont le monde politique, les représentants des employeurs et les représentants des travailleurs. C’est pourquoi nous demandons la conclusion d’un nouvel accord socio-économique tripartite, qui reprenne les priorités partagées des interlocuteurs sociaux représentés au sein de Brupartners.
Nous souhaitons également travailler ensemble, avec tous les acteurs publics et privés, pour relancer l’industrie à Bruxelles, notamment via une politique foncière afin d’augmenter les espaces dévolus à l’activité industrielle et une politique de mobilité et de logistique adaptée. Une industrie connectée avec la ville et ses habitants, qui allie progrès social et respect de l’environnement.
Nous devons aussi poursuivre la Shifting Economy, pour investir plus massivement dans la transition climatique et promouvoir les entreprises qui s’inscrivent dans une démarche d’impact social et environnemental positif, tout en développant davantage la politique de soutien à la recherche et à l’innovation au profit des entreprises, des travailleurs et des habitants de Bruxelles.
Face aux mesures qui ont été annoncées par le gouvernement fédéral en matière de chômage et de maladie de longue durée, nous devons également revoir la politique de l’emploi et de la formation pour renforcer l’accès et la mise à l’emploi de tous les Bruxellois et accompagner plus rapidement et efficacement ceux qui malheureusement perdent leur emploi. Les questions fondamentales de la discrimination et de la diversité sur le marché du travail, de la lutte contre le travail au noir et le dumping social doivent également faire l’objet d’une attention particulière si nous voulons offrir aux habitants de Bruxelles toutes les chances de trouver un emploi de qualité.
En matière de logement, outre l’évaluation et la pérennisation de l’alliance Renolution, Bruxelles doit mener une politique de rénovation et de construction qui permette à tous les habitants de bénéficier d’un logement décent et de qualité, à un prix abordable. Cela passera notamment par une accélération et une simplification des procédures de permis.
Le budget
Bruxelles est aussi en danger sur le plan financier. La dette régionale ne cesse de s’alourdir, Belfius réduit drastiquement sa ligne de crédit de trésorerie et les agences de notation surveillent la situation de près. Sans gouvernement stable et sans vision stratégique, les coûts d’emprunt risquent de flamber. Avec quelles conséquences ? Moins d’investissements et des coupes budgétaires aveugles dans les politiques sociales et économiques.
Ce marasme affecte non seulement les finances publiques, les services publics, mais aussi les entreprises qui font vivre notre Région. Les employeurs voient se tarir les capitaux nécessaires à leur croissance ; les travailleurs, eux, subissent un climat d’incertitude qui fragilise leurs emplois et leurs revenus.
Les nécessaires politiques sociales et les services aux habitants de Bruxelles ne pourront plus être assurés. Il faut donc d’urgence prévoir les moyens financiers nécessaires au développement socio-économique de la Région, en travaillant tant sur les dépenses que sur les recettes, tout en préservant la dynamique économique et la politique sociale.
Retrouver l’attractivité
Bruxelles doit être à la hauteur de son titre de grande capitale européenne : multiculturelle, dynamique, vivante, innovante et sûre. La Région a besoin d’un gouvernement qui reprenne son destin en main, dans un territoire où habitants, entrepreneurs, touristes et travailleurs se déplacent avec confiance.
Sans action rapide, l’avenir de Bruxelles risque d’être gâché. C’est une menace non seulement pour les entreprises, qui peineront à attirer les travailleurs et les investissements nécessaires à leur développement, mais aussi pour les travailleurs et les habitants de Bruxelles, qui ont besoin de perspectives solides dans un cadre où il fait bon vivre et travailler.
Bruxelles doit continuer à bruxeller et cela encore pour longtemps !
Face à l’impasse politique, les partenaires sociaux bruxellois s’impatientent : l’inaction n’est plus une option !
Huit mois après les élections, Bruxelles est toujours sans gouvernement. La mission du formateur pourrait se terminer ce vendredi, 17h. Et après ? C’est d’une seule voix que les représentants bruxellois des travailleur·euses et des entreprises ont décidé d’interpeller les partis politiques pour qu’ils prennent enfin leurs responsabilités et évitent une impasse aux lourdes conséquences.
Bruxelles traverse une période critique. Alors que la Région est confrontée à de multiples défis, notamment après les décisions du nouveau gouvernement fédéral, il est urgent d’agir, de sortir des batailles politiciennes. Nous attendons de nos représentants politiques une approche responsable et constructive dans l’intérêt et le respect de celles et ceux qui vivent, entreprennent et travaillent à Bruxelles.
Notre attachement à Bruxelles, combiné à l’urgence d’avoir un gouvernement, nous oblige à faire front, à réagir collectivement pour faire entendre raison aux partis, mobiliser toutes les forces vives pour dessiner le futur de Bruxelles.
L’absence de gouvernement régional constitue une source d’inquiétude légitime pour les citoyen·nes, les travailleur·euses et les entreprises bruxelloises. Chaque jour sans gouvernement aggrave une situation déjà préoccupante. Le prochain gouvernement devra faire face à des enjeux majeurs :
Une crise démocratique et institutionnelle à l’heure où la lutte contre les populismes est déjà un combat quotidien. De plus, l’autonomie de gestion de Bruxelles est en danger. Capitale nationale, européenne et internationale, Bruxelles risque une mise sous tutelle si elle ne reprend pas son destin en main.
Une crise socio-économique et financière qui fragilise la Région et ses institutions. Chaque jour qui passe sans gouvernement empêche de faire face aux répercussions sociales, économiques et budgétaires qui s’amplifient. Il faudra également concevoir des mesures pour accompagner les nouveaux défis qui vont naitre des politiques projetés par le Fédéral sans improviser et sans travailler dans l’urgence.
Un enjeu majeur de sécurité et des défis sociétaux grandissants : La sécurité, la tranquillité et le bien-être des Bruxellois·es doit rester une priorité absolue. Bruxelles a besoin d’un gouvernement de plein exercice pour coordonner les actions de prévention et de sécurité et pour répondre à l’évolution des besoins sociétaux sur le territoire de la Région.
L’inaction est une faute. Bruxelles en a “Ras-le-Gouvernement ». Nous appelons les responsables politiques bruxellois, de tous bords démocratiques, à se réveiller et prendre leurs responsabilités. Nous les appelons à ne plus se comporter comme des politiciens mais bien comme des femmes et des hommes d’Etat, à la hauteur des enjeux et des Bruxellois·es.
Notre Région mérite mieux qu’un statu quo voué à l’échec. Bruxelles doit devenir un pôle d’attractivité, de développement économique, de plein emploi et de justice sociale où la qualité de vie prime. Le prochain gouvernement sera une réussite collective ou ne sera pas. Pour y parvenir, il faut des valeurs partagées, de l’ambition, des alliances solides et la volonté de dépasser les clivages.
Bruxelles mérite un avenir rayonnant. Travaillons-y ensemble. Les partenaires sociaux sont prêts.
Suppression de l’enveloppe bien-être : les Belges les plus fragiles seront les premières victimes !
Une fois encore, ce sont les pensionnés, les malades et les demandeurs d’emploi qui paieront le prix fort des mesures d’économies de la coalition Arizona : le gouvernement De Wever a décidé de supprimer l’enveloppe bien-être.
Ce budget, réévalué tous les deux ans par les partenaires sociaux, permettait d’améliorer les pensions les plus basses et les plus anciennes, la garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA), ainsi que les allocations minimales en matière de maladie, d’accidents du travail et de chômage.
Pour la période à venir, un milliard d’euros devait être consacré à ces mesures, dont la majeure partie visait les pensions les plus faibles !
Pour des centaines de milliers de personnes vivant avec des revenus proches ou inférieurs au seuil de pauvreté, cette enveloppe constituait un soutien vital. Pourtant, afin de combler un budget déficitaire, la coalition Arizona a choisi de la supprimer entièrement, générant ainsi une économie de 2,8 milliards d’euros sur deux ans.
Une mesure antisociale de plus, qui confirme la nécessité de poursuivre la mobilisation afin d’obtenir un revirement du gouvernement ✊
Où en est-on au niveau de l’emploi bruxellois ?
Une interview de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.
Alors que le débat sur la limitation des allocations de chômage et les attaques contre les droits sociaux s’intensifient, Florence Lepoivre, Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, revient sur deux études récentes : l’état des lieux du marché de l’emploi bruxellois publié par View.brussels[1] et le panorama de la situation socio-économique bruxelloise de l’IBSA[2].
Les dernières données disponibles sur le marché de l’emploi et la situation socio-économique bruxelloise semblent encourageantes. Partagez-vous ce constant ?
View.brussels constate qu’en cinq ans, la part de la population au chômage a diminué de 11,4 %, tandis que la part des personnes à l’emploi a augmenté de 13,7 %. Ce sont des bonnes nouvelles, surtout dans un contexte où la population bruxelloise a augmenté de près de 30 % depuis 2000 pour atteindre plus de 1,2 million d’habitants en 2023.
De son côté, l’IBSA confirme que la population effectivement à l’emploi n’a jamais été aussi élevée. Le taux d’emploi a atteint 60,6 % en 2024, ce qu’il qualifie d’inédit depuis quarante ans.
Paradoxalement, les chiffres IBSA révèlent que le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté, notamment à cause de la modification des procédures d’inscription des bénéficiaires du CPAS comme demandeurs d’emploi.
Ces chiffres montrent un double défi : maintenir cette dynamique positive tout en répondant aux besoins des personnes les plus éloignées du marché du travail.
Face à cette amélioration des chiffres de l’emploi, n’est-il pas contreproductif de vouloir limiter dans le temps les allocations de chômage ?
Absolument. Les attaques contre les droits des chômeurs, comme les sanctions accrues, la dégressivité du montant des allocations de chômage et les restrictions d’accès aux allocations, n’ont cessé de s’intensifier.
Avec le MR et la N-VA, le futur gouvernement fédéral a clairement affiché son intention de poursuivre le démantèlement progressif de notre système belge d’indemnisation du chômage et plus largement, de la sécurité sociale.
Pourtant, toutes les études (UCL, ONEM, IRES, OCDE,…) démontrent que ces mesures non seulement ne favorisent pas le retour à l’emploi, mais qu’elles aggravent la précarité, en appauvrissant particulièrement les jeunes, les femmes, les travailleurs âgés…
Je vous donne un exemple très concret : en 2015, suite à la limitation dans le temps des allocations d’insertion, 77 % des personnes exclues n’ont pas retrouvé d’emploi, et parmi elles, deux tiers étaient des femmes. Ces chiffres illustrent bien l’inefficacité de ces politiques.
À la FGTB, nous l’avons maintes fois souligné et démontré : limiter les allocations de chômage dans le temps est une mesure profondément injuste et inefficace. Elle toucherait en effet les chômeurs de longue durée, qui sont justement les plus éloignés du marché du travail.
À Bruxelles, plus de la moitié de ces personnes a plus de 50 ans, ce qui aggrave encore leur difficulté à retrouver un emploi.
En 2023, 140.000 personnes étaient au chômage depuis plus de 2 ans, et plus de la moitié l’étaient depuis plus de cinq ans. Croire qu’en supprimant leurs allocations, ils retrouveront un emploi est absurde.
Une étude du Dulbea démontre que seuls 26,3 % des chômeurs bruxellois concernés retrouveraient un emploi. Cette mesure ne ferait qu’accentuer la pauvreté et alourdir la charge des CPAS, tout en dégradant les conditions de travail des salariés en général.
Si ces attaques contre les droits sociaux ne sont pas efficaces, quel est leur objectif ?
Je peux vous garantir que si l’objectif est de faire des économies, cette mesure ne remplira certainement pas les caisses de l’État ! Le chômage complet indemnisé ne représente qu’environ 3 % du budget global de la sécurité sociale. Il est donc grand temps d’arrêter de propager l’idée fausse selon laquelle les chômeurs coûteraient trop cher aux finances publiques !
L’objectif du futur gouvernement est clair: fragiliser les travailleurs pour les forcer à accepter des emplois précaires. C’est une stratégie qui exerce une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, et elle profite avant tout aux employeurs en quête de main-d’œuvre bon marché.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2009 et 2019, 65 % des emplois créés à Bruxelles étaient précaires, notamment des temps partiels subis, des contrats temporaires et des faux indépendants. Ces emplois précaires touchent principalement des publics déjà discriminés ou fragilisés : les femmes, les jeunes et les personnes d’origine étrangère.
Quels leviers devraient être actionnés pour améliorer la situation de l’emploi, en particulier à Bruxelles ?
Il est temps de cesser de stigmatiser les chômeurs et de s’attaquer aux véritables causes des problèmes du marché de l’emploi. Ce n’est pas en appauvrissant une partie de la population qu’on construit une société juste.
À la FGTB, nous appelons à des politiques d’emploi qui renforcent les droits sociaux, investissent dans l’humain et responsabilisent les employeurs. Une économie forte repose sur des travailleurs respectés et un dialogue social constructif.
À Bruxelles, le défi est d’autant plus important que près de la moitié des chômeuses et chômeurs de longue durée ont plus de 50 ans. Ces personnes, déjà fragilisées sur le marché du travail, seront particulièrement touchées par une limitation dans le temps des allocations de chômage, alors même qu’elles ont de faibles chances de retrouver un emploi.
Un autre levier essentiel est de simplifier et rendre accessible la reconnaissance des diplômes étrangers. En mars 2023, 43,5 % des demandeurs d’emploi inscrits chez Actiris étaient classés dans la catégorie « étranger sans équivalence », représentant environ 38 300 individus. Ces personnes, souvent qualifiées, se heurtent à des obstacles administratifs et financiers qui empêchent la valorisation de leurs compétences, privant le marché de l’emploi de ressources précieuses.
L’investissement massif dans la formation et l’accompagnement personnalisé doit aussi rester une priorité pour favoriser l’insertion professionnelle durable. À Bruxelles, 64,9 % des emplois sont occupés par des diplômés du supérieur, ce qui reflète une économie fortement tertiarisée et exigeante en termes de qualifications. Les postes nécessitant de faibles qualifications ne concernent qu’un emploi sur dix à Bruxelles. Pourtant, en 2023, 16.500 demandeurs d’emploi n’avaient qu’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur.
Nous devons enfin responsabiliser les employeurs de la capitale. Cela passe par l’obligation de communiquer leurs offres d’emploi à Actiris, afin de mieux objectiver les fonctions en pénurie et de garantir une transparence sur les opportunités et la qualité des emplois proposés. Cela passe aussi par le respect de leurs obligations en matière de formation, pour améliorer les compétences des travailleurs et favoriser leur maintien dans l’emploi. Il faut aussi favoriser la création d’emplois de qualité, notamment pour les publics discriminés ou fragilisés. Nous devons également définir ce qu’on entend par un « emploi de qualité » et lier les aides aux entreprises à cette notion. Il faut enfin lutter plus intensément contre les pratiques de discrimination à l’emploi.
Ces mesures, si elles sont adoptées, peuvent réellement transformer le marché de l’emploi bruxellois en le rendant plus inclusif, équitable et durable.
Vous trouvez que la qualité de l’emploi à Bruxelles laisse à désirer ?
Les chiffres parlent d’eux-mêmes… Entre 2009 et 2019, 65 % des emplois créés étaient précaires : temps partiels subis, contrats temporaires, intérim, faux indépendants, ou travail au noir. Ces emplois précaires touchent de manière disproportionnée des publics discriminés : 90 % des jeunes femmes peu qualifiées occupent un emploi précaire à Bruxelles et 53 % des jeunes de 15 à 24 ans sont employés dans le cadre d’un contrat temporaire.
D’après les chiffres de View.brussels, en 2023, 14,6 % des travailleurs bruxellois avaient un emploi temporaire, un taux supérieur à celui observé en Wallonie et en Flandre. Chez les femmes, ce chiffre atteint 15,6 %. En Wallonie, seuls un tiers des offres d’emploi sont des CDI, et en Flandre, ce chiffre atteint à peine 39 %. À Bruxelles, bien que 50 % des offres soient des CDI, plus d’un tiers sont des missions d’intérim, ce qui augmente encore la précarité de l’emploi.
Quels obstacles freinent encore l’accès à l’emploi pour de nombreux travailleurs à Bruxelles ?
Au-delà des problèmes liés aux pratiques de discrimination ou de surqualification à l’embauche de certains employeurs, je pense encore à la question de la qualification. Les demandeurs d’emploi peu qualifiés peinent aujourd’hui à trouver leur place sur le marché de l’emploi bruxellois.
Malgré une baisse continue de la proportion de demandeurs d’emploi peu qualifiés ces dix dernières années (passant de 65,9 % en 2013 à 61,7 % en 2023), cette population reste fortement surreprésentée. Les taux de sortie vers l’emploi pour les moins qualifiés restent particulièrement faibles, ce qui accentue leur exclusion.
Il est donc impératif d’investir massivement dans l’accompagnement personnalisé pour permettre à ces travailleurs d’acquérir les compétences demandées sur le marché bruxellois. Des initiatives ciblées sont nécessaires pour répondre à la problématique et permettre à ces personnes de s’adapter aux exigences d’un marché du travail en constante évolution.
Par ailleurs, ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale qui valorise à la fois la reconnaissance des compétences existantes et l’accès à des parcours de formation adaptés. C’est ainsi que nous pourrons non seulement lever les barrières structurelles à l’emploi, mais aussi créer des opportunités pour les publics les plus fragilisés.
[1] l’Observatoire bruxellois de l’emploi et de la formation d’Actiris
[2] L’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse de perspective.brussels
Qu’est-ce qui change en 2025 ?
Indexation, chômage temporaire, tarifs d’électricité plus élevés, extension du congé de parentalité d’accueil et d’adoption, suppléments chez le médecin… Qu’est-ce qui change en 2025 en matière de santé, de politique sociale et de droits sociaux ?
Le chômage temporaire passe au digital
À partir de 2025, le formulaire de demande de chômage temporaire passe au digital. La carte de contrôle permettant de percevoir des allocations sera entièrement numérisée.
Âge de la pension relevé et conditions plus strictes pour la pension minimum
Le 1er janvier 2025, l’âge légal de la pension passera à 66 ans, le nouveau bonus pension entrera en vigueur, les conditions d’accès à la pension minimum deviendront plus strictes et les limites de revenus pour les pensionnés seront étendues aux flexi-jobs.
En janvier, grâce à l’indexation automatique, les salaires d’un grand nombre de travailleurs et travailleuses seront adaptés à la hausse des prix. Pour le secteur de l’horeca, l’alimentation, le transport, le commerce international et la logistique, le salaire brut pourrait augmenter de 3,57 %. Dans la commission paritaire 200, qui concerne un demi-million d’employés travaillant dans des centres d’appels, des agences d’intérim, l’ICT, le conseil, les agences de voyage, les bureaux d’études, les agences de publicité, l’industrie graphique, les entreprises de construction, le commerce de gros, etc., une indexation similaire est attendue.
Le Bureau fédéral du Plan prévoit que, en raison de la hausse des prix, le prochain indice-pivot sera atteint en janvier 2025. Grâce à notre système unique d’indexation automatique, les allocations augmenteront alors de 2% en février, permettant à ceux qui dépendent d’une allocation de maintenir leur pouvoir d’achat. Les salaires dans le secteur public et dans le secteur social suivraient en mars.
Fin du gel des tarifs maximums des suppléments d’honoraires
En 2025, le gel des tarifs maximums des suppléments d’honoraires dans les hôpitaux prendra fin. Cela signifie que les hôpitaux et les médecins pourront à nouveau facturer des suppléments d’honoraires aux patients alités.
La FGTB le regrette. Ce gel des tarifs protégeait les patients contre des factures trop élevées et les médecins contre des versements plus importants à l’hôpital. Bien sûr, il existe toujours des tarifs légaux, mais dans certaines circonstances, les hôpitaux sont autorisés à facturer des suppléments pour les chambres et des suppléments d’honoraires pour les médecins.
L’interdiction de facturer des suppléments aux patients vulnérables étendue aux médecins et aux dentistes
Il est interdit aux infirmiers, sage-femmes, kinésithérapeutes et paramédicaux, tels que les logopèdes, de facturer des suppléments aux patients socialement et financièrement vulnérables. À partir de 2025, cette interdiction sera étendue aux médecins et aux dentistes. C’est une bonne chose. Elle offre une sécurité et des soins abordables aux personnes précarisées qui font appel à un dentiste ou à un médecin sans être admises à l’hôpital.
Chez les médecins :
À partir du 1er janvier 2025, les patients qui bénéficient du droit à l’intervention majorée seront automatiquement pris en charge, sans vérification de leurs revenus. Il s’agit, par exemple, des personnes qui ont droit au revenu d’intégration, des aînés protégés par la Garantie de revenu aux personnes âgées (GRAPA) ou des enfants porteurs de handicap.
À partir du 1er janvier 2026 pour tous les patients ayant droit à une intervention majorée, y compris ceux dont le revenu du ménage ne peut dépasser un certain plafond.
Chez les dentistes :
À partir du 1er janvier 2025, interdiction uniquement pour tous les patients qui ont droit à un l’intervention majorée pour certaines prestations, dont toutes les prestations préventives, comme l’examen bucco-dentaire annuel, le détartrage ou le scellement des fissures. Les prestations dont les tarifs ont été revalorisés, comme les extractions, les prothèses dentaires amovibles ou les radiographies numériques, sont également comprises dans la première étape. Les prestations visées par l’interdiction dans cette première étape représentent 52 % du budget des soins bucco-dentaires.
À partir du 1er juillet 2026, l’interdiction sera généralisée à l’ensemble des prestations.
Report des congés légaux
En 2025, vous pourrez prendre les éventuels jours de congé légaux que vous n’avez pas pu prendre en 2024 pour cause de maladie et d’accident « ordinaire », de maladie professionnelle et d’accident du travail, de congé de maternité, de congé de maternité transformé en cas d’hospitalisation ou de décès de la mère, de congé de naissance, de congé d’allaitement, de congé d’adoption, de congé d’accueil familial ou de congé de parent d’accueil.
Auparavant, si un salarié tombait malade pendant ses vacances, il ne pouvait pas les conserver et les perdait. Cela a changé le 1er janvier 2024. De cette manière, tout le monde conserve le droit à quatre semaines de vacances par an.
À partir du 1er janvier 2025, les caisses d’assurance maladie verseront l’allocation de congé de naissance mensuellement et non plus à la fin de la période de congé. L’employeur devra donc fournir des informations mensuelles à partir de 2025.
La naissance d’un enfant donne droit à un congé de naissance de 20 jours pour le père ou la coparente. Pendant les 3 premiers jours, il ou elle perçoit son salaire normal. Pour les 17 jours restants, la caisse d’assurance maladie prend le relais. Le père ou la coparente peut choisir à quel moment il ou elle prendra ces 17 jours, mais il faut le faire dans les quatre mois qui suivent la naissance. Jusqu’à présent, la caisse d’assurance maladie ne versait des indemnités que lorsque tous les jours étaient pris ou lorsque le délai de 4 mois était écoulé. Car ce n’est qu’à ce moment-là que la déclaration était envoyée par l’employeur. Désormais, tout se passera mensuellement.
Extension du congé d’adoption et d’accueil
Si vous demandez un congé d’adoption ou de parentalité d’accueil à partir du 1er janvier 2025, et que ce congé débute également à partir de cette date, vous aurez droit à une semaine supplémentaire par rapport à 2024. Cette semaine supplémentaire sera ajoutée au « crédit supplémentaire », à répartir entre les parents adoptifs ou d’accueil. Le congé d’adoption et le congé de parentalité d’accueil se composent de deux parties : • Un droit de 6 semaines par parent adoptif ou d’accueil ; • Un crédit ou droit supplémentaire à répartir entre les deux parents adoptifs ou d’accueil.
Ce crédit supplémentaire est passé à 3 semaines le 1er janvier 2023, et il augmentera à 4 semaines le 1er janvier 2025. À partir du 1er janvier 2027, il passera à 5 semaines.
Les communes voient le soutien fédéral à l’aide financière supplémentaire supprimé
L’une des fonctions essentielles d’un CPAS est de veiller à ce que les citoyens et citoyennes de leur commune puissent mener une vie digne. Pour atteindre cet objectif, les assistants sociaux peuvent déterminer si une aide financière supplémentaire, distincte du revenu d’intégration, se justifie parfois, en fonction des situations des bénéficiaires. Ces derniers, lorsqu’ils bénéficient d’une telle aide, s’engagent à suivre un parcours d’activation sociale ou professionnelle.
Plus de 7 CPAS sur 10 ont utilisé des subventions fédérales à cette fin. Ces subventions se sont élevées à plus de 2 millions d’euros pour des grandes villes comme Anvers et Liège et un million et demi pour Charleroi et Bruxelles. Malheureusement, ce soutien expirera à la fin de l’année 2024.
Les CPAS, et donc les villes et communes, compte tenu de leur situation financière généralement précaire, pourront-elles continuer à fournir cette aide financière supplémentaire avec leurs propres ressources ? Rien n’est moins sûr. Il y a donc un risque que cette aide diminue ou ne soit plus accordée. Si le prochain gouvernement fédéral décidait de rendre cette aide structurelle, la protection sociale des personnes ne diminuerait pas et les aides pourraient en outre être harmonisées et objectivées.
Les tickets de train plus chers à partir de février
Le prix des billets de train sera indexé le 1er février 2025, ce qui signifie qu’ils augmenteront à nouveau. Les tarifs des billets (Standard, bénéficiaires de l’intervention majorée, Senior, Youth, Tickets Weekend, Local Multi, Youth Multi et Standard Multi) en deuxième classe augmenteront de 2,91 %. Les tarifs des abonnements (Standard, Flex, Mi-temps, Student, City pass et Unlimited Abonnement) augmenteront de 3,03 %.
L’impact concret des nouveaux tarifs de la SNCB sur les jeunes et les seniors n’est pas encore clair. En effet, le ticket Senior et le ticket Youth seront supprimés en 2025 et la SNCB les remplacera par des réductions. Nous reviendrons sur le sujet dès que nous en saurons plus.
Tarifs d’électricité en hausse
À partir du 1er janvier 2025, les tarifs du gestionnaire de réseau Elia pour le transport de l’électricité via les lignes à haute tension augmenteront. Cela ne représente qu’environ 3 % de notre facture énergétique, mais le prix passera de 12,14 euros par MWh en 2024 à 21,55 euros par MWh en 2025. Selon les calculs, cela entraînerait une augmentation annuelle de 40 euros pour une famille moyenne.
Au sein du conseil consultatif de la CREG, la Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz, les syndicats et les employeurs avaient recommandé de ne pas appliquer cette hausse des coûts. Cependant, le gouvernement n’a pas suivi cet avis et a autorisé Elia à augmenter ses tarifs. Une raison de plus pour envisager la nationalisation complète de ce gestionnaire de réseau.
Le Fonds de fermeture des entreprise étendu
Le « Fonds de fermeture des entreprises » (FFE) indemnise les travailleurs licenciés en raison de la fermeture de leur entreprise. Jusqu’à présent, les entreprises sans finalité commerciale ou industrielle étaient exclues de ce dispositif. Cela va changer. En cas de fermeture à partir du 1er janvier 2025, une indemnité de fermeture sera également due aux travailleurs des entreprises sans finalité commerciale ou industrielle.
Les entreprises comptant plus de 50 travailleurs sont tenues de mettre en place une procédure, un canal de signalement et un suivi permettant aux employés de signaler certaines infractions au droit de l’Union européenne dans un contexte professionnel. Les lanceurs d’alerte, c’est-à-dire les employés qui dénoncent ces infractions, sont protégés contre les représailles. À partir de 2025, le seuil de 50 travailleurs sera calculé chaque année. Plus d’infos ? Consultez la brochure FGTB « Lanceurs d’alerte »
Lutte contre le dumping social
À partir du 1er janvier 2025, les sous-traitants des secteurs de la construction, de l’industrie de la viande et du déménagement ne pourront plus confier l’exécution de la totalité des prestations qui leur ont été confiées à un (autre) sous-traitant. Pour le secteur du déménagement, spécifiquement, la chaîne de sous-traitance sera à l’avenir limitée à maximum 3 niveaux.
En Flandre, dès le 1er janvier 2025, la responsabilité en chaîne sera également mise en œuvre avec des obligations accrues pour les entrepreneurs afin de lutter contre l’emploi illégal de ressortissants de pays tiers. La FGTB, qui lutte depuis des années contre le dumping social, se réjouit que les chaînes de sous-traitance soient mieux encadrées. Cependant, nous continuons à exiger une responsabilité solidaire effective pour l’ensemble de la chaîne de sous-traitance.
Chômage temporaire : carte de contrôle numérique obligatoire dès le 1er janvier 2025 !
À partir de 2025, les chômeurs temporaires ne pourront plus remplir leur carte de contrôle pour bénéficier des allocations que sous forme numérique. La carte de contrôle papier sera supprimée. La nouvelle carte de contrôle électronique, appelée eC3.2, existe en version PC ou en version app disponible pour les smartphones. Vous vous connectez via itsme ou via eID.
Signer numériquement le formulaire de demande de chômage temporaire
Si votre employeur vous met au chômage temporaire, il doit l’indiquer. Vous devez en informer votre organisme payeur, la FGTB, afin qu’un dossier soit constitué. Cette démarche n’est pas nécessaire au début de chaque période de chômage temporaire, mais elle l’est lorsque
vous avez commencé à travailler pour un nouvel employeur
vos heures de travail hebdomadaires ont changé, par exemple en cas de crédit-temps
il s’est écoulé plus de trois ans depuis que vous avez perçu des allocations de chômage temporaire.
La nouveauté de 2025 est que vous pouvez effectuer cette démarche entièrement en ligne. Vous informez la FGTB via le formulaire de contact de MyFGTB. Vous recevrez alors un document prérempli que vous examinerez et signerez numériquement.
La FGTB assure ensuite le suivi de votre dossier et le met en ordre.
Moins de paperasserie, moins de déplacements, moins d’impressions inutiles.
Un taux de chômage stable à Bruxelles ? Derrière les chiffres, une réalité bien moins réjouissante !
Les chiffres d’Actiris confirment ce que nous dénonçons depuis des années : les politiques publiques mises en œuvre au niveau fédéral (limitation dans le temps des allocations d’insertion, conditions d’accès au chômage trop strictes, contrôle et exclusion des chômeurs, dégressivité des allocations de chômage…) fragilisent les plus précaires et engorgent les CPAS, au lieu de fournir des solutions durables en termes de mise à l’emploi.
Ces politiques, punitives et inefficaces, ne fonctionnent pas : 77% des personnes exclues en 2015 par la limitation dans le temps des allocations d’insertion n’ont pas retrouvé d’emploi. Quant aux personnes dont les allocations diminuent, elles n’ont qu’un taux de sortie vers l’emploi de 30%.
L’augmentation importante du nombre de chercheurs d’emploi bénéficiaires du CPAS (+19,2%) et la progression du nombre de demandeurs d’emploi non indemnisés – qui représentent aujourd’hui près de 1 demandeur d’emploi sur 2 – soulignent la nécessité de mettre en place des politiques plus efficaces d’accompagnement et d’insertion sur le marché du travail, notamment pour les publics les plus vulnérables.
Les employeurs doivent aussi prendre leurs responsabilités : créer des emplois de qualité, garantir des opportunités de formation accessibles et agir concrètement contre les discriminations à l’embauche.
Pour la FGTB Bruxelles, il est urgent de repenser nos politiques d’emploi afin de garantir des droits sociaux solides pour toutes et tous. La précarité n’est pas une solution, plus d’efficacité et un maintien de la solidarité, oui !