Où en est-on au niveau de l’emploi bruxellois ?

Une interview de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.

Alors que le débat sur la limitation des allocations de chômage et les attaques contre les droits sociaux s’intensifient, Florence Lepoivre, Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, revient sur deux études récentes : l’état des lieux du marché de l’emploi bruxellois publié par View.brussels[1] et le panorama de la situation socio-économique bruxelloise de l’IBSA[2].

Les dernières données disponibles sur le marché de l’emploi et la situation socio-économique bruxelloise semblent encourageantes. Partagez-vous ce constant ?

View.brussels constate qu’en cinq ans, la part de la population au chômage a diminué de 11,4 %, tandis que la part des personnes à l’emploi a augmenté de 13,7 %. Ce sont des bonnes nouvelles, surtout dans un contexte où la population bruxelloise a augmenté de près de 30 % depuis 2000 pour atteindre plus de 1,2 million d’habitants en 2023.

De son côté, l’IBSA confirme que la population effectivement à l’emploi n’a jamais été aussi élevée. Le taux d’emploi a atteint 60,6 % en 2024, ce qu’il qualifie d’inédit depuis quarante ans.

Paradoxalement, les chiffres IBSA révèlent que le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté, notamment à cause de la modification des procédures d’inscription des bénéficiaires du CPAS comme demandeurs d’emploi.

Ces chiffres montrent un double défi : maintenir cette dynamique positive tout en répondant aux besoins des personnes les plus éloignées du marché du travail.

Face à cette amélioration des chiffres de l’emploi, n’est-il pas contreproductif de vouloir limiter dans le temps les allocations de chômage ?

Absolument. Les attaques contre les droits des chômeurs, comme les sanctions accrues, la dégressivité du montant des allocations de chômage et les restrictions d’accès aux allocations, n’ont cessé de s’intensifier.

Avec le MR et la N-VA, le futur gouvernement fédéral a clairement affiché son intention de poursuivre le démantèlement progressif de notre système belge d’indemnisation du chômage et plus largement, de la sécurité sociale.

Pourtant, toutes les études (UCL, ONEM, IRES, OCDE,…) démontrent que ces mesures non seulement ne favorisent pas le retour à l’emploi, mais qu’elles aggravent la précarité, en appauvrissant particulièrement les jeunes, les femmes, les travailleurs âgés…

Je vous donne un exemple très concret : en 2015, suite à la limitation dans le temps des allocations d’insertion, 77 % des personnes exclues n’ont pas retrouvé d’emploi, et parmi elles, deux tiers étaient des femmes. Ces chiffres illustrent bien l’inefficacité de ces politiques.

À la FGTB, nous l’avons maintes fois souligné et démontré : limiter les allocations de chômage dans le temps est une mesure profondément injuste et inefficace. Elle toucherait en effet les chômeurs de longue durée, qui sont justement les plus éloignés du marché du travail.

À Bruxelles, plus de la moitié de ces personnes a plus de 50 ans, ce qui aggrave encore leur difficulté à retrouver un emploi.

En 2023, 140.000 personnes étaient au chômage depuis plus de 2 ans, et plus de la moitié l’étaient depuis plus de cinq ans. Croire qu’en supprimant leurs allocations, ils retrouveront un emploi est absurde.

Une étude du Dulbea démontre que seuls 26,3 % des chômeurs bruxellois concernés retrouveraient un emploi. Cette mesure ne ferait qu’accentuer la pauvreté et alourdir la charge des CPAS, tout en dégradant les conditions de travail des salariés en général.

Si ces attaques contre les droits sociaux ne sont pas efficaces, quel est leur objectif ?

Je peux vous garantir que si l’objectif est de faire des économies, cette mesure ne remplira certainement pas les caisses de l’État ! Le chômage complet indemnisé ne représente qu’environ 3 % du budget global de la sécurité sociale. Il est donc grand temps d’arrêter de propager l’idée fausse selon laquelle les chômeurs coûteraient trop cher aux finances publiques !

L’objectif du futur gouvernement est clair: fragiliser les travailleurs pour les forcer à accepter des emplois précaires. C’est une stratégie qui exerce une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, et elle profite avant tout aux employeurs en quête de main-d’œuvre bon marché.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2009 et 2019, 65 % des emplois créés à Bruxelles étaient précaires, notamment des temps partiels subis, des contrats temporaires et des faux indépendants. Ces emplois précaires touchent principalement des publics déjà discriminés ou fragilisés : les femmes, les jeunes et les personnes d’origine étrangère.

Quels leviers devraient être actionnés pour améliorer la situation de l’emploi, en particulier à Bruxelles ?

Il est temps de cesser de stigmatiser les chômeurs et de s’attaquer aux véritables causes des problèmes du marché de l’emploi. Ce n’est pas en appauvrissant une partie de la population qu’on construit une société juste.

À la FGTB, nous appelons à des politiques d’emploi qui renforcent les droits sociaux, investissent dans l’humain et responsabilisent les employeurs. Une économie forte repose sur des travailleurs respectés et un dialogue social constructif.

À Bruxelles, le défi est d’autant plus important que près de la moitié des chômeuses et chômeurs de longue durée ont plus de 50 ans. Ces personnes, déjà fragilisées sur le marché du travail, seront particulièrement touchées par une limitation dans le temps des allocations de chômage, alors même qu’elles ont de faibles chances de retrouver un emploi.

Un autre levier essentiel est de simplifier et rendre accessible la reconnaissance des diplômes étrangers. En mars 2023, 43,5 % des demandeurs d’emploi inscrits chez Actiris étaient classés dans la catégorie « étranger sans équivalence », représentant environ 38 300 individus. Ces personnes, souvent qualifiées, se heurtent à des obstacles administratifs et financiers qui empêchent la valorisation de leurs compétences, privant le marché de l’emploi de ressources précieuses.

L’investissement massif dans la formation et l’accompagnement personnalisé doit aussi rester une priorité pour favoriser l’insertion professionnelle durable. À Bruxelles, 64,9 % des emplois sont occupés par des diplômés du supérieur, ce qui reflète une économie fortement tertiarisée et exigeante en termes de qualifications. Les postes nécessitant de faibles qualifications ne concernent qu’un emploi sur dix à Bruxelles. Pourtant, en 2023, 16.500 demandeurs d’emploi n’avaient qu’un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur.

Nous devons enfin responsabiliser les employeurs de la capitale. Cela passe par l’obligation de communiquer leurs offres d’emploi à Actiris, afin de mieux objectiver les fonctions en pénurie et de garantir une transparence sur les opportunités et la qualité des emplois proposés. Cela passe aussi par le respect de leurs obligations en matière de formation, pour améliorer les compétences des travailleurs et favoriser leur maintien dans l’emploi. Il faut aussi favoriser la création d’emplois de qualité, notamment pour les publics discriminés ou fragilisés. Nous devons également définir ce qu’on entend par un « emploi de qualité » et lier les aides aux entreprises à cette notion. Il faut enfin lutter plus intensément contre les pratiques de discrimination à l’emploi.

Ces mesures, si elles sont adoptées, peuvent réellement transformer le marché de l’emploi bruxellois en le rendant plus inclusif, équitable et durable.

Vous trouvez que la qualité de l’emploi à Bruxelles laisse à désirer ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes… Entre 2009 et 2019, 65 % des emplois créés étaient précaires : temps partiels subis, contrats temporaires, intérim, faux indépendants, ou travail au noir. Ces emplois précaires touchent de manière disproportionnée des publics discriminés : 90 % des jeunes femmes peu qualifiées occupent un emploi précaire à Bruxelles et 53 % des jeunes de 15 à 24 ans sont employés dans le cadre d’un contrat temporaire.

D’après les chiffres de View.brussels, en 2023, 14,6 % des travailleurs bruxellois avaient un emploi temporaire, un taux supérieur à celui observé en Wallonie et en Flandre. Chez les femmes, ce chiffre atteint 15,6 %. En Wallonie, seuls un tiers des offres d’emploi sont des CDI, et en Flandre, ce chiffre atteint à peine 39 %. À Bruxelles, bien que 50 % des offres soient des CDI, plus d’un tiers sont des missions d’intérim, ce qui augmente encore la précarité de l’emploi.

Quels obstacles freinent encore l’accès à l’emploi pour de nombreux travailleurs à Bruxelles ?

Au-delà des problèmes liés aux pratiques de discrimination ou de surqualification à l’embauche de certains employeurs, je pense encore à la question de la qualification. Les demandeurs d’emploi peu qualifiés peinent aujourd’hui à trouver leur place sur le marché de l’emploi bruxellois.

Malgré une baisse continue de la proportion de demandeurs d’emploi peu qualifiés ces dix dernières années (passant de 65,9 % en 2013 à 61,7 % en 2023), cette population reste fortement surreprésentée. Les taux de sortie vers l’emploi pour les moins qualifiés restent particulièrement faibles, ce qui accentue leur exclusion.

Il est donc impératif d’investir massivement dans l’accompagnement personnalisé pour permettre à ces travailleurs d’acquérir les compétences demandées sur le marché bruxellois. Des initiatives ciblées sont nécessaires pour répondre à la problématique et permettre à ces personnes de s’adapter aux exigences d’un marché du travail en constante évolution.

Par ailleurs, ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale qui valorise à la fois la reconnaissance des compétences existantes et l’accès à des parcours de formation adaptés. C’est ainsi que nous pourrons non seulement lever les barrières structurelles à l’emploi, mais aussi créer des opportunités pour les publics les plus fragilisés.


[1] l’Observatoire bruxellois de l’emploi et de la formation d’Actiris

[2] L’Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse de perspective.brussels

Qu’est-ce qui change en 2025 ?

Indexation, chômage temporaire, tarifs d’électricité plus élevés, extension du congé de parentalité d’accueil et d’adoption, suppléments chez le médecin… Qu’est-ce qui change en 2025 en matière de santé, de politique sociale et de droits sociaux ? 

Le chômage temporaire passe au digital

À partir de 2025, le formulaire de demande de chômage temporaire passe au digital. La carte de contrôle permettant de percevoir des allocations sera entièrement numérisée. 

Plus d’info sur le site de la FGTB

Âge de la pension relevé et conditions plus strictes pour la pension minimum

Le 1er janvier 2025, l’âge légal de la pension passera à 66 ans, le nouveau bonus pension entrera en vigueur, les conditions d’accès à la pension minimum deviendront plus strictes et les limites de revenus pour les pensionnés seront étendues aux flexi-jobs.

Lisez l’article sur le site de la FGTB

Indexation des salaires et des allocations

En janvier, grâce à l’indexation automatique, les salaires d’un grand nombre de travailleurs et travailleuses seront adaptés à la hausse des prix. Pour le secteur de l’horeca, l’alimentation, le transport, le commerce international et la logistique, le salaire brut pourrait augmenter de 3,57 %. Dans la commission paritaire 200, qui concerne un demi-million d’employés travaillant dans des centres d’appels, des agences d’intérim, l’ICT, le conseil, les agences de voyage, les bureaux d’études, les agences de publicité, l’industrie graphique, les entreprises de construction, le commerce de gros, etc., une indexation similaire est attendue.

Le Bureau fédéral du Plan prévoit que, en raison de la hausse des prix, le prochain indice-pivot sera atteint en janvier 2025. Grâce à notre système unique d’indexation automatique, les allocations augmenteront alors de 2% en février, permettant à ceux qui dépendent d’une allocation de maintenir leur pouvoir d’achat. Les salaires dans le secteur public et dans le secteur social suivraient en mars.

Fin du gel des tarifs maximums des suppléments d’honoraires

En 2025, le gel des tarifs maximums des suppléments d’honoraires dans les hôpitaux prendra fin. Cela signifie que les hôpitaux et les médecins pourront à nouveau facturer des suppléments d’honoraires aux patients alités.

La FGTB le regrette. Ce gel des tarifs protégeait les patients contre des factures trop élevées et les médecins contre des versements plus importants à l’hôpital. Bien sûr, il existe toujours des tarifs légaux, mais dans certaines circonstances, les hôpitaux sont autorisés à facturer des suppléments pour les chambres et des suppléments d’honoraires pour les médecins.

L’interdiction de facturer des suppléments aux patients vulnérables étendue aux médecins et aux dentistes

Il est interdit aux infirmiers, sage-femmes, kinésithérapeutes et paramédicaux, tels que les logopèdes, de facturer des suppléments aux patients socialement et financièrement vulnérables. À partir de 2025, cette interdiction sera étendue aux médecins et aux dentistes. C’est une bonne chose. Elle offre une sécurité et des soins abordables aux personnes précarisées qui font appel à un dentiste ou à un médecin sans être admises à l’hôpital.

Chez les médecins :

Chez les dentistes :

Report des congés légaux

En 2025, vous pourrez prendre les éventuels jours de congé légaux que vous n’avez pas pu prendre en 2024 pour cause de maladie et d’accident « ordinaire », de maladie professionnelle et d’accident du travail, de congé de maternité, de congé de maternité transformé en cas d’hospitalisation ou de décès de la mère, de congé de naissance, de congé d’allaitement, de congé d’adoption, de congé d’accueil familial ou de congé de parent d’accueil.

Auparavant, si un salarié tombait malade pendant ses vacances, il ne pouvait pas les conserver et les perdait. Cela a changé le 1er janvier 2024. De cette manière, tout le monde conserve le droit à quatre semaines de vacances par an.

Plus d’info sur le site de la FGTB

Versement mensuel du congé de naissance

À partir du 1er janvier 2025, les caisses d’assurance maladie verseront l’allocation de congé de naissance mensuellement et non plus à la fin de la période de congé. L’employeur devra donc fournir des informations mensuelles à partir de 2025.

La naissance d’un enfant donne droit à un congé de naissance de 20 jours pour le père ou la coparente. Pendant les 3 premiers jours, il ou elle perçoit son salaire normal. Pour les 17 jours restants, la caisse d’assurance maladie prend le relais. Le père ou la coparente peut choisir à quel moment il ou elle prendra ces 17 jours, mais il faut le faire dans les quatre mois qui suivent la naissance. Jusqu’à présent, la caisse d’assurance maladie ne versait des indemnités que lorsque tous les jours étaient pris ou lorsque le délai de 4 mois était écoulé. Car ce n’est qu’à ce moment-là que la déclaration était envoyée par l’employeur. Désormais, tout se passera mensuellement.

Extension du congé d’adoption et d’accueil

Si vous demandez un congé d’adoption ou de parentalité d’accueil à partir du 1er janvier 2025, et que ce congé débute également à partir de cette date, vous aurez droit à une semaine supplémentaire par rapport à 2024. Cette semaine supplémentaire sera ajoutée au « crédit supplémentaire », à répartir entre les parents adoptifs ou d’accueil.
Le congé d’adoption et le congé de parentalité d’accueil se composent de deux parties :
•    Un droit de 6 semaines par parent adoptif ou d’accueil ;
•    Un crédit ou droit supplémentaire à répartir entre les deux parents adoptifs ou d’accueil.

Ce crédit supplémentaire est passé à 3 semaines le 1er janvier 2023, et il augmentera à 4 semaines le 1er janvier 2025. À partir du 1er janvier 2027, il passera à 5 semaines.

Les communes voient le soutien fédéral à l’aide financière supplémentaire supprimé 

L’une des fonctions essentielles d’un CPAS est de veiller à ce que les citoyens et citoyennes de leur commune puissent mener une vie digne. Pour atteindre cet objectif, les assistants sociaux peuvent déterminer si une aide financière supplémentaire, distincte du revenu d’intégration, se justifie parfois, en fonction des situations des bénéficiaires. Ces derniers, lorsqu’ils bénéficient d’une telle aide, s’engagent à suivre un parcours d’activation sociale ou professionnelle.

Plus de 7 CPAS sur 10 ont utilisé des subventions fédérales à cette fin. Ces subventions se sont élevées à plus de 2 millions d’euros pour des grandes villes comme Anvers et Liège et un million et demi pour Charleroi et Bruxelles. Malheureusement, ce soutien expirera à la fin de l’année 2024. 

Les CPAS, et donc les villes et communes, compte tenu de leur situation financière généralement précaire, pourront-elles continuer à fournir cette aide financière supplémentaire avec leurs propres ressources ? Rien n’est moins sûr. Il y a donc un risque que cette aide diminue ou ne soit plus accordée. Si le prochain gouvernement fédéral décidait de rendre cette aide structurelle, la protection sociale des personnes ne diminuerait pas et les aides pourraient en outre être harmonisées et objectivées. 

Les tickets de train plus chers à partir de février

Le prix des billets de train sera indexé le 1er février 2025, ce qui signifie qu’ils augmenteront à nouveau. Les tarifs des billets (Standard, bénéficiaires de l’intervention majorée, Senior, Youth, Tickets Weekend, Local Multi, Youth Multi et Standard Multi) en deuxième classe augmenteront de 2,91 %. Les tarifs des abonnements (Standard, Flex, Mi-temps, Student, City pass et Unlimited Abonnement) augmenteront de 3,03 %. 

L’impact concret des nouveaux tarifs de la SNCB sur les jeunes et les seniors n’est pas encore clair. En effet, le ticket Senior et le ticket Youth seront supprimés en 2025 et la SNCB les remplacera par des réductions. Nous reviendrons sur le sujet dès que nous en saurons plus.

Tarifs d’électricité en hausse

À partir du 1er janvier 2025, les tarifs du gestionnaire de réseau Elia pour le transport de l’électricité via les lignes à haute tension augmenteront. Cela ne représente qu’environ 3 % de notre facture énergétique, mais le prix passera de 12,14 euros par MWh en 2024 à 21,55 euros par MWh en 2025. Selon les calculs, cela entraînerait une augmentation annuelle de 40 euros pour une famille moyenne.

Au sein du conseil consultatif de la CREG, la Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz, les syndicats et les employeurs avaient recommandé de ne pas appliquer cette hausse des coûts. Cependant, le gouvernement n’a pas suivi cet avis et a autorisé Elia à augmenter ses tarifs. Une raison de plus pour envisager la nationalisation complète de ce gestionnaire de réseau.

Le Fonds de fermeture des entreprise étendu

Le « Fonds de fermeture des entreprises » (FFE) indemnise les travailleurs licenciés en raison de la fermeture de leur entreprise. Jusqu’à présent, les entreprises sans finalité commerciale ou industrielle étaient exclues de ce dispositif. Cela va changer.
En cas de fermeture à partir du 1er janvier 2025, une indemnité de fermeture sera également due aux travailleurs des entreprises sans finalité commerciale ou industrielle.

Pour plus d’informations sur l’indemnité de fermeture, consultez le site de l’ONEM

Calcul annuel du seuil pour les lanceurs d’alerte

Les entreprises comptant plus de 50 travailleurs sont tenues de mettre en place une procédure, un canal de signalement et un suivi permettant aux employés de signaler certaines infractions au droit de l’Union européenne dans un contexte professionnel. Les lanceurs d’alerte, c’est-à-dire les employés qui dénoncent ces infractions, sont protégés contre les représailles.
À partir de 2025, le seuil de 50 travailleurs sera calculé chaque année.
Plus d’infos ? Consultez la brochure  FGTB « Lanceurs d’alerte »

Lutte contre le dumping social

À partir du 1er janvier 2025, les sous-traitants des secteurs de la construction, de l’industrie de la viande et du déménagement ne pourront plus confier l’exécution de la totalité des prestations qui leur ont été confiées à un (autre) sous-traitant. Pour le secteur du déménagement, spécifiquement, la chaîne de sous-traitance sera à l’avenir limitée à maximum 3 niveaux. 

En Flandre, dès le 1er janvier 2025, la responsabilité en chaîne sera également mise en œuvre avec des obligations accrues pour les entrepreneurs afin de lutter contre l’emploi illégal de ressortissants de pays tiers. La FGTB, qui lutte depuis des années contre le dumping social, se réjouit que les chaînes de sous-traitance soient mieux encadrées. Cependant, nous continuons à exiger une responsabilité solidaire effective pour l’ensemble de la chaîne de sous-traitance.

Chômage temporaire : carte de contrôle numérique obligatoire dès le 1er janvier 2025 !

À partir de 2025, les chômeurs temporaires ne pourront plus remplir leur carte de contrôle pour bénéficier des allocations que sous forme numérique. La carte de contrôle papier sera supprimée. La nouvelle carte de contrôle électronique, appelée eC3.2, existe en version PC ou en version app disponible pour les smartphones. Vous vous connectez via itsme ou via eID. 

Plus d’infos sur le site de la FGTB

Signer numériquement le formulaire de demande de chômage temporaire 

Si votre employeur vous met au chômage temporaire, il doit l’indiquer. Vous devez en informer votre organisme payeur, la FGTB, afin qu’un dossier soit constitué. Cette démarche n’est pas nécessaire au début de chaque période de chômage temporaire, mais elle l’est lorsque

La nouveauté de 2025 est que vous pouvez effectuer cette démarche entièrement en ligne. Vous informez la FGTB via le formulaire de contact de MyFGTB. Vous recevrez alors un document prérempli que vous examinerez et signerez numériquement.

La FGTB assure ensuite le suivi de votre dossier et le met en ordre.

Moins de paperasserie, moins de déplacements, moins d’impressions inutiles.

Un taux de chômage stable à Bruxelles ? Derrière les chiffres, une réalité bien moins réjouissante !

Les chiffres d’Actiris confirment ce que nous dénonçons depuis des années : les politiques publiques mises en œuvre au niveau fédéral (limitation dans le temps des allocations d’insertion, conditions d’accès au chômage trop strictes, contrôle et exclusion des chômeurs, dégressivité des allocations de chômage…) fragilisent les plus précaires et engorgent les CPAS, au lieu de fournir des solutions durables en termes de mise à l’emploi.

Ces politiques, punitives et inefficaces, ne fonctionnent pas : 77% des personnes exclues en 2015 par la limitation dans le temps des allocations d’insertion n’ont pas retrouvé d’emploi. Quant aux personnes dont les allocations diminuent, elles n’ont qu’un taux de sortie vers l’emploi de 30%.

L’augmentation importante du nombre de chercheurs d’emploi bénéficiaires du CPAS (+19,2%) et la progression du nombre de demandeurs d’emploi non indemnisés – qui représentent aujourd’hui près de 1 demandeur d’emploi sur 2 – soulignent la nécessité de mettre en place des politiques plus efficaces d’accompagnement et d’insertion sur le marché du travail, notamment pour les publics les plus vulnérables.

Les employeurs doivent aussi prendre leurs responsabilités : créer des emplois de qualité, garantir des opportunités de formation accessibles et agir concrètement contre les discriminations à l’embauche.

Pour la FGTB Bruxelles, il est urgent de repenser nos politiques d’emploi afin de garantir des droits sociaux solides pour toutes et tous. La précarité n’est pas une solution, plus d’efficacité et un maintien de la solidarité, oui !

BX1 – Le taux de chômage stable à Bruxelles

Faciliter le travail des sans-papiers : une nécessité pour Bruxelles !

Photo: Hatim Kaghat / Belga Photo /dpa / picture alliance

En Espagne, une nouvelle loi permettra dès mai 2025 aux sans-papiers d’accéder au marché du travail, notamment dans les secteurs en pénurie. Une mesure audacieuse, détaillée sur le site Infomigrants (Régularisation des migrants en Espagne : ce que contient la nouvelle loi), prouve qu’une régularisation juste et efficace est possible.

Et à Bruxelles ? Rien ne bouge. La Région bruxelloise continue de se priver de compétences précieuses en maintenant des restrictions injustifiées. L’article 34,7° de l’arrêté royal du 9 juin 1999 lie encore le titre de séjour au permis de travail, empêchant ainsi des personnes en attente de régularisation de contribuer au marché de l’emploi. Pourtant, cette contrainte a déjà été levée dans d’autres Régions. Pourquoi pas à Bruxelles ?

Les solutions avancées par Brupartners sont simples et concrètes :

Pour la FGTB Bruxelles, il est temps d’agir ! Inspirons-nous de l’Espagne et faisons de Bruxelles une Région qui place la solidarité et l’efficacité au cœur de ses décisions.

STOP aux violences faites aux femmes !

La FGTB se mobilise contre les violences faites aux femmes

À Bruxelles, 13 cas de violences intrafamiliales sont enregistrés chaque jour, dont 7 impliquent des violences physiques dans le couple. Et ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, car les violences à l’égard des femmes prennent de nombreuses formes : harcèlement, violences conjugales, violences sexuelles, mariages forcés, violences psychologiques ou économiques.

Ces violences touchent chaque jour de nombreuses femmes, mais elles sont trop souvent tues, cachées, ignorées.

Ces violences ne sont pas une fatalité.

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la FGTB Bruxelles rappelle l’urgence d’agir pour protéger les victimes et pour en finir avec ces violences structurelles.

✋ Lever la main, c’est refuser d’être complice. C’est agir, dénoncer, et exiger des moyens pour protéger celles qui les subissent.

Limitation dans le temps des allocations de chômage : une offensive politique contre un droit salarial fondamental

Dans cette note Econosphères, Samuel Droolans (FGTB Bruxelles) et Cédric Leterme (Gresea) analysent en profondeur la volonté du futur gouvernement MR-N-VA de limiter le droit au chômage à deux ans. Ils démontent les fausses justifications (chômage de longue durée, métiers en pénurie, coût du système) et montrent comment cette réforme menace la sécurité sociale, aggrave la précarité et fait peser la charge sur les CPAS et les communes.

Une lecture essentielle pour comprendre ce qui se joue derrière cette mesure.

Limitation dans le temps des allocations de chômage : une offensive politique contre un droit salarial fondamental


Econosphères est un réseau d’organisations et de chercheur·euses, dont la FGTB Bruxelles, qui vise à replacer les enjeux économiques au cœur du débat démocratique.

Plus de 30.000 personnes dans les rues de Bruxelles pour défendre le secteur non marchand

Ce jeudi nous étions plus de 30.000 dans les rues pour défendre le secteur non marchand !

Les métiers du social, de la santé, de l’éducation et de la culture sont en crise. Les hôpitaux, maisons de repos, écoles, services d’aide sociale et lieux culturels peinent à remplir leurs missions avec des équipes réduites et des moyens insuffisants.

Infirmier·es, aide-soignant·es, assistant·es sociaux·ales, ambulancier·es, enseignant·es, artistes : ces métiers essentiels, ces métiers de vocation, sont épuisés par des conditions de travail intenables.

Nous exigeons du respect, des moyens et une vraie reconnaissance pour le secteur non marchand !

Notre santé, notre éducation, notre culture et nos droits sociaux sont en jeu ! Investissons dans celles et ceux qui nous soignent, nous forment et font vivre le lien.

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Supernote De Wever – Bouchez : « Un projet de gouvernement qui détruit les droits sociaux et sabote les finances communales »

Une interview de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles

Les CPAS sont déjà à bout de souffle après plusieurs crises successives. Entre la crise Covid, la crise énergétique et l’augmentation des publics fragilisés, les CPAS bruxellois sont confrontés à une augmentation exponentielle des bénéficiaires. Cette surcharge met à rude épreuve leurs capacités organisationnelles et financières. C’est dans ce contexte tendu que la supernota de De Wever – Bouchez propose une mesure qui pourrait les pousser à la rupture : la limitation des allocations de chômage dans le temps.

Pour mieux comprendre les impacts de cette mesure sur les communes bruxelloises, nous avons interrogé Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles. Elle nous livre ses inquiétudes quant aux conséquences dramatiques de cette réforme sur les finances publiques, les CPAS et les travailleurs de la Région bruxelloise.

Quel serait l’impact de cette réforme à Bruxelles ?

À Bruxelles, cette réforme toucherait près de 30.000 personnes, soit la moitié des chômeuses et chômeurs bruxellois. Parmi eux, les jeunes de 18 à 25 ans sont particulièrement concernés. Cette tranche d’âge représente un tiers des bénéficiaires du RIS, et est déjà la plus touchée par la pauvreté. Cette réforme risque de précariser encore plus ces jeunes, compromettant leur avenir.

Certaines communes, comme Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe ou Woluwe-Saint-Pierre, pourraient voir la demande de RIS augmenter de 40 à plus de 100 %. Selon une étude de Brulocalis, l’impact financier serait colossal : si 100 % des 27 709 demandeurs d’emploi indemnisés de plus de 2 ans sollicitaient le RIS, le coût total annuel pour les pouvoirs locaux s’élèverait à 121,2 millions d’euros. Même dans un scénario plus réaliste, où 60 % des chômeurs de longue durée feraient appel au RIS, le coût serait tout de même de 72,7 millions d’euros par an à charge des communes.

On peut donc dire avec certitude que l’Arizona nous enfume ! Cette mesure n’est pas une mesure d’économie, mais simplement un transfert de charge du fédéral vers les communes, les CPAS et in fine la Région bruxelloise ! C’est aussi une régionalisation déguisée d’une partie importante de la sécurité sociale, qui met encore plus de pression sur des finances locales déjà fragilisées.

Les CPAS, qui sont déjà sous pression, ont-ils la capacité d’assumer cette charge de travail supplémentaire, tant au niveau financier qu’en termes de personnel ?

En plus du coût des allocations, les CPAS devront aussi couvrir les frais liés au personnel, à l’encadrement et aux infrastructures pour faire face à l’augmentation des demandes. Le scénario médian, estimé par la fédération des CPAS, prévoit qu’environ 60 % des chômeurs de longue durée demanderont le RIS, entraînant un coût annuel de 93 millions d’euros. Ce montant inclut les dépenses nécessaires à l’embauche d’assistants sociaux et de personnel administratif pour traiter ces nouveaux dossiers.

Le public qui s’adresse aux CPAS a également changé : les demandeurs sont non seulement plus nombreux, mais ils présentent aussi des problématiques plus complexes et diversifiées. Cela alourdit non seulement la charge de travail, mais pèse également sur le bien-être psychologique des travailleurs sociaux, qui se retrouvent de plus en plus souvent confrontés à des situations difficiles à gérer. Ce sont des dossiers plus lourds, ce qui ajoute encore à la pression que subissent les équipes déjà débordées.

Pour compliquer la situation, la supernota De Wever – Bouchez propose de lier les subventions des CPAS aux résultats obtenus en matière de réinsertion professionnelle. Cette approche est non seulement contreproductive, mais elle signifie une pression supplémentaire sur des travailleurs sociaux déjà à bout. 60 % des chômeurs de longue durée sont sans emploi depuis plus de cinq ans. Conditionner les subventions aux résultats est à la fois irréaliste et injuste.

la réforme pourrait entraîner une augmentation importante du nombre de personnes inscrites au CPAS dans les différentes communes de Bruxelles, avec des pics alarmants dans certaines d’entre elles

Le non-recours aux droits est une réalité à Bruxelles. Cette mesure risque-t-elle d’aggraver encore la précarité ?

Oui, absolument. C’est déjà une réalité préoccupante à Bruxelles : de nombreuses personnes renoncent à demander l’aide qui leur est due, souvent en raison de la complexité administrative ou de la stigmatisation. Avec cette nouvelle mesure, ce phénomène risque de s’intensifier, ce qui accentuerait encore la précarité dans une Région où le taux de pauvreté est déjà très élevé. Cela priverait davantage de familles des aides essentielles auxquelles elles ont droit, aggravant ainsi les inégalités à Bruxelles.

Vous évoquez une dégradation des conditions de travail pour l’ensemble des travailleurs. Pouvez-vous nous expliquer ?

On pousse les chômeurs concernés à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quelles conditions. Cela aura évidemment un impact direct sur eux, mais aussi sur l’ensemble des travailleurs. En tirant vers le bas les conditions salariales et de travail, c’est tout le système qui se dégrade ! Et à terme, tous les travailleurs vont en pâtir. C’est une véritable menace pour le marché du travail dans son ensemble.

Quelles leçons peut-on tirer à la veille des élections communales ?

Il faut tirer des conclusions claires en pleine campagne communale. Le MR et les Engagés nous promettent monts et merveilles, mais une fois au pouvoir, qu’est-ce qu’ils font ? Ils s’allient à la N-VA pour démolir notre protection sociale, appauvrir les familles et détruire les finances communales ! Et au final, ces communes ne pourront plus assurer les services essentiels à la population. Il faut en être conscient au moment de voter et ne pas croire aux promesses de ces partis !

Mobilisation massive à Bruxelles contre l’extrême droite

Ce dimanche, plus de 4.500 personnes ont bravé la pluie battante pour défiler dans les rues de Bruxelles et exprimer leur refus de l’extrême droite et du racisme. Organisée par la Coordination antifasciste de Belgique, cette mobilisation a rassemblé une vingtaine de mouvements sociaux et d’organisations, affirmant haut et fort que la montée de l’extrême droite en Europe n’est pas une fatalité.

Après les élections européennes du 9 juin, qui ont vu une percée des partis d’extrême droite et populistes dans plusieurs pays – de la France à l’Allemagne, en passant par l’Italie et les Pays-Bas – la mobilisation antifasciste s’organise.

À Bruxelles, les nombreux manifestants ont tenu à envoyer un message clair : face aux discours de division et d’exclusion, nous défendons une société solidaire, égalitaire et démocratique.