Faciliter le travail des sans-papiers : une nécessité pour Bruxelles !
Photo: Hatim Kaghat / Belga Photo /dpa / picture alliance
En Espagne, une nouvelle loi permettra dès mai 2025 aux sans-papiers d’accéder au marché du travail, notamment dans les secteurs en pénurie. Une mesure audacieuse, détaillée sur le site Infomigrants (Régularisation des migrants en Espagne : ce que contient la nouvelle loi), prouve qu’une régularisation juste et efficace est possible.
Et à Bruxelles ? Rien ne bouge. La Région bruxelloise continue de se priver de compétences précieuses en maintenant des restrictions injustifiées. L’article 34,7° de l’arrêté royal du 9 juin 1999 lie encore le titre de séjour au permis de travail, empêchant ainsi des personnes en attente de régularisation de contribuer au marché de l’emploi. Pourtant, cette contrainte a déjà été levée dans d’autres Régions. Pourquoi pas à Bruxelles ?
Les solutions avancées par Brupartners sont simples et concrètes :
Rendre possible l’embauche de personnes présentes sur le territoire de la Région qui sont en attente d’une décision relative à leur droit de séjour
Permettre des permis de travail indépendants d’un employeur unique
Valoriser les compétences disponibles pour répondre aux besoins du marché du travail
Pour la FGTB Bruxelles, il est temps d’agir ! Inspirons-nous de l’Espagne et faisons de Bruxelles une Région qui place la solidarité et l’efficacité au cœur de ses décisions.
STOP aux violences faites aux femmes !
La FGTB se mobilise contre les violences faites aux femmes
À Bruxelles, 13 cas de violences intrafamiliales sont enregistrés chaque jour, dont 7 impliquent des violences physiques dans le couple. Et ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, car les violences à l’égard des femmes prennent de nombreuses formes : harcèlement, violences conjugales, violences sexuelles, mariages forcés, violences psychologiques ou économiques.
Ces violences touchent chaque jour de nombreuses femmes, mais elles sont trop souvent tues, cachées, ignorées.
Ces violences ne sont pas une fatalité.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la FGTB Bruxelles rappelle l’urgence d’agir pour protéger les victimes et pour en finir avec ces violences structurelles.
Lever la main, c’est refuser d’être complice. C’est agir, dénoncer, et exiger des moyens pour protéger celles qui les subissent.
Limitation dans le temps des allocations de chômage : une offensive politique contre un droit salarial fondamental
Dans cette note Econosphères, Samuel Droolans (FGTB Bruxelles) et Cédric Leterme (Gresea) analysent en profondeur la volonté du futur gouvernement MR-N-VA de limiter le droit au chômage à deux ans. Ils démontent les fausses justifications (chômage de longue durée, métiers en pénurie, coût du système) et montrent comment cette réforme menace la sécurité sociale, aggrave la précarité et fait peser la charge sur les CPAS et les communes.
Une lecture essentielle pour comprendre ce qui se joue derrière cette mesure.
Econosphères est un réseau d’organisations et de chercheur·euses, dont la FGTB Bruxelles, qui vise à replacer les enjeux économiques au cœur du débat démocratique.
Plus de 30.000 personnes dans les rues de Bruxelles pour défendre le secteur non marchand
Ce jeudi nous étions plus de 30.000 dans les rues pour défendre le secteur non marchand !
Les métiers du social, de la santé, de l’éducation et de la culture sont en crise. Les hôpitaux, maisons de repos, écoles, services d’aide sociale et lieux culturels peinent à remplir leurs missions avec des équipes réduites et des moyens insuffisants.
Infirmier·es, aide-soignant·es, assistant·es sociaux·ales, ambulancier·es, enseignant·es, artistes : ces métiers essentiels, ces métiers de vocation, sont épuisés par des conditions de travail intenables.
Nous exigeons du respect, des moyens et une vraie reconnaissance pour le secteur non marchand !
Notre santé, notre éducation, notre culture et nos droits sociaux sont en jeu ! Investissons dans celles et ceux qui nous soignent, nous forment et font vivre le lien.
Supernote De Wever – Bouchez : « Un projet de gouvernement qui détruit les droits sociaux et sabote les finances communales »
Une interview de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles
Les CPAS sont déjà à bout de souffle après plusieurs crises successives. Entre la crise Covid, la crise énergétique et l’augmentation des publics fragilisés, les CPAS bruxellois sont confrontés à une augmentation exponentielle des bénéficiaires. Cette surcharge met à rude épreuve leurs capacités organisationnelles et financières. C’est dans ce contexte tendu que la supernota de De Wever – Bouchez propose une mesure qui pourrait les pousser à la rupture : la limitation des allocations de chômage dans le temps.
Pour mieux comprendre les impacts de cette mesure sur les communes bruxelloises, nous avons interrogé Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles. Elle nous livre ses inquiétudes quant aux conséquences dramatiques de cette réforme sur les finances publiques, les CPAS et les travailleurs de la Région bruxelloise.
Quel serait l’impact de cette réforme à Bruxelles ?
À Bruxelles, cette réforme toucherait près de 30.000 personnes, soit la moitié des chômeuses et chômeurs bruxellois. Parmi eux, les jeunes de 18 à 25 ans sont particulièrement concernés. Cette tranche d’âge représente un tiers des bénéficiaires du RIS, et est déjà la plus touchée par la pauvreté. Cette réforme risque de précariser encore plus ces jeunes, compromettant leur avenir.
Certaines communes, comme Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe ou Woluwe-Saint-Pierre, pourraient voir la demande de RIS augmenter de 40 à plus de 100 %. Selon une étude de Brulocalis, l’impact financier serait colossal : si 100 % des 27 709 demandeurs d’emploi indemnisés de plus de 2 ans sollicitaient le RIS, le coût total annuel pour les pouvoirs locaux s’élèverait à 121,2 millions d’euros. Même dans un scénario plus réaliste, où 60 % des chômeurs de longue durée feraient appel au RIS, le coût serait tout de même de 72,7 millions d’euros par an à charge des communes.
On peut donc dire avec certitude que l’Arizona nous enfume ! Cette mesure n’est pas une mesure d’économie, mais simplement un transfert de charge du fédéral vers les communes, les CPAS et in fine la Région bruxelloise ! C’est aussi une régionalisation déguisée d’une partie importante de la sécurité sociale, qui met encore plus de pression sur des finances locales déjà fragilisées.
Les CPAS, qui sont déjà sous pression, ont-ils la capacité d’assumer cette charge de travail supplémentaire, tant au niveau financier qu’en termes de personnel ?
En plus du coût des allocations, les CPAS devront aussi couvrir les frais liés au personnel, à l’encadrement et aux infrastructures pour faire face à l’augmentation des demandes. Le scénario médian, estimé par la fédération des CPAS, prévoit qu’environ 60 % des chômeurs de longue durée demanderont le RIS, entraînant un coût annuel de 93 millions d’euros. Ce montant inclut les dépenses nécessaires à l’embauche d’assistants sociaux et de personnel administratif pour traiter ces nouveaux dossiers.
Le public qui s’adresse aux CPAS a également changé : les demandeurs sont non seulement plus nombreux, mais ils présentent aussi des problématiques plus complexes et diversifiées. Cela alourdit non seulement la charge de travail, mais pèse également sur le bien-être psychologique des travailleurs sociaux, qui se retrouvent de plus en plus souvent confrontés à des situations difficiles à gérer. Ce sont des dossiers plus lourds, ce qui ajoute encore à la pression que subissent les équipes déjà débordées.
Pour compliquer la situation, la supernota De Wever – Bouchez propose de lier les subventions des CPAS aux résultats obtenus en matière de réinsertion professionnelle. Cette approche est non seulement contreproductive, mais elle signifie une pression supplémentaire sur des travailleurs sociaux déjà à bout. 60 % des chômeurs de longue durée sont sans emploi depuis plus de cinq ans. Conditionner les subventions aux résultats est à la fois irréaliste et injuste.
la réforme pourrait entraîner une augmentation importante du nombre de personnes inscrites au CPAS dans les différentes communes de Bruxelles, avec des pics alarmants dans certaines d’entre elles
Le non-recours aux droits est une réalité à Bruxelles. Cette mesure risque-t-elle d’aggraver encore la précarité ?
Oui, absolument. C’est déjà une réalité préoccupante à Bruxelles : de nombreuses personnes renoncent à demander l’aide qui leur est due, souvent en raison de la complexité administrative ou de la stigmatisation. Avec cette nouvelle mesure, ce phénomène risque de s’intensifier, ce qui accentuerait encore la précarité dans une Région où le taux de pauvreté est déjà très élevé. Cela priverait davantage de familles des aides essentielles auxquelles elles ont droit, aggravant ainsi les inégalités à Bruxelles.
Vous évoquez une dégradation des conditions de travail pour l’ensemble des travailleurs. Pouvez-vous nous expliquer ?
On pousse les chômeurs concernés à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quelles conditions. Cela aura évidemment un impact direct sur eux, mais aussi sur l’ensemble des travailleurs. En tirant vers le bas les conditions salariales et de travail, c’est tout le système qui se dégrade ! Et à terme, tous les travailleurs vont en pâtir. C’est une véritable menace pour le marché du travail dans son ensemble.
Quelles leçons peut-on tirer à la veille des élections communales ?
Il faut tirer des conclusions claires en pleine campagne communale. Le MR et les Engagés nous promettent monts et merveilles, mais une fois au pouvoir, qu’est-ce qu’ils font ? Ils s’allient à la N-VA pour démolir notre protection sociale, appauvrir les familles et détruire les finances communales ! Et au final, ces communes ne pourront plus assurer les services essentiels à la population. Il faut en être conscient au moment de voter et ne pas croire aux promesses de ces partis !
Mobilisation massive à Bruxelles contre l’extrême droite
Ce dimanche, plus de 4.500 personnes ont bravé la pluie battante pour défiler dans les rues de Bruxelles et exprimer leur refus de l’extrême droite et du racisme. Organisée par la Coordination antifasciste de Belgique, cette mobilisation a rassemblé une vingtaine de mouvements sociaux et d’organisations, affirmant haut et fort que la montée de l’extrême droite en Europe n’est pas une fatalité.
Après les élections européennes du 9 juin, qui ont vu une percée des partis d’extrême droite et populistes dans plusieurs pays – de la France à l’Allemagne, en passant par l’Italie et les Pays-Bas – la mobilisation antifasciste s’organise.
À Bruxelles, les nombreux manifestants ont tenu à envoyer un message clair : face aux discours de division et d’exclusion, nous défendons une société solidaire, égalitaire et démocratique.