Grève générale – Rassemblement place de la Monnaie : intervention de Florence Lepoivre, secrétaire générale
Chers camarades, Chers collègues du secteur culturel, Chers artistes, technicien·nes, travailleur·ses de l’ombre et de la lumière,
Aujourd’hui, nous sommes en grève.
Une grève pour défendre nos droits, nos acquis sociaux, notre dignité de travailleuses et de travailleurs.
Et si nous sommes ici, Place de la Monnaie, ce n’est pas un hasard.
C’est un lieu emblématique de la culture, de la création, de l’expression.
Un lieu où se croisent celles et ceux qui font vivre l’imaginaire, la critique, l’émancipation et la démocratie.
Et aujourd’hui, ce lieu devient aussi un espace de résistance. Comme il l’a été il y près de 200 ans.
Le statut d’artiste, vous le savez mieux que quiconque, c’est une conquête sociale.
Un statut qui n’est, certes, pas parfait, mais qui reconnaît la précarité structurelle du travail artistique, son caractère discontinu, ses périodes de création invisibles, les répétitions, les temps morts entre deux projets.
C’est un statut qui permet à des milliers de personnes de vivre de leur métier, de créer, de participer à la richesse collective, sans sombrer dans la pauvreté.
Et que fait ce gouvernement Arizona ? Il attaque. Encore.
Il remet en cause le cœur même du statut. Il le vide de sa substance. Il en remet en cause les fondements. Et ce n’est pas un hasard.
Une telle attaque, venant de la N-VA, on pouvait s’y attendre : La N-VA, ça fait des années qu’elle assèche les budgets culturels en Flandre, qu’elle démantèle les outils de création, qu’elle transforme les subventions en privilèges à supprimer.
Au MR, les masques tombent : on ne cache plus ce qu’on pense de la culture… je vous épargnerai la liste des attaques de Georges-Louis Bouchez contre les artistes… Il crache sur tout ce qui ne produit pas du profit immédiat. Il méprise la création, l’intelligence, le travail invisible derrière chaque spectacle, chaque film, chaque œuvre.
Ce mépris de classe, il n’a même plus besoin de le déguiser. C’est devenu une ligne politique.
Et puis il y a Les Engagés. Ceux qui disent non aujourd’hui… sont les mêmes qui ont signé hier les yeux fermés l’accord de gouvernement. Facile de se réveiller maintenant, quand la mobilisation monte…
Ce gouvernement veut trouver de l’argent ?
Qu’il commence par ceux qui accumulent les dividendes, qu’il n’attaque pas par celles et ceux qui peinent à finir le mois malgré leur talent.
Supprimer ou affaiblir le statut d’artiste, c’est tuer la culture.
Notre combat n’est pas corporatiste. Ce n’est pas un privilège qu’on défend.
Ce qu’on défend ici, c’est un modèle de société. Une société où la culture est un droit, pas un luxe. Une société où l’art, la critique, l’imaginaire, l’émotion, ont leur place. Une société où le travail culturel est reconnu comme un vrai travail, avec de vrais droits pour permettre à chacun, chacune d’en vivre dignement.
Et nous sommes aussi là pour défendre plus : l’art joue un rôle crucial en aidant à conscientiser sur les problèmes sociaux et politiques. L’art a la capacité de rassembler des hommes et des femmes autour d’une cause commune et de les inciter à agir, à penser. A contester donc. L’art peut inspirer et motiver les individus à se lever contre l’injustice, à lutter pour l’égalité et à défendre les principes démocratiques fondamentaux.
Et c’est justement ça qui pose problème à certains de nos dirigeants.
Alors aujourd’hui, levons-nous. Faisons entendre notre voix.
Contre le mépris. Contre les reculs sociaux. Contre la marchandisation de tout ce qui ne s’achète pas.
Parce que défendre le statut d’artiste, c’est aussi défendre la résistance, la liberté de ton et de création.
En un mot, c’est défendre la démocratie.
À Bruxelles aussi, la grève du 31 mars a été massive et déterminée !
Une mobilisation forte, dans les entreprises comme sur la place de la Monnaie, pour dire stop aux politiques antisociales du gouvernement Arizona. Merci aux grévistes et aux manifestant·es qui se sont largement mobilisé·es : la lutte continue ✊
Pourquoi faire grève le 31 mars ?
Parce que le gouvernement fédéral se moque du monde du travail. On nous annonçait un pouvoir d’achat en hausse, et des améliorations pour les carrières des travailleurs et travailleuses. Mais rien de tout cela ne se concrétise.
Le 31 mars, les travailleurs et travailleuses belges se mettent en grève générale, tant dans les secteurs privés que publics. Car il est temps que le monde du travail soit entendu.
Les attaques sont nombreuses et incessantes :
Le gouvernement BDW-Bouchez opère des coupes dans les pensions. Il faudra donc travailler plus longtemps, pour moins de pension.
La flexibilité est déjà poussée à l’extrême. Ce gouvernement en rajoute. Les employeurs, eux, sont dans un fauteuil.
Des économies sont réalisées sur le dos des pensionnés, des demandeurs d’emploi, dans les services publics. Les épaules les plus larges devraient porter les charges les plus lourdes. Ici, c’est loin d’être le cas.
Les femmes se retrouvent à nouveau en première ligne : la politique d’austérité les frappe particulièrement fort.
En bref : « ils ont menti ». Notre pouvoir d’achat allait augmenter, mais en réalité, il s’effrite de tous côtés.
Ce sont pourtant les travailleurs et travailleuses qui font tourner le pays et l’économie. Il est temps que leur voix soit entendue et qu’ils obtiennent leur juste part.
Faites grève le 31 mars : pour des pensions dignes, une durée de carrière tenable, un pouvoir d’achat renforcé, des services publics de qualité. En bref pour une société plus juste.
Quel impact aura l’accord de gouvernement sur moi si je suis…
Votre syndicat vous versera une indemnité de grève de 40 euros
L’eau à Bruxelles : un service public en péril
L’eau est un bien commun essentiel, mais à Bruxelles, sa gestion est menacée. VIVAQUA, l’opérateur public chargé de l’eau potable et des égouts, fait face à un sous-financement critique : une dette de plus d’un milliard d’euros, des hausses de tarifs (+43 % depuis 2022) et une réduction des investissements. Résultat : un réseau vieillissant, une explosion des factures impayées et plus d’un ménage sur cinq en situation de pauvreté hydrique.
Cette fiche d’actualité décrypte les causes de cette crise et propose des pistes pour un financement plus juste et durable de l’eau à Bruxelles. Plutôt que de faire peser ces coûts sur les seuls ménages, des alternatives existent pour préserver ce service public essentiel.
Tout savoir sur le droit de grève : le guide pratique de la FGTB
Grèves, piquets, actions collectives… Le droit de grève est un droit fondamental, protégé en Belgique et au niveau international. Mais concrètement, qu’a-t-on le droit de faire ? Quelles sont les limites à respecter ? Quels sont les rapports avec l’employeur, la police, les huissiers ?
Pour répondre à toutes ces questions, la FGTB met à votre disposition un guide pratique qui passe en revue 30 questions-réponses essentielles sur le droit de grève :
Qui peut faire grève ?
Comment organiser un piquet ?
Que faire en cas de contrôle ou d’intimidation ?
Quels recours en cas de problème ?
Un outil clair, accessible et indispensable pour toutes celles et ceux qui se mobilisent.
Investir dans la Défense, mais pas au détriment des politiques sociales !
17 milliards d’euros. C’est le montant que le gouvernement De Wever prévoit d’investir dans la Défense d’ici la fin de la législature. Un effort financier colossal pour atteindre, dès 2025, les fameux 2 % du PIB réclamés par l’OTAN, et même 2,5 % à l’horizon 2034.
Mais cet argent, il faudra bien aller le chercher quelque part… et pour le MR, comme le disait son président sur les ondes de la RTBF, ce sera notamment dans notre protection sociale :
« Nous allons devoir rediriger certains budgets pour préserver notre sécurité, qui est quand même la base de notre bien-être. […] Aujourd’hui, nous avons un État qui intervient dans chaque étape de votre vie. Il va falloir que l’État désinvestisse un petit peu des éléments qui sont des ‘effets d’aubaine’. On le fait au niveau régional, on le fait au niveau communautaire, on doit le faire au fédéral. Est-ce qu’on doit continuer à financer des allocations familiales quand on a plus de quatre enfants ? Est-ce que l’État doit assumer systématiquement nos choix personnels ? Ce sont de vraies questions. »
Pour la FGTB Bruxelles, ces soi-disant « vraies questions » trahissent une vision de la société néolibérale et rétrograde où la solidarité est réduite à un « effet d’aubaine », où les droits sociaux deviennent optionnels, et où ce sont les familles, les travailleuses et travailleurs, les allocataires sociaux qui deviennent les variables d’ajustement d’une politique budgétaire au service de la militarisation.
Les choix budgétaires sont des choix de société
Depuis des années, la droite nous répète qu’il faut réduire la dette, resserrer les dépenses et « diminuer le train de vie de l’État »… Bref, qu’il n’y a pas d’argent pour répondre aux besoins essentiels de la population :
Pas d’argent pour revaloriser les pensions et garantir une pension minimum décente,
Pas d’argent pour augmenter les salaires,
Pas d’argent pour renforcer les soins de santé et réduire les factures médicales,
Pas d’argent pour développer le logement social, lutter contre la pauvreté ou investir dans l’accueil de la petite enfance,
Pas d’argent pour faire face aux défis de l’urgence climatique et environnementale…
Faut-il rappeler qu’en Belgique les inégalités (en ce compris celles de patrimoine) ne cessent de se creuser ? Que la pauvreté infantile atteint des records ? Que les listes d’attente pour un logement social ou une crèche explosent ? Que les hôpitaux manquent de personnel, sont sous-financés et que les maisons de repos sont à bout de souffle ?
Mais quand il s’agit d’acheter des armes, des chars ou des avions de chasse, la volonté politique est là et les milliards se trouvent.
Qu’on s’entende bien : personne ne nie l’importance de garantir la sécurité du pays dans un contexte international incertain. Mais à quel prix, et surtout, sur le dos de qui ?
À la FGTB Bruxelles, nous refusons que la hausse du budget de la Défense se fasse sur le dos de celles et ceux qui ont le plus besoin de la solidarité collective.
La sécurité sociale doit rester notre première défense
Notre première ligne de défense, c’est la sécurité sociale. Celle qui protège les travailleuses et travailleurs quand ils perdent leur emploi, quand ils tombent malades, quand ils prennent leur pension.
Ce sont les services publics, qui garantissent l’accès à la santé, à l’éducation, à la justice.
C’est la solidarité collective, qui fait que personne ne reste sur le bord du chemin.
Sacrifier ces piliers pour financer davantage de militaires et de matériel de guerre, ce n’est pas protéger la population, c’est la fragiliser et l’abandonner.
Assurer notre sécurité ne doit pas se limiter à s’armer jusqu’aux dents.
À la FGTB Bruxelles, nous défendons une sécurité qui protège réellement : celle de pouvoir se loger, se soigner, vivre dignement de son travail, partir à la retraite sans sombrer dans la pauvreté.
La sécurité, c’est avant tout pouvoir vivre dignement.
La sécurité, c’est avant tout un travail de qualité, une pension décente, un logement abordable, un accès aux soins pour toutes et tous.
La sécurité, ce n’est pas seulement un pays plus armé, c’est avant tout une société juste et plus égalitaire.
Allez chercher l’argent là où il se trouve !
Ce n’est pas aux familles, aux travailleuses et aux travailleurs, aux demandeurs d’emplois, aux malades, aux pensionnés de financer la Défense. Il est temps d’aller chercher l’argent là où il est :
Dans les cadeaux fiscaux accordés aux multinationales et aux grandes entreprises,
Dans la fraude et l’évasion fiscale, que le SPF Finances estime à 30 milliards d’euros par an,
Chez les riches, qui échappent encore à un impôt juste et redistributif.
Si le gouvernement De Wever veut engager le pays dans un effort militaire inédit, il doit aussi avoir le courage de faire contribuer celles et ceux qui en ont les moyens.
Jean-Michel Cappoen Président de la FGTB Bruxelles
Florence Lepoivre Secrétaire générale de la FGTB Bruxelles
Reconversion du site Audi : un enjeu industriel pour Bruxelles
Cette fiche d’actualité revient sur la fermeture de l’usine Audi à Forest et sur les enjeux liés à la reconversion de ce site de 54 hectares, l’un des derniers grands espaces industriels de la Région.
Elle rappelle l’importance de préserver une activité productive à Bruxelles, la nécessité d’une implication forte des pouvoirs publics et formule les revendications syndicales pour garantir emploi, justice sociale et développement industriel durable.
54 hectares stratégiques sur l’ancien site Audi à Forest : une nouvelle dynamique industrielle pour Bruxelles !
Le 28 février 2025, Audi Brussels a définitivement fermé ses portes, mettant un terme à une activité industrielle qui a façonné le tissu économique de Bruxelles depuis plus de 75 ans. Cette fermeture entraînera également la perte de leur emploi pour plus de 3500 travailleurs et leurs familles, avec toutes les conséquences sociales que cela implique.
Avec ses 54 hectares idéalement situés à Forest, le site suscite de nombreuses convoitises et soulève des questions cruciales quant à son avenir.
La FGTB Bruxelles insiste pour que cette reconversion soit un moteur du redéploiement industriel et de la création d’emplois durables, contribuant ainsi au développement économique de la Région.
Un enjeu stratégique pour l’avenir de Bruxelles
Le site d’Audi Brussels représente l’une des dernières grandes réserves foncières industrielles de la capitale.
Dans un contexte où les terrains destinés à l’industrie se font de plus en plus rares, il est essentiel de garantir la pérennité d’un espace dédié aux activités productives.
Pourtant, certaines voix s’élèvent pour encourager la délocalisation d’entreprises industrielles bruxelloises vers d’autres régions, libérant ainsi de l’espace pour de nouveaux logements.
Cette approche, sous couvert de développement urbain, risque en réalité d’entraîner une érosion supplémentaire des capacités industrielles de Bruxelles et de priver la Région d’emplois essentiels.
Lutter contre la logique spéculative
L’expérience des reconversions industrielles en Belgique et ailleurs démontre qu’une gestion publique proactive est indispensable pour éviter la spéculation foncière et garantir une affectation en cohérence avec les besoins économiques et sociaux de la population.
À Anvers ou Charleroi, la disparition d’usines emblématiques a souvent entraîné des projets de réaménagement tardifs ou déconnectés des réalités locales. À Bruxelles, il est impératif que la Région joue un rôle central dans la maîtrise foncière du site et ne laisse pas Audi fixer seule les règles du jeu en cherchant à maximiser la valeur de revente du terrain.
Nos revendications pour le site Audi Brussels
La FGTB Bruxelles défend une reconversion industrielle ambitieuse et socialement responsable, basée sur plusieurs principes fondamentaux :
Le maintien de l’activité industrielle : Bruxelles ne peut pas se résumer à une ville de services. La diversification économique passe par un soutien aux activités productives et aux emplois manufacturiers.
La propriété publique du foncier : vu les centaines de millions d’euros d’aides publiques accordées à Audi, la Région doit reprendre la main sur le site à un prix juste, en tenant compte des coûts de dépollution.
Une gouvernance transparente et démocratique : la reconversion doit se faire en concertation avec les travailleurs et les acteurs économiques locaux, afin de garantir un projet bénéfique pour l’ensemble des Bruxellois.
L’avenir du site Audi Brussels ne peut être dicté uniquement par des considérations immobilières ou des logiques de court terme.
Il est essentiel d’y voir une opportunité de redéfinir une politique industrielle forte pour Bruxelles.
La FGTB Bruxelles continuera à se mobiliser pour que cette reconversion ne soit pas une nouvelle occasion manquée, mais bien un levier de développement économique et social pour la Région et ses travailleurs.
Une mobilisation massive pour la journée mondiale de lutte pour les droits des femmes !
Depuis 2000, la Marche Mondiale des Femmes lutte contre les injustices, la pauvreté et les violences faites aux femmes, rassemblant des milliers d’organisations féministes à travers le monde.
Ce 8 mars à Bruxelles, les voix de milliers de militant.es ont résonné plus fort que jamais !
Merci à toutes et tous d’avoir participé en nombre à cette mobilisation !