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Un gouvernement à « n’importe quel prix » ? Non !

06/02/2026

Bruxelles a besoin d’un gouvernement qui protège et prend soin de ses habitant·es, de leurs besoins essentiels et de leurs services collectifs.

Le front commun CSC-FGTB Bruxelles et le MOC Bruxelles alertent sur les conséquences graves du blocage politique en Région de Bruxelles-Capitale.

L’absence de gouvernement crée une instabilité dont les conséquences se font déjà trop lourdement sentir sur le terrain : incertitudes budgétaires, décisions reportées, services fragilisés, travailleurs·ses mis sous pression et licencié.e.s. Dans le secteur non- marchand, de nombreuses ASBL font face à des retards de financement, à des menaces de coupes et à une austérité à bas bruit qui met en danger des missions essentielles et des emplois.

Alors que les pressions s’intensifient pour forcer la formation d’un gouvernement bruxellois « à n’importe quel prix », nous alertons sur la mise en place d’un agenda de casse sociale sacrifiant les travailleurs·ses et les personnes déjà les plus vulnérabilisées. La vulnérabilité reste un choix politique.

Les mobilisations citoyennes et syndicales de ces dernières semaines, notamment celle du 23 janvier portée par le secteur social-santé, l’ont rappelé : la crise politique n’est pas abstraite. Elle affecte directement le terrain, entrave – quand elle le l’empêche simplement pas – l’accompagnement des personnes, en particulier les plus précaires, et fragilise l’accès effectif aux droits.

Sortir de l’impasse ne peut, cependant, pas signifier former un gouvernement « pour faire n’importe quoi à n’importe quel prix ».

La majorité des citoyen·ne·s a voté, dans les collèges francophone et néerlandophone, pour des options progressistes lors des élections de 2024. Sur cette majorité progressiste au Parlement, il ne peut y avoir de véto.

La N-VA et le MR n’ont pas le mandat pour imposer à Bruxelles des politiques de reculs sociaux, de coupes budgétaires et de désengagement des pouvoirs publics.

Bruxelles n’a pas besoin d’une « solution » qui ferait payer la crise à la population : ni des coupes de 100 millions d’euros dans des communes déjà asphyxiées, ni une réduction de 40% des moyens des ASBL, ni le licenciement de 3.000 agents régionaux alors que les besoins explosent.

Alors que 25.000 Bruxellois·es ont déjà été exclu·es du chômage et que 15.000 autres le seront prochainement, la Région a besoin d’un gouvernement qui protège ses habitant·es, en priorité les plus précaires, ainsi que les services publics essentiels, tout en travaillant à la transition écologique. Dans un contexte de crise sociale et écologique qui frappe déjà durement Bruxelles, aggravée par les politiques menées à d’autres niveaux de pouvoir, la Région a besoin d’un gouvernement respectueux de la concertation, des droits des travailleur·euses et des allocataires sociaux.

Un gouvernement avec un cap économique et social : la stabilité institutionnelle n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des Bruxellois·e·s. De tous·tes les Bruxellois·es.

Cela suppose une orientation claire : sécuriser les financements, renforcer les services publics et associatifs, lutter contre la précarité, garantir l’accès aux droits et faire du social- santé une priorité comme digue collective face aux crises. Une concertation réelle avec les organisations syndicales et l’ensemble du monde associatif est indispensable pour répondre, ensemble, aux urgences sociales et écologiques et sécuriser l’action publique.

Le front commun CSC-FGTB et le MOC Bruxelles, appellent les responsables politiques à sortir rapidement de l’impasse sur une base conforme aux besoins sociaux de la population et à l’expression majoritaire issue des élections, et non sur un marchandage ouvrant la voie à la seule austérité.

Nous resterons mobilisé·es, aux côtés des travailleur·euses, des associations et des citoyen·nes, pour défendre les droits de chacun et chacune et notre vision d’une Région de Bruxelles solidaire, démocratique et protectrice.

Un gouvernement, vite, oui — mais pas au prix d’une politique qui aggrave davantage la précarité et fragilise celles et ceux qui tiennent la Région debout.

Une autre politique est possible et nécessaire : la solidarité n’est pas un coût, mais un investissement collectif dans la dignité et la cohésion sociale.

Ne ratons pas ce rendez-vous : les Bruxellois·es le méritent.