100.000 emplois à Bruxelles… où sont-ils ?
04/02/2026
Ce 4 février, la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles, la CGSLB Bruxelles, le Comité des Travailleurs·euses Sans Emploi de la CSC et plusieurs partenaires associatifs ont mené une action devant BECI, la fédération patronale bruxelloise.
Cette action s’inscrit dans un contexte social particulièrement préoccupant. Depuis ce mois de février, les premières personnes exclues du chômage à la suite de la réforme fédérale ne perçoivent plus leurs allocations. À Bruxelles, des milliers de personnes se retrouvent aujourd’hui sans revenus suffisants et sans perspective réelle d’emploi, avec pour seule issue souvent le recours aux CPAS.
Dans le même temps, BECI communique sur l’existence de près de 100.000 emplois qui seraient disponibles pour les Bruxelloises et les Bruxellois, notamment sur base d’un outil d’intelligence artificielle censé recenser les offres d’emploi présentes sur le web.
Pour la FGTB Bruxelles et ses partenaires, ce discours donne une vision déformée de la réalité du marché du travail. De nombreuses offres d’emploi ne sont ni adaptées, ni décentes, ni réellement accessibles aux personnes aujourd’hui exclues du chômage. Par ailleurs, de nombreux employeurs ne transmettent toujours pas leurs offres d’emploi à Actiris, ce qui limite la transparence et l’égalité d’accès à l’emploi.
Une action symbolique pour dénoncer une réalité sociale
Lors de cette action, des CV ont été déposés symboliquement dans la boîte aux lettres de BECI.
Une manière de rappeler une réalité simple : de nombreuses personnes cherchent activement un emploi, mais se heurtent à des obstacles structurels — âge, discriminations, manque d’accès à la formation, contraintes familiales ou encore conditions de travail inadaptées.
Des prises de parole syndicales, associatives et des témoignages de personnes concernées ont également permis de mettre en lumière les conséquences concrètes des exclusions du chômage sur le terrain.
Exclure du chômage ne crée pas d’emplois
Pour la FGTB Bruxelles, la réforme actuelle ne constitue pas une solution au chômage.
Elle renforce la précarité et déplace la pression vers les CPAS et les services sociaux.
Les demandeuses et demandeurs d’emploi sont déjà soumis à de nombreux contrôles et obligations. Il est temps que les employeurs prennent également leurs responsabilités :
- transmettre leurs offres d’emploi à Actiris,
- respecter leurs obligations en matière de formation,
- lutter activement contre les discriminations,
- proposer des emplois décents et de qualité.
Un message clair
Les travailleuses et travailleurs sans emploi veulent travailler.
Mais ils ont besoin d’emplois accessibles, stables et correctement rémunérés.
La FGTB Bruxelles continuera à se mobiliser pour défendre un système de sécurité sociale solidaire et pour exiger des politiques qui créent réellement de l’emploi de qualité.

L’intervention de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles
