Saut d’index partiel : le gouvernement Arizona organise une perte de pouvoir d’achat à vie
Le gouvernement Arizona a franchi une nouvelle ligne rouge en approuvant un saut d’index partiel malgré l’opposition unanime des organisations syndicales, des interlocuteurs sociaux et de nombreux experts. Cette décision constitue une attaque directe contre le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs et remet en cause l’un des piliers de notre modèle social : l’indexation automatique des salaires et des allocations sociales.
Concrètement, le mécanisme décidé par le gouvernement plafonnera l’indexation à partir de 4.000 euros bruts par mois. Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, ce seuil ne concerne pas une poignée de hauts revenus. Il correspond au salaire médian en Belgique. Pour les travailleuses et travailleurs à temps partiel, le seuil est même atteint beaucoup plus rapidement.
Les conséquences seront lourdes et durables. Contrairement à une perte ponctuelle, ce saut d’index produira des effets tout au long de la carrière. Chaque indexation future se calculera sur une base amputée. Résultat : des milliers d’euros de revenus perdus au fil des années. Une personne gagnant aujourd’hui 4.500 euros bruts et ayant encore quarante ans de carrière devant elle pourrait perdre plus de 17.000 euros au total.
Une alternative existait
Ce qui rend cette décision encore plus incompréhensible, c’est qu’une alternative crédible et équilibrée existait.
Les syndicats et les organisations patronales étaient parvenus à un accord autour d’une réforme de la prise en compte des prix de l’énergie dans l’indice santé. Cette solution permettait de mieux refléter les dépenses réelles des ménages tout en préservant le pouvoir d’achat des travailleurs.
L’indice santé détermine également l’indexation des salaires dans la fonction publique et l’indexation des allocations sociales, cette alternative serait même légèrement plus avantageuse d’ici 2030. Dans sa proposition, le groupe des 10 demandait donc au gouvernement de supprimer le saut d’index partiel prévu pour les fonctionnaires et les allocataires sociaux. En effet, l’accord conclu entre partenaires sociaux répond à la question de l’indexation dans le secteur privé, mais il appartient au gouvernement d’étendre cette logique à l’ensemble des revenus concernés afin de garantir une protection équivalente du pouvoir d’achat
Selon les estimations du Conseil central de l’économie, cette alternative aurait même rapporté davantage aux finances publiques grâce à des recettes fiscales et des cotisations sociales supplémentaires. Autrement dit : il était possible de protéger le pouvoir d’achat tout en améliorant les recettes de l’État.
Le gouvernement a pourtant choisi de l’ignorer.
Une attaque contre la concertation sociale
Au-delà de son impact économique, cette mesure constitue également un mépris sans précédent pour la concertation sociale.
L’indexation des salaires n’est pas définie par la loi mais résulte de conventions collectives négociées entre partenaires sociaux. En intervenant directement dans les mécanismes d’indexation, le gouvernement s’immisce dans les négociations collectives et remet en cause l’autonomie de celles-ci.
Cette décision obligera désormais les secteurs et les entreprises à renégocier leurs barèmes salariaux, ouvrant une période d’incertitude et de complexité dont les travailleurs feront les frais.
Des questions juridiques majeures
La FGTB examine actuellement les suites juridiques possibles.
De nombreuses questions restent sans réponse. Pourquoi avoir fixé le seuil à 4.000 euros ? Pourquoi les travailleurs à temps partiel sont-ils touchés plus rapidement ? Quelles seront les conséquences sur les barèmes liés à l’ancienneté ? Comment justifier que deux travailleurs d’une même entreprise puissent être traités différemment face à l’indexation ?
La conformité de cette mesure avec la liberté de négociation collective, garantie notamment par la Charte sociale européenne et les conventions de l’Organisation internationale du travail, devra être examinée avec attention.
Une nouvelle facture pour les travailleurs
Une fois encore, le gouvernement Arizona fait payer aux travailleurs le prix de ses choix politiques.
Alors qu’une solution plus juste, plus efficace et plus favorable aux finances publiques existait, il a choisi de s’en prendre au pouvoir d’achat de centaines de milliers de travailleurs et travailleuses.
Pour la FGTB Bruxelles, cette décision est une grave erreur sociale, économique et démocratique. Nous continuerons à nous mobiliser pour défendre l’indexation automatique, les salaires et le pouvoir d’achat de toutes et tous.
Florence Lepoivre réélue secrétaire générale de la FGTB Bruxelles
Réunie en Congrès statutaire ce 27 mai 2026, la FGTB Bruxelles a réélu Florence Lepoivre au poste de secrétaire générale.
Dans un contexte social et politique particulièrement tendu – marqué par les attaques antisociales du gouvernement Arizona et par plus d’un an d’absence de gouvernement bruxellois de plein exercice – la FGTB Bruxelles avait fait le choix d’organiser cette année un Congrès centré sur ses obligations statutaires. Son véritable Congrès d’orientation se tiendra en 2027.
Dans son intervention devant les congressistes, Florence Lepoivre est revenue sur une période marquée par une offensive antisociale d’une ampleur inédite depuis 80 ans, les conséquences particulièrement lourdes des réformes fédérales pour Bruxelles.
Elle a également rappelé les nombreux combats menés par la FGTB Bruxelles ces deux dernières années : mobilisations contre les politiques d’austérité, défense des services publics et du non-marchand, lutte contre les exclusions du chômage, combat antifasciste et féministe, défense de la concertation sociale et des solidarités.
Une Motion d’actualité a également été adoptée. Elle fixe les grandes priorités syndicales de la FGTB Bruxelles jusqu’au Congrès d’orientation de 2027.
Enfin, les congressistes ont apporté leur soutien au personnel enseignant mobilisé contre les politiques d’austérité menées en Fédération Wallonie-Bruxelles qui prévoient d’importantes mesures d’économies dans l’enseignement, la culture, la petite enfance, la recherche ou encore les médias publics.
La FGTB Bruxelles remercie l’ensemble de ses militant·es, délégué·es et équipes pour leur engagement dans cette période particulièrement difficile et réaffirme sa volonté de poursuivre le combat pour défendre les travailleuses et les travailleurs bruxellois..
Sous un soleil généreux et dans une ambiance à la fois festive et militante, le 1er mai 2026 a rassemblé des milliers de personnes au cœur de Bruxelles autour des valeurs de solidarité, de justice sociale et de progrès collectif.
Retour en images sur cette belle journée de mobilisation populaire, marquée par des moments de convivialité, des concerts, des animations, des rencontres et une énergie collective plus forte que jamais !
Merci à toutes et tous d’avoir fait vivre ce 1er mai 2026 à nos côtés ✊
Solidarité syndicale Nord-Sud : l’exemple de la CDT Maroc – Les interventions du séminaire d’actualité sociale du 17 avril
Ce séminaire permet de comprendre les réalités sociales et syndicales au-delà de nos frontières et d’élargir notre vision du mouvement ouvrier. Il offre un espace pour analyser concrètement comment se construit la solidarité internationale en s’appuyant ici sur l’exemple de la CDT au Maroc. C’est aussi l’occasion d’identifier des pistes d’action commune pour renforcer les luttes Nord-Sud.
Les interventions des séminaires d’actualité sont disponibles sur la chaîne YouTube du CEPAG Bruxelles.
9 avril : manifestation contre les mesures d’austérité du gouvernement de la FWB
Des milliers de manifestant·es ont défilé dans les rues de Bruxelles pour dénoncer les mesures d’austérité décidées par le gouvernement MR/Engagés de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Enseignant·es, étudiant·es, travailleur·euses du non-marchand et de la culture ont uni leurs voix pour défendre des services publics déjà fragilisés.
La mobilisation a rassemblé entre 10.000 et 15.000 personnes, témoignant d’une contestation qui s’élargit face aux économies imposées et au manque de concertation du gouvernement.
Entre slogans, banderoles et prises de parole, la rue a rappelé une exigence claire : il faut investir dans l’éducation, le social et la culture, plutôt que les sacrifier sur l’autel de l’austérité.
Situation bruxelloise : avenir de Bruxelles, îlot de résistance face à la droite – Les interventions du séminaire d’actualité sociale du 30 janvier
Bruxelles traverse une crise politique inédite : un an et demi après les élections, la Région reste bloquée en affaires courantes faute d’accord entre partis, avec des budgets gelés qui fragilisent associations, secteur de la construction, CPAS et bien d’autres secteurs. Pourtant, la capitale a voté majoritairement à gauche, apparaissant comme un îlot de résistance face à la poussée de la droite ailleurs dans le pays. Pourquoi, malgré ce vote clair, les habitants se retrouvent-ils sans gouvernement ? Ce séminaire vous donnera les clés pour comprendre cette paralysie, le fonctionnement institutionnel belge et les dynamiques politiques qui façonnent Bruxelles aujourd’hui.
Les interventions des séminaires d’actualité sont disponibles sur la chaîne YouTube du CEPAG Bruxelles.
Bruxelles a besoin d’un gouvernement qui protège et prend soin de ses habitant·es, de leurs besoins essentiels et de leurs services collectifs.
Le front commun CSC-FGTB Bruxelles et le MOC Bruxelles alertent sur les conséquences graves du blocage politique en Région de Bruxelles-Capitale.
L’absence de gouvernement crée une instabilité dont les conséquences se font déjà trop lourdement sentir sur le terrain : incertitudes budgétaires, décisions reportées, services fragilisés, travailleurs·ses mis sous pression et licencié.e.s. Dans le secteur non- marchand, de nombreuses ASBL font face à des retards de financement, à des menaces de coupes et à une austérité à bas bruit qui met en danger des missions essentielles et des emplois.
Alors que les pressions s’intensifient pour forcer la formation d’un gouvernement bruxellois « à n’importe quel prix », nous alertons sur la mise en place d’un agenda de casse sociale sacrifiant les travailleurs·ses et les personnes déjà les plus vulnérabilisées. La vulnérabilité reste un choix politique.
Les mobilisations citoyennes et syndicales de ces dernières semaines, notamment celle du 23 janvier portée par le secteur social-santé, l’ont rappelé : la crise politique n’est pas abstraite. Elle affecte directement le terrain, entrave – quand elle le l’empêche simplement pas – l’accompagnement des personnes, en particulier les plus précaires, et fragilise l’accès effectif aux droits.
Sortir de l’impasse ne peut, cependant, pas signifier former un gouvernement « pour faire n’importe quoi à n’importe quel prix ».
La majorité des citoyen·ne·s a voté, dans les collèges francophone et néerlandophone, pour des options progressistes lors des élections de 2024. Sur cette majorité progressiste au Parlement, il ne peut y avoir de véto.
La N-VA et le MR n’ont pas le mandat pour imposer à Bruxelles des politiques de reculs sociaux, de coupes budgétaires et de désengagement des pouvoirs publics.
Bruxelles n’a pas besoin d’une « solution » qui ferait payer la crise à la population : ni des coupes de 100 millions d’euros dans des communes déjà asphyxiées, ni une réduction de 40% des moyens des ASBL, ni le licenciement de 3.000 agents régionaux alors que les besoins explosent.
Alors que 25.000 Bruxellois·es ont déjà été exclu·es du chômage et que 15.000 autres le seront prochainement, la Région a besoin d’un gouvernement qui protège ses habitant·es, en priorité les plus précaires, ainsi que les services publics essentiels, tout en travaillant à la transition écologique. Dans un contexte de crise sociale et écologique qui frappe déjà durement Bruxelles, aggravée par les politiques menées à d’autres niveaux de pouvoir, la Région a besoin d’un gouvernement respectueux de la concertation, des droits des travailleur·euses et des allocataires sociaux.
Un gouvernement avec un cap économique et social : la stabilité institutionnelle n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des Bruxellois·e·s. De tous·tes les Bruxellois·es.
Cela suppose une orientation claire : sécuriser les financements, renforcer les services publics et associatifs, lutter contre la précarité, garantir l’accès aux droits et faire du social- santé une priorité comme digue collective face aux crises. Une concertation réelle avec les organisations syndicales et l’ensemble du monde associatif est indispensable pour répondre, ensemble, aux urgences sociales et écologiques et sécuriser l’action publique.
Le front commun CSC-FGTB et le MOC Bruxelles, appellent les responsables politiques à sortir rapidement de l’impasse sur une base conforme aux besoins sociaux de la population et à l’expression majoritaire issue des élections, et non sur un marchandage ouvrant la voie à la seule austérité.
Nous resterons mobilisé·es, aux côtés des travailleur·euses, des associations et des citoyen·nes, pour défendre les droits de chacun et chacune et notre vision d’une Région de Bruxelles solidaire, démocratique et protectrice.
Un gouvernement, vite, oui — mais pas au prix d’une politique qui aggrave davantage la précarité et fragilise celles et ceux qui tiennent la Région debout.
Une autre politique est possible et nécessaire : la solidarité n’est pas un coût, mais un investissement collectif dans la dignité et la cohésion sociale.
Ne ratons pas ce rendez-vous : les Bruxellois·es le méritent.
Durcir le contrôle des chômeurs bruxellois ne leur donnera pas d’emploi !
Communiqué de la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles et l’asbl Collectif solidarité contre l’exclusion.
Ce vendredi 6 février, le Parlement bruxellois examinera en séance plénière une proposition de résolution adressant au gouvernement des demandes de « réforme de la procédure de contrôle de la disponibilité des chercheurs d’emploi » qui risque d’aggraver plus encore l’exclusion sociale et de fragiliser le modèle bruxellois de concertation sociale.
Alors que plus de la moitié des chômeurs indemnisés sont menacés de perdre leurs allocations suite à la limitation dans le temps décidée par le gouvernement Arizona, certains proposent aujourd’hui de réformer le contrôle régional de la disponibilité active des chômeurs bruxellois.
Cette proposition vise à imposer plus d’obligations aux demandeurs d’emploi, plus de contrôles, moins de possibilités de recours, plus de sanctions. Elle repose implicitement sur l’idée que ce sont les contrôles, les sanctions et les pertes d’allocations qui créent de l’emploi.
Pour la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles et l’asbl Collectif solidarité contre l’exclusion, cette vision unilatérale est erronée et totalement déconnectée des réalités structurelles du marché de l’emploi bruxellois.
« Pour qui n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous. Pour qui ne pense qu’en termes de sanctions, tout devient un problème d’obligations et de contrôles. La solution préconisée par les auteurs de la résolution repose sur une vision idéologique du marché de l’emploi, qui ne tient pas compte des réalités bruxelloises » réagit Arnaud Lismond-Mertes, secrétaire général du Collectif solidarité contre l’exclusion.
« À Bruxelles, le marché de l’emploi exige souvent des diplômes élevés, alors que beaucoup de demandeurs d’emploi disposent de peu de qualifications reconnues. Le chômage est trois fois plus élevé chez les personnes peu qualifiées. Cette situation s’accompagne d’une forte précarité : 30 % des contrats durent moins de trois mois, ce qui ne permet pas de sortir durablement du chômage » précise Benoit Dassy, secrétaire régional de la CSC.
Bien que leur rôle dans la cogestion paritaire d’Actiris soit reconnu, les interlocuteurs sociaux – syndicats et organisations patronales – ont été contournés par les auteurs de la proposition. Celle-ci a été discutée en Commission de l’Emploi sans audition des partenaires sociaux, alors que le ministre de l’Emploi et la directrice générale d’Actiris ont, eux, été entendus.
« Consultées par le ministre de l’Emploi, les organisations syndicales et patronales ont pourtant adopté ce lundi un avis commun sur la réforme du contrôle de la disponibilité, qui s’écarte largement de la proposition de résolution » souligne Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.
Initialement déposée par DéFI et Anders, la proposition a obtenu en commission une majorité de circonstance, à la suite d’amendements portés par le MR et le CD&V, et grâce au ralliement du MR, de la N-VA, de Groen, des Engagés et de la Team Fouhad Ahidar.
« Par son contenu comme par son processus d’adoption, cette proposition constitue une menace pour les demandeurs d’emploi bruxellois et pour le modèle bruxellois de concertation sociale et de cogestion du marché de l’emploi. Sa mise en œuvre ne ferait que renforcer les risques d’exclusion, éloignant les chômeurs de l’emploi au lieu de les en rapprocher.La proposition renforcerait par ailleurs la confusion entre les missions de contrôle et d’accompagnement d’Actiris et mettrait l’institution en difficulté, en imposant des objectifs impossibles à atteindre avec les moyens actuels » déplore Yves Martens, coordinateur et co-rédacteur en chef d’Ensemble!.
Face à la crise sociale qui touche durement les Bruxelloises et les Bruxellois – conséquence des politiques du gouvernement Arizona – la Région doit se rassembler autour de ses forces vives pour défendre un modèle fondé sur la cohésion sociale, les équilibres environnementaux et une approche positive de la diversité.
L’adoption – par une majorité de circonstance – de cette résolution stigmatisante ne ferait que renvoyer davantage de demandeurs d’emploi vers les CPAS ou la solidarité familiale et aggraver l’instabilité régionale. La Région bruxelloise a besoin de politiques inclusives, capables de rassembler durablement et de préserver la paix sociale. Nous appelons donc les députés bruxellois à rejeter ce projet de résolution en séance plénière.
4 février : 100.000 emplois à Bruxelles… où sont-ils ?
Ce 4 février, la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles, la CGSLB Bruxelles, le Comité des Travailleurs·euses Sans Emploi de la CSC et plusieurs partenaires associatifs ont mené une action devant BECI, la fédération patronale bruxelloise.
Cette action s’inscrit dans un contexte social particulièrement préoccupant. Depuis ce mois de février, les premières personnes exclues du chômage à la suite de la réforme fédérale ne perçoivent plus leurs allocations. À Bruxelles, des milliers de personnes se retrouvent aujourd’hui sans revenus suffisants et sans perspective réelle d’emploi, avec pour seule issue souvent le recours aux CPAS.
Dans le même temps, BECI communique sur l’existence de près de 100.000 emplois qui seraient disponibles pour les Bruxelloises et les Bruxellois, notamment sur base d’un outil d’intelligence artificielle censé recenser les offres d’emploi présentes sur le web.
Pour la FGTB Bruxelles et ses partenaires, ce discours donne une vision déformée de la réalité du marché du travail. De nombreuses offres d’emploi ne sont ni adaptées, ni décentes, ni réellement accessibles aux personnes aujourd’hui exclues du chômage. Par ailleurs, de nombreux employeurs ne transmettent toujours pas leurs offres d’emploi à Actiris, ce qui limite la transparence et l’égalité d’accès à l’emploi.
Une action symbolique pour dénoncer une réalité sociale
Lors de cette action, des CV ont été déposés symboliquement dans la boîte aux lettres de BECI. Une manière de rappeler une réalité simple : de nombreuses personnes cherchent activement un emploi, mais se heurtent à des obstacles structurels — âge, discriminations, manque d’accès à la formation, contraintes familiales ou encore conditions de travail inadaptées.
Des prises de parole syndicales, associatives et des témoignages de personnes concernées ont également permis de mettre en lumière les conséquences concrètes des exclusions du chômage sur le terrain.
Exclure du chômage ne crée pas d’emplois
Pour la FGTB Bruxelles, la réforme actuelle ne constitue pas une solution au chômage. Elle renforce la précarité et déplace la pression vers les CPAS et les services sociaux.
Les demandeuses et demandeurs d’emploi sont déjà soumis à de nombreux contrôles et obligations. Il est temps que les employeurs prennent également leurs responsabilités :
transmettre leurs offres d’emploi à Actiris,
respecter leurs obligations en matière de formation,
lutter activement contre les discriminations,
proposer des emplois décents et de qualité.
Un message clair
Les travailleuses et travailleurs sans emploi veulent travailler. Mais ils ont besoin d’emplois accessibles, stables et correctement rémunérés.
La FGTB Bruxelles continuera à se mobiliser pour défendre un système de sécurité sociale solidaire et pour exiger des politiques qui créent réellement de l’emploi de qualité.
Le chômage n’est pas un “Win for Life”. C’est une lutte quotidienne pour garder sa dignité.
Une carte blanche de Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.
Ce matin, je suis allée à la rencontre de nos affiliés devant l’un de nos bureaux de paiements des allocations de chômage. Et une fois encore, j’ai mesuré à quel point la limitation des allocations de chômage dans le temps décidée par le gouvernement De Wever est une réforme violente, injuste, inégalitaire, asociale, insupportable.
Une réforme qui va plonger de nombreux Bruxellois dans la précarité.
Une réforme qui démantèle la sécurité sociale fédérale.
Une réforme qui met à mal les solidarités que nous avons construites, par la lutte, depuis la fin du XIXème siècle, pour tous les travailleurs.
Ce matin, j’ai croisé des dizaines de demandeurs d’emploi.
Toutes et tous sont inquiets. Beaucoup ne savent plus vers qui se tourner.
Certains sont en colère. La plupart sont sidérés, ne comprennent pas, ont les larmes aux yeux quand ils parlent de leur situation.
J’ai croisé ce père de famille, trois enfants, qui se bat pour retrouver un emploi mais qui n’y parvient pas. Ou en tout cas, pas un emploi suffisamment stable pour assurer un revenu décent à sa famille, pour leur offrir le bien-être qu’ils méritent.
J’ai rencontré ce jeune homme, d’origine italienne, qui multiplie les contrats d’intérim depuis son arrivée en Belgique. Il a quitté sa Sicile natale parce qu’il n’y avait aucun espoir d’y trouver un emploi. Et aujourd’hui, malgré tous ses efforts, malgré son travail acharné, malgré tous les emplois qu’il a exercés, il se retrouve exclu du chômage.
J’ai aussi parlé à cette femme, d’origine congolaise, racisée, discriminée sur le marché du travail, qui ne sait plus quoi faire pour trouver un emploi.
J’ai rencontré cette femme qui m’a dit, soulagée : « Moi, je suis pensionnée depuis le 1er février. Heureusement. »
J’ai parlé avec ce travailleur ALE, qui continuera malgré tout à travailler pour une école européenne, même s’il va perdre son chômage, même s’il risque de ne pas toucher l’intégralité de son revenu d’intégration. Parce qu’il a besoin de travailler. Pour lui. Pour garder sa dignité. Mais il ne sait pas comment il fera sans revenus en juillet et août, quand l’école sera fermée. Et il ne comprend pas pourquoi cette école ne peut pas lui offrir un vrai contrat.
J’ai rencontré cette jeune femme qui travaillait dans les ressources humaines et qui devait virer des travailleurs pour les remplacer par des étudiants ou des flexi-jobeurs, moins chers pour l’employeur. Dégoûtée, elle a démissionné. Elle veut croire qu’elle pourra retrouver un emploi qui a du sens, en accord avec ses valeurs.
J’ai rencontré cet homme de plus de 60 ans. Plus de 27 ans de travail. Soirs, nuits, parfois week-ends, dans un métier pénible. Il a mal au dos, mais pas suffisamment pour être reconnu en invalidité. Il n’a pas travaillé suffisamment pour conserver ses allocations de chômage. Malgré son âge. Malgré ses 27 années de cotisations payées sur ses heures de travail, sur ses heures supplémentaires, sur ses heures prestées le weekend.
J’ai aussi rencontré cette jeune femme. Deux jeunes enfants, 8 mois et 2 ans et demi. Elle a dû fuir son mari, son domicile, tout abandonner, avec ses deux enfants sous le bras, après des violences sexuelles commises sur le plus âgé… 2 ans et demi ! Aujourd’hui, elle vit entre avocats, juges et services sociaux. Elle a dû arrêter de travailler. Elle va très bientôt perdre ses allocations de chômage, sa seule source de revenus. Elle a honte d’aller au CPAS demander ce qui lui est pourtant dû, ce que vous et moi, ce que la société lui doit.
Et ce ne sont là que quelques visages croisés ce matin.
Mais des visages qui me marqueront à jamais.
J’espère que, même si vous ne les avez pas rencontrés, ces mots vous permettront de mettre un visage, une histoire, derrière les 42.000 demandeurs d’emploi bruxellois — et les 180.000 chômeurs en Belgique — qui seront exclus des allocations de chômage.
Derrière ces chiffres, il y a des vies. Des familles. Des parcours. Des combats quotidiens.
Et face à eux, un gouvernement fédéral qui stigmatise, caricature, qui exclut violemment. Sans réflexion. Sans nuance. Sans laisser la moindre chance à celles et ceux qui se battent chaque jour pour trouver un emploi stable, durable, digne.