Annulation partielle de certaines dispositions de la réforme du chômage
La réforme du chômage du gouvernement Arizona a frappé durement des milliers de travailleuses et travailleurs sans emploi. Face à cette réforme antisociale, les syndicats ont introduit un recours devant la Cour constitutionnelle. Et ce recours a permis d’obtenir une première victoire.
Dans son arrêt du 10 septembre 2026, la Cour constitutionnelle a estimé que les personnes touchées par les premières vagues d’exclusion n’avaient pas bénéficié d’un délai suffisant avant de perdre leurs allocations de chômage.
Êtes-vous concerné·e ?
Si vous avez perdu vos allocations de chômage le 1er janvier 2026, le 1er mars 2026 ou le 1er avril 2026, vous pourriez être concerné·e par cette décision.
Que se passe-t-il maintenant ?
Nous sommes actuellement dans l’attente des modalités concrètes qui permettront d’identifier les personnes concernées et de régulariser leur situation.
La FGTB met tout en œuvre pour que ces régularisations interviennent le plus rapidement possible et vous informera dès que les modalités précises seront connues.
Que devez-vous faire ?
Aucune démarche ne doit être entreprise pour le moment. Nous vous informerons dès que les modalités précises seront connues et que nous pourrons déterminer si vous êtes concerné·e.
Votre syndicat reste à vos côtés pour faire respecter vos droits
Et notre combat ne s’arrête pas là : la FGTB poursuit son action contre cette réforme injuste et continuera à défendre une assurance-chômage qui protège réellement les travailleuses et les travailleurs.
24 septembre : mobilisons-nous contre « EU Inc. » !
Le 24 septembre, les syndicats européens se mobilisent à Bruxelles pour défendre les droits des travailleurs.
La Commission européenne veut créer « EU Inc. », un nouveau statut permettant à une entreprise de s’enregistrer rapidement dans un pays européen de son choix et d’exercer ensuite ses activités partout dans l’Union.
Pourquoi est-ce dangereux ? Parce qu’une entreprise pourrait choisir de s’installer dans un pays où le droit du travail et la protection sociale lui sont plus favorables, tout en employant des travailleurs dans un autre pays. C’est la porte ouverte au dumping social : mettre en concurrence les législations nationales et à terme, les travailleurs eux-mêmes.
Pour la FGTB, le principe doit être simple : si vous travaillez en Belgique, vous devez être protégé par le droit du travail belge et les conventions collectives belges.
Créer une entreprise plus facilement en Europe ? Pourquoi pas. Permettre aux entreprises de choisir les règles sociales qui les arrangent ? Pas question.
Rendez-vous le 24 septembre à Bruxelles ✊
📍 Place Schuman 🕙 Dès 10h
Du gouvernement Michel à l’Arizona : la stratégie du « starve the beast » continue
Réduire les recettes de l’État et de la sécurité sociale, laisser les déficits se creuser, puis invoquer ces déficits pour justifier de nouvelles économies : dans une carte blanche publiée dans De Morgen, Jef Maes, ancien secrétaire fédéral de la FGTB, décrypte une stratégie politique qui, selon lui, est à l’œuvre depuis le gouvernement Michel et se poursuit aujourd’hui avec l’Arizona.
Déficit budgétaire – Un excellent exemple de la stratégie « starve the beast »
Une carte blanche de Jef Maes, ancien secrétaire fédéral de la FGTB, publiée dans De Morgen.
Une séquence télévisée reste gravée dans ma mémoire. Dans un moment d’inattention, Bart De Wever y reconnaissait que le déficit budgétaire actuel avait été délibérément organisé.
Cela s’est produit sous le gouvernement Michel, dominé par la N-VA et les libéraux, qui a accordé aux entreprises un cadeau fiscal et parafiscal de pas moins de 12 milliards d’euros, sans prévoir de recettes compensatoires.
L’impôt sur les bénéfices des entreprises a ainsi été ramené de 33 à 25 %. Les cotisations patronales ont également été réduites, de 32 à 25 %. C’est ce qu’on a appelé le « tax shift ».
« Il est exact que le tax shift n’est pas suffisamment financé. On a délibérément choisi de ne pas tout prendre en compte. À terme, cela impose une logique infernale d’économies et conduit donc à s’attaquer aux dépenses publiques là où elles se trouvent encore : dans la sécurité sociale », déclarait De Wever au site d’information Newsmonkey en 2017.
Contraindre les gouvernements futurs à réaliser des économies dans la sécurité sociale était donc l’objectif ultime.
Le gouvernement Vivaldi, composé des socialistes, libéraux, écologistes et du CD&V, n’est pas tombé dans le piège. Ce qu’il a consacré, à juste titre, à l’augmentation de la pension minimum – environ 3 milliards d’euros – n’était toutefois qu’une fraction des 12 milliards précédemment offerts aux entreprises.
Cet argent a en outre été bien dépensé puisque, pour la première fois depuis que ces statistiques sont établies, le taux de pauvreté a fortement diminué, pour atteindre 10,9 %.
Ce que peu de gens savent, c’est que De Wever avait par ailleurs accepté ces mêmes améliorations sociales dans le préaccord de Vollezele conclu avec Paul Magnette (PS), en échange d’une poursuite de la régionalisation. Ce préaccord a été bloqué par les libéraux et les écologistes, mais ses corrections sociales ont ensuite été reprises sous Vivaldi.
Un sacré culot
Ce même De Wever, qui avait délibérément mis à mal les finances publiques sous le gouvernement Michel avant d’accepter ensuite l’augmentation des minima sociaux, a réussi, pendant la campagne électorale de 2024, à faire porter entièrement au gouvernement Vivaldi la responsabilité du « pourrissement » des finances publiques. Il fallait oser. Et réussir à le faire croire.
En fin de compte, son gouvernement Arizona fera ce qui constituait déjà l’objectif il y a dix ans : réaliser de lourdes économies dans la sécurité sociale. Et De Wever parvient, dans le même temps, à se présenter comme le « sauveur de la patrie ». Un excellent exemple de la stratégie du starve the beast[1], qui est d’ailleurs toujours à l’œuvre.
Car tandis qu’on dramatise autour des 10 milliards d’euros d’économies qu’il faudrait aujourd’hui trouver, ce gouvernement a encore accordé 2,3 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises, sans même compter les flexi-jobs bon marché et les heures supplémentaires. Parallèlement, des milliards supplémentaires sont dégagés pour la défense ainsi que pour des réductions d’impôts qui ne sont pas financées.
Pourtant, nous avons déjà connu cela. Après que les gouvernements Martens et Dehaene eurent résorbé un déficit budgétaire qui atteignait pas moins de 17 %, la Belgique disposait, à la fin des années 1990, d’un excédent budgétaire structurel suffisant pour absorber les futurs surcoûts liés au vieillissement de la population. Dehaene y était d’ailleurs parvenu en combinant économies et nouvelles recettes. J’ai moi-même participé à l’organisation des grèves contre le Plan global de Dehaene en 1993, mais je dois l’admettre : comparé à la trajectoire suivie aujourd’hui par l’Arizona, ce plan était un modèle d’équilibre.
Le gouvernement Verhofstadt, coalition libérale-socialiste-écologiste, a cependant dilapidé cet excédent budgétaire. Dans le livre Een open boek – 8 jaar Verhofstadt (« Un livre ouvert – 8 années Verhofstadt »), ses auteurs se vantent d’avoir réduit les impôts fédéraux de 10,4 milliards d’euros, dont une part importante au bénéfice des entreprises. Dans ses tableaux budgétaires, Luc Coene, chef de cabinet de Verhofstadt, tablait sur d’énormes « effets retour ». Plus tard, devenu gouverneur de la Banque nationale, Coene allait devenir l’un des principaux défenseurs de l’allongement des carrières et des économies dans la sécurité sociale. À la fin du gouvernement, le ministre du Budget Vande Lanotte (Vooruit) a vendu des bâtiments publics, pour ensuite les reprendre en leasing auprès d’investisseurs privés.
En fin de compte, les néolibéraux sont parvenus, cette fois encore, à appliquer leur stratégie du starve the beast : réduire à ce point les recettes de l’État que les gouvernements suivants, quelle que soit leur composition, soient contraints de réaliser des économies.
Même le rédacteur en chef de Trends a dû reconnaître, dans son dernier livre, que les gouvernements de centre gauche Dehaene et Di Rupo avaient réalisé davantage d’économies que les gouvernements de droite dominés par les néolibéraux.
Que ces épisodes de notre histoire politique servent de miroir au débat budgétaire actuel, dans lequel, une fois encore, peu de choses seront ce qu’elles paraissent être.
[1]« affamer la bête », stratégie politique qui vise à réduire volontairement les recettes de l’État afin de créer une contrainte budgétaire qui servira ensuite à justifier la réduction des dépenses publiques.
La FGTB met en garde le gouvernement et annonce son plan d’action
La FGTB adresse un avertissement clair au gouvernement : les travailleurs et travailleuses ne paieront pas une nouvelle fois la facture. Une manifestation est d’ores et déjà prévue le 9 octobre à Bruxelles. Si le gouvernement franchit une ou plusieurs lignes rouges lors du conclave budgétaire d’octobre, une grève générale pourrait suivre dans la semaine du 23 novembre. Car d’autres choix politiques sont possibles. Il est temps de les poser.
Depuis 19 mois, le gouvernement Arizona s’attaque aux piliers de notre modèle social : pensions, salaires, conditions et temps de travail, protection en cas de maladie, assurance chômage, sécurité sociale et services publics. À plusieurs reprises, la concertation sociale a été placée devant le fait accompli, affaiblie ou tout simplement ignorée.
Les conséquences sont bien réelles. Travailleurs et travailleuses, pensionné·es, malades et allocataires sociaux ont déjà largement été mis à contribution. Pourtant, le gouvernement peine toujours à boucler son budget et cherche encore des milliards pour réduire le déficit.
Pour la FGTB, il est inacceptable que les pistes aujourd’hui sur la table fassent, une fois encore, peser l’effort sur les mêmes personnes. Une hausse de la TVA toucherait directement le pouvoir d’achat. Toute nouvelle intervention unilatérale dans le mécanisme d’indexation pénaliserait les travailleurs, les travailleuses et les agents des services publics. De nouvelles économies dans les soins de santé, une hausse du ticket modérateur, davantage de flexibilité ou un nouvel affaiblissement des services publics viendraient encore dégrader les conditions de vie et de travail d’une large partie de la population.
La FGTB exige dès lors que les épaules les plus larges prennent enfin une part équitable de l’effort. Les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas être appelés, une fois encore, à colmater les brèches budgétaires.
D’autres choix sont possibles. Encore faut-il avoir le courage politique de les poser.
Les syndicats ont élaboré une série de propositions concrètes qui permettraient de dégager quelque 21 milliards d’euros. Elles combinent économies sur des dépenses inefficaces, et nouvelles recettes, réparties plus équitablement. Parmi les propositions avancées : mieux encadrer les constructions fiscales et les sociétés de management, faire davantage contribuer les grandes fortunes et les revenus du capital, revoir les subsides dont l’utilité pour la collectivité n’est pas suffisamment démontrée, et renforcer l’administration fiscale ainsi que les services d’inspection sociale. Autant de propositions qui prouvent que l’on peut faire autre chose que fouiller systématiquement les mêmes poches.
La pétition citoyenne en faveur d’une fiscalité plus juste a déjà recueilli plus de 76 000 signatures. Les syndicats devraient donc prochainement défendre leurs propositions lors d’une audition au Parlement.
Un automne de mobilisation
À l’issue d’une large consultation, la FGTB annonce de nouvelles actions. Si le gouvernement fait à nouveau payer la note aux travailleurs, il devra faire face à une forte résistance sociale.
Au cours des prochaines semaines, la FGTB poursuivra son travail d’information et de sensibilisation, dans les médias, dans la rue et sur les lieux de travail. Outre l’action européenne du 24 septembre et la Marche Climat du 11 octobre, deux grands rendez-vous sont prévus cet automne.
Une manifestation sera organisée le 9 octobre à Bruxelles, ce qui constitue un premier avertissement clair au gouvernement.
La FGTB attend du gouvernement qu’il corrige sa trajectoire. Une nouvelle atteinte unilatérale à l’indexation, une hausse de la TVA, une annualisation du temps de travail entraînera une réponse syndicale forte.
Si cet avertissement reste sans réponse et que le gouvernement franchit l’une de ces lignes rouges lors du conclave budgétaire d’octobre, la FGTB dispose d’un mandat pour appeler à une grève générale au cours de la semaine du 23 novembre.
Primes à la rénovation : quand la mobilisation fait bouger les lignes !
En mars dernier, le gouvernement bruxellois annonçait la disparition des primes à la rénovation énergétique au profit de prêts, même pour les ménages les plus précaires. Avec Embuild.brussels, la FGTB Bruxelles avait contesté ce choix et démontré qu’une autre voie était possible. Quelques mois plus tard, le gouvernement a revu sa copie : les primes destinées aux ménages vulnérables seront finalement maintenues, préfinancées et renforcées. Une avancée qui rappelle une chose essentielle : lorsqu’on se mobilise et qu’on met des alternatives crédibles sur la table, on peut faire bouger les lignes !
En mars, les primes étaient condamnées
Au printemps dernier, le gouvernement bruxellois annonçait son intention de mettre fin au système de primes Renolution et de le remplacer principalement par des prêts EcoReno à taux préférentiel ou à taux zéro.
Pour la FGTB Bruxelles, le système existant devait certes être revu : les primes bénéficiaient proportionnellement davantage aux ménages aisés, tandis que les ménages aux revenus les plus faibles éprouvaient davantage de difficultés à engager des travaux et, surtout, à en avancer le coût.
Mais supprimer les primes n’était pas la solution. Car un prêt à taux zéro reste un prêt. Et pour de nombreux ménages bruxellois, qui sont confrontés à la précarité énergétique et disposent de très faibles marges financières, s’endetter pour rénover leur logement n’est tout simplement pas possible.
Notre proposition était de mieux cibler les primes vers les ménages qui en ont réellement besoin, les préfinancer pour éviter qu’ils aient à avancer plusieurs milliers d’euros et maintenir des aides directes pour celles et ceux qui n’ont pas la capacité d’emprunter.
Une mobilisation commune pour démontrer qu’il y avait une alternative
Face au projet du gouvernement, la FGTB Bruxelles et Embuild.brussels ont décidé de porter publiquement une position commune.
Fin mars, Aurélie Notebaert (permanente construction à la FGTB Centrale Générale) et Laurent Schiltz (Embuild.brussels), défendaient ensemble dans Le Soir le maintien de primes à la rénovation pour les ménages les plus vulnérables[1].
Aurélie Notebaert et Laurent Schiltz
Le constat était partagé : remplacer les aides par des prêts risquait non seulement d’exclure les ménages les plus vulnérables de la rénovation énergétique, mais également de provoquer l’abandon de nombreux projets de rénovation, avec des conséquences directes sur l’activité et l’emploi dans le secteur de la construction.
Mais cette mobilisation ne s’est pas limitée à une prise de parole médiatique.
À l’initiative de la FGTB Bruxelles, Brupartners (le Conseil économique et social bruxellois, où siègent les syndicats et les représentants des employeurs) a également adopté, le 23 avril, un avis sur les primes à la rénovation énergétique allant dans le même sens[2].
Nous avons donc fait ce que doit faire une organisation syndicale : contester une décision que nous estimions injuste, mais aussi démontrer qu’une autre politique était possible.
Quelques mois plus tard, le gouvernement revoit sa copie
Et cette mobilisation a porté ses fruits : le Plan social climat finalement adopté par le gouvernement bruxellois est sensiblement plus social que le projet initial :
Pour les ménages en situation de précarité, il prévoit désormais une prime sociale de rénovation préfinancée, complémentaire à un prêt social à taux zéro. Le nombre de ménages susceptibles de bénéficier de cette prime a par ailleurs été revu à la hausse, passant de 3.600 à 3.900.
Au total, 71 millions d’euros sont prévus pour ces primes, auxquels s’ajoutent 21,7 millions pour les prêts à taux zéro.
Le logement social, totalement absent du premier projet, obtient également 58 millions d’euros pour financer des travaux de rénovation énergétique.
Autre avancée importante : les propriétaires-bailleurs bénéficiant de ces aides devront mettre leur logement à disposition d’une agence immobilière sociale pendant au moins neuf ans. L’argent public consacré à la rénovation sera ainsi assorti d’une garantie sociale pour les locataires.
Le gouvernement a donc revu l’orientation annoncée en mars : les primes ne disparaîtront pas au profit des seuls prêts. Le principe que nous défendions – des aides directes, ciblées et préfinancées pour celles et ceux qui ne peuvent pas financer seuls leur rénovation – se retrouve aujourd’hui au cœur du dispositif.
Comme quoi, la lutte paie !
Cette avancée ne règle évidemment pas tous les défis de la rénovation énergétique à Bruxelles. Nous resterons attentifs à la mise en œuvre concrète du Plan social climat et à son accessibilité réelle pour les ménages concernés.
Mais il faut aussi pouvoir savourer les victoires.
En mars, la suppression des primes était présentée comme le choix du nouveau gouvernement.
Nous avons contesté cette orientation, construit une alternative avec d’autres acteurs de terrain, porté le débat dans la presse et dans la concertation sociale. Et le gouvernement a finalement revu sa copie.
C’est précisément à cela que sert l’action syndicale : ne pas se contenter de dire non, mais faire la démonstration que d’autres choix sont possibles, construire des rapports de force et obtenir des changements concrets ! Dans une période où l’on voudrait trop souvent nous convaincre que les contraintes budgétaires imposent une seule politique possible, ce dossier démontre le contraire. Des alternatives existent. Et lorsqu’on se mobilise pour les défendre, on peut obtenir des résultats.
Séminaire d’actualité sociale du CEPAG Bruxelles – Pensions : le grand hold-up
Travailler plus longtemps pour toucher moins : mythe ou réalité ?
Présentée comme indispensable pour la santé économique du système face au vieillissement de la population, derrière la réforme des pensions se cachent des choix politiques qui redessinent en profondeur notre modèle social.
Qui paiera réellement le prix de ces nouvelles règles ?
Quand ? Le vendredi 25 septembre de 9h à 13h
Où ? Auditorium – Rue de Suède 45 à 1060 Saint-Gilles
Bert Engelaar répond à Roland Duchâtelet : «Une autobiographie n’est pas un modèle social»
Dans une interview publiée le 14 août dans De Morgen « Qu’ils rêvent tant qu’ils veulent, mais pas avec mon argent », l’entrepreneur Roland Duchâtelet défend une refonte radicale de notre modèle de société : fin de l’obligation scolaire dans le secondaire, désinvestissement public de l’enseignement universitaire, remise en cause de notre système de sécurité sociale et même du fonctionnement de notre démocratie. Il propose également d’autoriser à nouveau le travail des enfants dès l’âge de 12 ans.
Bert Engelaar, président de la FGTB, lui répond : une société ne se gère pas comme une entreprise et un parcours individuel, aussi exceptionnel soit-il, ne peut servir de modèle pour tous.
Notre société n’est pas une holding, les citoyens ne sont pas des actionnaires
Une carte blanche de Bert Engelaar, président de la FGBT
Roland Duchâtelet a un problème avec la société : elle lui coûte trop cher. Dans l’interview (De Morgen), l’entrepreneur raconte qu’il ne possédait rien lorsqu’il s’est marié, qu’il travaillait pendant ses études et qu’il est devenu un entrepreneur à succès. Très bien. Mais une autobiographie n’est pas un modèle social.
« J’ai pu le faire, donc tout le monde le peut » : la formule paraît séduisante lorsqu’on est soi-même parvenu au sommet. La réussite devient un mérite individuel, l’échec une défaillance personnelle. L’origine sociale, la chance, la santé, l’éducation, le réseau, le fait d’avoir des parents avec ou sans argent disparaissent du tableau. Et l’inégalité finit ainsi par devenir la faute de ceux qui la subissent.
Lui-même a pu étudier dans une université subsidiée. Aujourd’hui, les autres n’auraient qu’à emprunter, « comme en Amérique ». Ce qui allait de soi pour vous devient soudain, pour la génération suivante, un luxe qu’elle doit financer elle-même.
L’interdiction du travail des enfants pourrait, selon lui, être levée à partir de 12 ans. Dans sa région, les employeurs doivent faire venir des Roumains, alors que les enfants pourraient « tout aussi bien cueillir des pommes et des poires ». Bien sûr qu’un enfant de 12 ans en est capable. La question n’est pas de savoir si les enfants peuvent travailler. La question est de savoir pourquoi nous avons décidé qu’ils ne devaient pas avoir à le faire. Le droit à l’éducation, aux loisirs, au développement et à la protection, vous vous souvenez ? Résoudre une pénurie de main-d’œuvre en faisant travailler des enfants de 12 ans n’est pas une idée révolutionnaire pour l’avenir. C’est une idée particulièrement ancienne à laquelle nous avons eu raison de renoncer.
Gains de productivité
Il y a ensuite l’IA. Des millions d’emplois seraient appelés à disparaître. C’est un débat que nous devons avoir. Mais il est absurde de prédire qu’il y aura bientôt moins de travail pour les adultes tout en proposant de mettre les enfants de 12 ans au travail. La question la plus importante est de savoir à qui profiteront les énormes gains de productivité générés par l’IA. Lorsque les machines prennent en charge une part croissante du travail, nous pouvons utiliser cette richesse pour avoir davantage de temps, un meilleur enseignement, de meilleurs soins et davantage de sécurité d’existence. Ou concentrer les bénéfices entre les mains d’un petit groupe de propriétaires et donner aux autres une somme d’argent pour qu’ils puissent continuer à consommer.
Le raisonnement sur l’école part lui aussi largement de sa propre expérience. Ses enfants et son petit-fils sont surdoués et s’ennuyaient à l’école. Mes propres fils aussi. Je sais donc que notre enseignement montre parfois ses limites à cet égard. Mais en conclure que l’enseignement secondaire devrait devenir facultatif est tout autre chose.
Pour certains enfants, l’école est ennuyeuse. Pour d’autres, c’est l’endroit où, pendant quelques heures, leur origine sociale ne détermine pas jusqu’où ils ont le droit de rêver. Un enfant a des parents très diplômés, un ordinateur et un réseau qui lui ouvre des portes. Un autre fait ses devoirs sur la table de la cuisine pendant que sa mère travaille en soirée. Donnez-leur à tous deux la même prétendue « liberté » et leurs chances resteront radicalement différentes.
Il en va de même des 8 euros de ticket modérateur chez le médecin qui, selon Duchâtelet, ne représentent pas grand-chose. Pour beaucoup de gens, 8 euros, c’est bel et bien de l’argent, qui s’ajoute au loyer, à l’énergie, à l’alimentation et aux médicaments. Celui qui n’a jamais besoin de compter jusqu’à la fin du mois devrait être prudent lorsqu’il décide de ce qui représente peu de choses pour les autres.
Mode d’emploi
C’est là que le bât blesse dans cette interview. Un homme qui a connu une réussite exceptionnelle transforme son parcours de vie exceptionnel en mode d’emploi valable pour tout le monde. Une société ne peut pas être organisée en fonction des exceptions. Tout le monde ne devient pas entrepreneur, tout le monde ne peut pas emprunter et tout le monde ne dispose pas d’un filet de sécurité financier lorsque quelque chose tourne mal. C’est précisément pour cette raison que les générations qui nous ont précédés ont construit la sécurité sociale, l’enseignement public, le droit du travail et des soins de santé accessibles.
Les idées exprimées sur la démocratie sont elles aussi hallucinantes. Les parlements seraient trop lents, Singapour serait un modèle et même la Chine serait une démocratie. Toujours la même idée : laissez les bonnes personnes décider et tout deviendra plus efficace. Une société n’est pas une holding. Les citoyens ne sont pas des actionnaires. Les enfants ne sont pas une réserve de main-d’œuvre bon marché.
Duchâtelet a bénéficié d’opportunités dans une société qui investissait dans l’enseignement, la recherche et les infrastructures, et il a su les saisir. Respect. Mais cette réussite ne vous donne pas le droit de décider que les autres n’ont désormais plus besoin de ces mêmes opportunités.
Un enfant de 12 ans n’a pas sa place dans un verger parce qu’un employeur ne trouve pas de cueilleurs de fruits. Un jeune ne devrait pas commencer ses études avec une montagne de dettes parce que ses parents n’ont pas les moyens de lui payer l’université. Une personne malade ne devrait pas reporter une visite chez le médecin parce que 8 euros semblent représenter peu de choses aux yeux de quelqu’un d’autre.
Le progrès, c’est faire en sorte que ceux qui viennent après nous aient davantage de chances. Pas leur présenter la facture des chances dont nous avons nous-mêmes bénéficié.
Plus de la moitié des personnes qui ont perdu leurs allocations de chômage cette année se sont tournées vers le CPAS, tandis qu’une faible proportion seulement a retrouvé un emploi. Pour Bert Engelaar, ce premier bilan montre surtout que le gouvernement De Wever déplace la facture et appauvrit les personnes concernées sans résoudre les problèmes du marché du travail ni ceux des finances publiques.
Dans une carte blanche publiée sur DeWereldMorgen, média flamand indépendant, il appelle à changer de cible : plutôt que de chercher de l’argent dans les poches de celles et ceux qui en ont le moins, il est temps de faire contribuer équitablement les plus grandes fortunes.
Une carte blanche de Bert Engelaar, président de la FGTB
Plus de la moitié des chômeurs qui ont perdu leurs allocations cette année ont depuis demandé un revenu d’intégration au CPAS. Le gouvernement De Wever estimait qu’environ un chômeur exclu sur trois ferait cette démarche. Ils ont été 53 %. Sur les plus de 99.000 personnes qui ont vu disparaître leurs allocations de chômage, plus de 52.000 ont demandé un revenu d’intégration et plus de 43.000 l’ont effectivement obtenu.
La grande réforme du marché du travail dont ce gouvernement était si fier apparaît, pour l’instant, surtout comme une coûteuse opération de déménagement : des personnes sont exclues de l’assurance chômage pour se retrouver, quelques guichets plus loin, au CPAS.
L’allocation disparaît des comptes de l’ONEM, mais la personne, évidemment, ne disparaît pas. Pas plus que son loyer, sa facture d’énergie ou le prix de son panier de courses. Le gouvernement fédéral peut se targuer d’une baisse des dépenses dans un régime tandis que les communes héritent de dossiers supplémentaires, d’un accompagnement accru et de nouvelles dépenses. La facture n’est pas réglée : elle est déplacée. Et, au passage, le revenu de la personne concernée diminue généralement fortement. Voilà donc, apparemment, ce qu’on appelle une réforme.
Pourtant, dans l’esprit d’une bonne partie de la Flandre, tout cela sonne bien. Supprimer les allocations des chômeurs, voilà au moins qui paraît ferme. Enfin, on s’attaque à ceux qui vivent depuis des années aux frais de la société. Enfin, on réveille les profiteurs. Enfin, chacun doit prendre sa part.
Mais qui sont exactement ces profiteurs ? Cela reste généralement assez flou. En tout cas, ce sont rarement les gens que nous connaissons personnellement. Abdel, qui habite dans la rue, n’est pas un profiteur : il a travaillé vingt ans dans la construction et, depuis son opération du dos, il ne trouve presque plus d’employeur prêt à l’engager. Sarah, la voisine qui élève seule ses enfants depuis la fermeture de son magasin, n’est pas non plus une profiteuse. Elle fait vraiment tout ce qu’elle peut. Abdullah, le meilleur joueur de l’équipe de football de votre fils, ne vient pas davantage d’une de ces familles-là : ses parents sont des gens sympathiques qui donnent toujours un coup de main au club.
Les profiteurs, ce sont toujours les autres. Ils habitent quelque part en dehors de notre rue, ne se tiennent pas à côté de nous devant l’école et ne vendent pas de gaufres pour le club de football. Dès que les gens ont un nom, un visage et une histoire, on découvre étonnamment souvent qu’ils ont été licenciés, qu’ils sont malades, séparés, peu qualifiés, jugés trop âgés par les employeurs ou coincés dans une région où les emplois ne sont tout simplement pas disponibles.
Et pourtant, le débat public fabrique une masse anonyme bien pratique : une armée de paresseux affalés dans leur canapé pendant que le Flamand qui travaille dur paie la facture.
Cette représentation est politiquement très rentable. La droite dispose en effet d’un récit que tout le monde comprend immédiatement : s’il n’y a pas assez d’argent, c’est parce que trop de gens profitent du système. Supprimez leurs allocations, mettez-les sous pression et le budget retrouvera son équilibre. La solution tient sur un sous-bock et ne nécessite aucune explication compliquée. Seul problème : les chiffres s’obstinent à ne pas suivre.
Parmi les premiers groupes qui ont perdu leurs allocations, environ 10 % ont, jusqu’à présent, retrouvé un emploi. Une proportion comparable s’est retrouvée à l’assurance maladie. Plus de la moitié se sont tournés vers le CPAS. Le gouvernement n’a donc pas supprimé les allocations de ces personnes parce qu’un emploi les attendait, mais parce qu’un calendrier politique avait décidé que leur temps était écoulé.
Celui qui n’a pas trouvé de travail après deux ans est appauvri, même lorsqu’aucun employeur n’est prêt à l’embaucher, que sa santé lui fait défaut, que la garde d’enfants est inabordable ou que les transports publics ne permettent tout simplement pas d’accéder aux zones d’activité économique.
La pauvreté devient ainsi un instrument de politique de l’emploi. Le raisonnement veut qu’une personne cherche davantage de travail dès lors que son revenu diminue. Comme si les employeurs devenaient soudain moins sélectifs parce qu’un chômeur a moins d’argent. Comme si un problème de dos disparaissait parce que l’ONEM envoie une lettre. Comme si la discrimination liée à l’âge cessait avec le début du revenu d’intégration. Comme si une mère célibataire disposait soudain de davantage d’heures dans une journée parce que ses allocations sont supprimées.
Le gouvernement, lui, peut se prévaloir de sa fermeté. Il a décidé, sanctionné et supprimé. Les résultats sont moins impressionnants. Le budget n’est pas sauvé, le marché du travail n’a pas soudainement été réformé et des dizaines de milliers de personnes n’ont pas retrouvé un emploi. En revanche, les CPAS ont hérité d’une énorme charge supplémentaire et des familles doivent désormais vivre avec encore moins de revenus. Les statistiques de l’assurance chômage sont plus belles, ce qui, rue de la Loi, semble manifestement constituer un succès. Passer d’un tableau statistique à un autre compte apparemment comme une activation.
Puis vient inévitablement le groupe suivant. Maintenant que les économies réalisées sur le dos des chômeurs s’avèrent décevantes, on se tourne vers les malades de longue durée. Il y aurait là encore beaucoup de personnes qui pourraient reprendre le travail à condition de leur mettre suffisamment de pression. Là aussi, le message est simple : contrôler plus sévèrement, sanctionner plus rapidement et payer moins longtemps. La même méthode est répétée alors même que sa première application produit à peine les résultats promis.
Ce qui est remarquable, c’est que, dans notre politique, les incitants financiers ne fonctionnent que dans un seul sens. Le chômeur doit recevoir un incitant financier pour chercher du travail. Le malade doit recevoir un incitant financier pour guérir plus vite. La mère célibataire doit recevoir un incitant financier pour accepter n’importe quel emploi.
Mais dès qu’il est question des plus riches, le vocabulaire change. Il faut alors veiller à ne faire fuir personne, à empêcher les capitaux de partir et à faire en sorte que les investisseurs continuent à se sentir les bienvenus.
Le pauvre reçoit le bâton, le riche reçoit de la compréhension.
C’est là que réside le cœur du problème. Ce gouvernement cherche de l’argent auprès de personnes qui n’en ont pratiquement pas. C’est politiquement facile, car elles ne disposent ni de fiscalistes, ni de lobbyistes, ni d’un accès direct aux cabinets ministériels. Leur patrimoine ne peut pas disparaître dans une holding et leurs revenus ne peuvent pas être transférés vers une construction fiscalement plus avantageuse. Celui qui vit d’une allocation possède un compte bancaire que l’on peut contrôler et une adresse à laquelle on peut envoyer une lettre. Cela en fait une cible particulièrement facile.
Pour ceux qui possèdent réellement beaucoup, la situation est tout autre. Le patrimoine augmente souvent plus vite que les salaires. Les maisons, les actions et les placements génèrent de nouveaux revenus, tandis que celui qui ne vit que de son travail paie surtout des impôts sur chaque euro gagné. Les grandes fortunes se transmettent, les rendements s’accumulent et, à partir d’un certain niveau, l’argent sert essentiellement à produire encore davantage d’argent.
Pendant ce temps, on fait croire à la société que le grand problème budgétaire se trouve chez quelqu’un qui vit avec 1.300 euros par mois.
C’est une absurdité économique, mais politiquement, cela fonctionne. La droite pointe vers le bas et affirme que c’est là que se trouve l’argent. Les syndicats et les progressistes répondent ensuite avec un plan de vingt mesures, plusieurs exceptions, des calculs de recettes fiscales et de longues explications sur toutes les formes possibles d’impôt sur la fortune. Le temps que nous ayons expliqué notre troisième tableau, la droite a déjà remporté le débat en cinq mots : prenez l’argent des profiteurs.
Nous devons de toute urgence changer notre fusil d’épaule. Notre réponse ne doit pas être compliquée.
Cherchez l’argent là où il se trouve. Faites enfin contribuer équitablement les plus grandes fortunes. Instaurez un impôt sur la fortune.
Il ne s’agit pas ici du petit épargnant, ni de l’indépendant qui a travaillé toute sa vie pour construire son entreprise, ni de la famille qui vient enfin de terminer de rembourser sa maison. Il s’agit des plus grandes fortunes, de personnes qui possèdent des millions et dont le patrimoine augmente année après année sans qu’elles doivent travailler une heure de plus pour cela. Celui qui possède suffisamment pour qu’une contribution sérieuse ne change rien à son niveau de vie peut aussi apporter cette contribution.
Un impôt sur la fortune n’est pas une punition infligée à la réussite. C’est simplement reconnaître qu’une société ne peut continuer à fonctionner lorsque le travail est lourdement taxé tandis que d’immenses fortunes sont largement épargnées. Les infirmières, les enseignants, l’épicier indépendant, les ouvriers de la construction et les employés de magasin paient chaque mois leurs impôts avant même que leur salaire arrive sur leur compte. Il est difficile d’expliquer pourquoi une personne disposant d’un patrimoine gigantesque bénéficie d’innombrables possibilités de limiter sa contribution alors qu’un chômeur doit justifier chaque euro d’épargne auprès du CPAS.
Le gouvernement De Wever voulait montrer qu’il osait briser les tabous. En réalité, il a surtout démantelé la protection de personnes qui disposent de peu de pouvoir politique. Des dizaines de milliers de chômeurs ont perdu leurs allocations, plus de la moitié se sont retrouvés au CPAS et seule une proportion limitée a, pour l’instant, retrouvé un emploi. Les économies budgétaires attendues se sont révélées en grande partie illusoires, tandis que le coût social est, lui, bien réel.
Qu’avons-nous donc gagné ? Pas 99.000 nouveaux travailleurs, pas un budget à l’équilibre et pas un marché du travail qui fonctionnerait soudainement mieux. Mais des familles plus pauvres, des communes davantage mises sous pression, plus d’incertitude et un gouvernement qui vend un transfert administratif comme une réforme historique.
Le chômeur n’a pas vidé les caisses de ce pays. Abdel, Sarah et toutes ces autres personnes qui essaient de garder la tête hors de l’eau n’ont pas caché des milliards. Ce n’est pas en les enfonçant encore un peu plus dans la pauvreté que l’on sauvera le budget. Quiconque veut sérieusement assainir les finances publiques doit cesser de chercher dans des poches vides.
L’argent est en haut.
Allez le chercher là.
Le front commun syndical repartira à l’offensive après la pause estivale
L’accord conclu par le gouvernement fédéral en Conseil des ministres avant les vacances confirme qu’il entend poursuivre sa politique de démantèlement social, sans répondre aux préoccupations du monde du travail. De nouvelles décisions budgétaires restent encore à venir. Les syndicats se préparent donc à de nouvelles actions.
Les discussions budgétaires reprendront après la pause estivale. L’accord conclu par le gouvernement fédéral en Conseil des ministres avant les vacances confirme qu’il entend poursuivre sa politique de démantèlement social, sans répondre aux préoccupations du monde du travail. De nouvelles décisions budgétaires restent encore à venir.
Les syndicats se préparent donc à de nouvelles actions. Après l’été, nous redoublerons d’efforts pour informer et sensibiliser largement la population, dans la rue et au sein des entreprises. Nous appelons à un vaste mouvement populaire pour envoyer un signal fort aux responsables politiques. Des alternatives existent.
La question du budget n’est pas encore résolue. Le gouvernement cherche toujours des milliards pour réduire le déficit budgétaire. Le Premier ministre Bart De Wever semble retomber dans son « trèfle à quatre feuilles », avec comme éléments principaux une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat via l’indexation et la TVA, la réduction du budget des soins de santé et un contrôle toujours plus strict des malades de longue durée.
Pour le front commun syndical, cette logique d’austérité n’est pas une fatalité : d’autres choix sont possibles, à condition d’avoir le courage politique de les mettre en œuvre.
Non à une pension au rabais pour les travailleur·euses des arts !
La FGTB Bruxelles, aux côtés des organisations représentatives des travailleur·euses des arts, se mobilise pour défendre leurs droits à une pension digne. Une pétition est lancée afin d’obtenir une modification du projet de réforme des pensions avant son adoption définitive.
Le projet de réforme des pensions porté par le gouvernement Arizona menace de pénaliser injustement des milliers de travailleur·euses des arts.
Alors que le gouvernement avait annoncé un régime tenant compte des spécificités des carrières artistiques, le texte actuellement en discussion exclut les périodes de chômage artistique antérieures à 2014 des exceptions prévues par la réforme.
Cette limitation est inacceptable. Les spécificités des métiers des arts – alternance de contrats de courte durée, travail à la tâche, diversité des employeurs et périodes indispensables de création, de préparation ou de répétition – sont reconnues par la législation depuis plusieurs décennies. Les exclure du calcul de la pension reviendrait à remettre en cause des droits acquis et à pénaliser des carrières déjà marquées par la précarité.
Cette distinction est d’autant plus incompréhensible que le projet de loi prévoit des exceptions pour d’autres professions confrontées à des parcours professionnels atypiques. Rien ne justifie que les travailleur·euses des arts soient traités différemment.
La FGTB Bruxelles, avec les autres organisations syndicales et les fédérations représentatives du secteur, demande que le projet de loi soit modifié avant son adoption afin de garantir le respect des droits acquis et de permettre aux travailleur·euses des arts de bénéficier d’une pension digne à l’issue de leur carrière.
Les travailleur·euses des arts ne demandent pas un privilège. Ils et elles demandent simplement que les spécificités de leur métier soient reconnues et que leurs droits soient respectés.
Soutenez cette mobilisation en signant la pétition et en la partageant largement autour de vous !