Face à la contestation sociale, le choix de la démonstration de force et du mépris

Carte blanche de Florence Lepoivre et Jean-François Tamellini

Le 4 juin dernier, beaucoup d’entre nous ont rejoint le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles aux côtés des milliers de personnes mobilisées contre les politiques d’austérité qui frappent l’enseignement, la culture, la petite enfance, la recherche et les médias publics.

Nous y avons croisé des enseignants, des professeurs d’université, du personnel des écoles, des éducateurs, des travailleurs de la culture, des parents. Mais surtout beaucoup de jeunes.

Des jeunes venus défendre leur avenir.

Des jeunes qui savent très bien que, lorsque le gouvernement fédéral et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles leur affirment que les mesures qui sont prises le sont dans leur intérêt, « pour préserver les générations suivantes », c’est un mensonge.

Cette mobilisation était pacifique. Les violences commises en marge de la manifestation sont inacceptables et doivent être condamnées sans ambiguïté.

Mais elles ne peuvent faire oublier l’essentiel : ce qui s’exprimait ce jour-là, c’était l’inquiétude d’une génération face à l’affaiblissement progressif des services publics et des outils de son émancipation.

Ce 4 juin, ce qui nous a le plus marqués n’est pas la violence de quelques individus venus parasiter une mobilisation pacifique.

C’est le contraste saisissant entre les revendications portées par des milliers de jeunes et l’accueil qui leur a été réservé.

Nous avons vu des autopompes. Des policiers en tenue anti-émeute.

Nous avons vu des charges policières, des coups de matraque, des gaz lacrymogènes.

Et des interventions dont beaucoup interrogent aujourd’hui, à juste titre, la proportionnalité.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Où est la proportionnalité lorsque des travailleurs de l’enseignement, des étudiants ou des parents se retrouvent pris dans des interventions d’une telle violence ?

Nous avons aussi vu des militaires devant la gare de Bruxelles-Central, armés de fusils d’assaut, se tenir aux côtés des policiers, face aux jeunes, comme si l’on vivait une insurrection, une guerre civile.

Dans un état de droit, l’armée n’est pas là pour assurer le maintien de l’ordre, à de rares exceptions près : menaces terroristes ou autres menaces graves pour la survie de l’État.

Ils ne sont ni formés, ni équipés pour encadrer des manifestations. Leur présence pour des tâches comme celle-là ne se voit que dans des pays autoritaires, où l’État de droit n’existe plus.

Quel message envoie-t-on aux jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir lorsqu’ils voient de telles démonstrations de force alors que tout ce qu’ils réclament, c’est d’être entendus  ?

Quel message envoie-t-on à celles et ceux qui défendent leur école, leur université, leur accès à la culture ou à la recherche lorsqu’ils ont le sentiment d’être perçus avant tout comme un risque pour l’ordre public ?

Et quel message leur envoie-t-on lorsque certains responsables politiques semblent voir dans chaque jeune mobilisé pour son avenir, pour la qualité de l’enseignement qui lui est donné, un délinquant potentiel à redresser, à envoyer dans des camps ?

Derrière les événements du 4 juin se dessine une tendance préoccupante : celle d’un pouvoir de plus en plus sourd aux alertes qui montent de la société.

Depuis des mois, les mobilisations se succèdent.

Dans tout le pays, ce sont des travailleurs, des jeunes, des pensionnés, des associations et des citoyens qui manifestent pour défendre leurs pensions, leur pouvoir d’achat, les services publics et la sécurité sociale.

Et pour défendre l’État de droit.

Mais au-delà des manifestations elles-mêmes, c’est le peu de considération accordé aux alertes qui remontent de toutes parts qui interroge.

Les organisations de terrain tirent la sonnette d’alarme. Des secteurs entiers se mobilisent. Le Conseil d’État, la Cour des Comptes, des organes consultatifs officiels émettent des avis souvent très critiques.

Et pourtant, les passages en force se multiplient.

Comme si la concertation sociale, l’expertise et les alertes de terrain étaient devenues secondaires face à la volonté d’imposer coûte que coûte un programme d’austérité aveugle.

Dans le même temps, les syndicats,  les mutuelles et les médias publics sont discrédités, attaqués. La société civile est ignorée.

Bref, les contre-pouvoirs ne sont plus considérés comme des interlocuteurs, mais comme des obstacles à la marche forcée de l’austérité et de la destruction des droits.

Lorsque 5.000, 10.000, 100.000, 150.000 personnes manifestent sans être entendues, lorsque les avis rendus par les acteurs de terrain, les organes officiels restent lettre morte et que les espaces de concertation sont contournés, que reste-t-il du dialogue démocratique ?

Le 4 juin, les jeunes présents ne demandaient pas des privilèges.

Ils demandaient que l’on investisse dans leur avenir plutôt que dans l’austérité.

Ils demandaient des moyens pour apprendre, se former et construire leur avenir.

Mais au fond, leur revendication était la même que celle portée depuis des mois par des milliers de travailleurs, de citoyens, d’associations et d’acteurs de terrain : être entendus.

Être entendus avant que les décisions ne soient prises.

Être écoutés avant que les réformes ne soient imposées.

À les voir recevoir en retour mépris, démonstration de force et réponses caricaturales… on peut légitimement se demander si certains responsables politiques ont réellement entendu le message.

Gouverner, ce n’est pas ignorer ou réprimer l’expression d’une inquiétude.

C’est l’entendre. Et y répondre.

Florence Lepoivre                                                                Jean François Tamellini

Secrétaire générale FGTB Bruxelles                                Secrétaire général FGTB wallonne

Des camps de redressement pour les jeunes. A quand pour les responsables politiques ?

Une carte blanche de Bert Engelaar, président de la FGTB

Il y a eu des dégradations jeudi à Bruxelles. Des abribus ont été vandalisés. Des projectiles ont été lancés. Des services de secours ont été pris à partie. Bien sûr, il faut le dire. Bien sûr, il faut intervenir.

Personne, aucun syndicat, aucun enseignant, aucun parent – ne défend la violence ou les dégradations. C’est inacceptable.

Mais ce qui a surtout marqué les esprits, ce sont les grandes déclarations de plusieurs responsables politiques : « racaille », « camps de redressement », « éducation », « apprendre les bonnes manières ».

Peut-on aussi prendre un instant pour regarder ce que ces jeunes essaient de nous dire depuis des mois ?

On rend leur avenir toujours plus coûteux. Les frais d’inscription dépassent désormais les mille euros. Leurs écoles souffrent de pénuries de personnel, leurs cours sont supprimés, leurs enseignants doivent travailler davantage pour le même salaire.

Peu à peu, leur avenir se transforme en facture. Pourtant, ces questions sont passées au second plan.

Le débat est une nouvelle fois réduit à des questions d’ordre, de discipline et de sanction. Aujourd’hui, chaque colère sociale est immédiatement traitée comme un problème de sécurité. Chaque forme de contestation devient suspecte dès lors que des jeunes élèvent la voix.

Des camps de redressement, donc. Ce choix du mot en dit long. Mais qui décide qui doit y être envoyé ? Cela ne concerne-t-il que les jeunes qui lancent des pierres ? Ou aussi les responsables politiques qui stigmatisent des groupes entiers à coups de déclarations qui ne font qu’attiser les tensions ?

Existe-t-il aussi des camps de redressement pour l’humiliation publique ? Pour l’hystérie politique ?

C’est là que le bât blesse. Une société qui ne parle plus que de « rétablir l’ordre », de « fermeté », de « respect à imposer » ou de « sanctions exemplaires » finit par devenir dépendante de la surenchère sécuritaire.

Toute nuance disparaît. Tout contexte disparaît. Toute cause sociale disparaît.

Et soudain, les principaux ennemis de la société semblent être des adolescents de quinze ans. Des enfants, donc.

Des enfants auxquels on reproche de ne pas respecter suffisamment l’autorité.

Des enfants qui entendent déjà depuis des années qu’il faut faire toujours plus d’économies sur leur avenir.

Des enfants qui voient leur enseignement se dégrader, tout en se faisant expliquer qu’ils devraient rester reconnaissants.

Et ce que nous avons vu jeudi ne se résume d’ailleurs pas à des actes de vandalisme. Nous avons aussi vu des jeunes qui n’avaient rien fait ou presque. Des jeunes en colère parce qu’ils ont le sentiment que plus personne ne les écoute. Des jeunes paniqués sous les canons à eau et les gaz lacrymogènes.

Les plus cyniques tentent désormais de rendre les enseignants responsables de la colère de leurs élèves. Les enseignants « pousseraient les jeunes à la contestation ».

Des femmes et des hommes qui consacrent leur quotidien à donner des perspectives aux jeunes sont soudain présentés comme des fauteurs de troubles parce qu’ils refusent de regarder en silence leur métier être démantelé.

Plus hallucinant encore. Des jeunes qui descendent dans la rue pour défendre leur avenir sont réduits à de la « racaille ».

Comme si la discipline était le remède contre la colère sociale.

Encore une fois : rien ne peut justifier les violences ou les dégradations. Mais les responsables politiques qui rivalisent aujourd’hui de fermeté ne devraient-ils pas aussi se demander pourquoi tant de jeunes sont en colère ? Peut-être parce qu’ils ressentent ce que beaucoup d’autres ressentent depuis longtemps.

Ces gouvernements économisent sur tout ce qui permet aux gens d’aller de l’avant. L’enseignement. La santé. Les transports publics. La protection sociale. Tout doit coûter moins cher. Tout doit être plus efficace. Tout doit être plus dur.

Jusqu’au moment où les jeunes eux-mêmes comprennent que l’on est en train de démanteler leur avenir, pendant qu’on leur donne des leçons sur les normes et les valeurs.

Les syndicats et la société civile descendent dans les rues de Namur le 16 juin

Les organisations syndicales FGTB et CSC, rejointes par le monde associatif, appellent à une action commune le mardi 16 juin à Namur pour dénoncer la politique du Gouvernement wallon : celle de faire porter le poids des économies budgétaires sur les épaules des travailleuses, des travailleurs et des allocataires sociaux.

Depuis le début de la législature, les coupes et les restrictions touchent de plein fouet celles et ceux qui font tourner notre société au quotidien : les travailleurs du secteur public et du secteur privé, les enseignants, le personnel APE, les aides-ménagères titres-services, les aides-familiales, les travailleuses de l’accueil de la petite enfance, le secteur de la santé et de l’action sociale et tant d’autres acteurs du monde associatif au service de la collectivité. La politique brutale du gouvernement déstabilise le secteur de l’insertion socio-professionnelle et fragilise des associations en soutien aux familles en difficulté, aux jeunes en souffrance, aux femmes victimes de violence, engendrant encore plus de précarité.

Ces « efforts » sont imposés sans réelle concertation au mépris du dialogue social.

Unis, déterminés et en colère, ils et elles seront dans les rues de Namur pour dire clairement : l’addition ne sera pas payée par celles et ceux qui travaillent et constituent le ciment de notre société.

Départ: Gare de Namur – 10h30.

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Saut d’index partiel : le gouvernement Arizona organise une perte de pouvoir d’achat à vie

Le gouvernement Arizona a franchi une nouvelle ligne rouge en approuvant un saut d’index partiel malgré l’opposition unanime des organisations syndicales, des interlocuteurs sociaux et de nombreux experts. Cette décision constitue une attaque directe contre le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs et remet en cause l’un des piliers de notre modèle social : l’indexation automatique des salaires et des allocations sociales.

Concrètement, le mécanisme décidé par le gouvernement plafonnera l’indexation à partir de 4.000 euros bruts par mois. Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, ce seuil ne concerne pas une poignée de hauts revenus. Il correspond au salaire médian en Belgique. Pour les travailleuses et travailleurs à temps partiel, le seuil est même atteint beaucoup plus rapidement.

Les conséquences seront lourdes et durables. Contrairement à une perte ponctuelle, ce saut d’index produira des effets tout au long de la carrière. Chaque indexation future se calculera sur une base amputée. Résultat : des milliers d’euros de revenus perdus au fil des années. Une personne gagnant aujourd’hui 4.500 euros bruts et ayant encore quarante ans de carrière devant elle pourrait perdre plus de 17.000 euros au total.

Une alternative existait

Ce qui rend cette décision encore plus incompréhensible, c’est qu’une alternative crédible et équilibrée existait.

Les syndicats et les organisations patronales étaient parvenus à un accord autour d’une réforme de la prise en compte des prix de l’énergie dans l’indice santé. Cette solution permettait de mieux refléter les dépenses réelles des ménages tout en préservant le pouvoir d’achat des travailleurs.

L’indice santé détermine également l’indexation des salaires dans la fonction publique et l’indexation des allocations sociales, cette alternative serait même légèrement plus avantageuse d’ici 2030. Dans sa proposition, le groupe des 10 demandait donc au gouvernement de supprimer le saut d’index partiel prévu pour les fonctionnaires et les allocataires sociaux. En effet, l’accord conclu entre partenaires sociaux répond à la question de l’indexation dans le secteur privé, mais il appartient au gouvernement d’étendre cette logique à l’ensemble des revenus concernés afin de garantir une protection équivalente du pouvoir d’achat

Selon les estimations du Conseil central de l’économie, cette alternative aurait même rapporté davantage aux finances publiques grâce à des recettes fiscales et des cotisations sociales supplémentaires. Autrement dit : il était possible de protéger le pouvoir d’achat tout en améliorant les recettes de l’État.

Le gouvernement a pourtant choisi de l’ignorer.

Une attaque contre la concertation sociale

Au-delà de son impact économique, cette mesure constitue également un mépris sans précédent pour la concertation sociale.

L’indexation des salaires n’est pas définie par la loi mais résulte de conventions collectives négociées entre partenaires sociaux. En intervenant directement dans les mécanismes d’indexation, le gouvernement s’immisce dans les négociations collectives et remet en cause l’autonomie de celles-ci.

Cette décision obligera désormais les secteurs et les entreprises à renégocier leurs barèmes salariaux, ouvrant une période d’incertitude et de complexité dont les travailleurs feront les frais.

Des questions juridiques majeures

La FGTB examine actuellement les suites juridiques possibles.

De nombreuses questions restent sans réponse. Pourquoi avoir fixé le seuil à 4.000 euros ? Pourquoi les travailleurs à temps partiel sont-ils touchés plus rapidement ? Quelles seront les conséquences sur les barèmes liés à l’ancienneté ? Comment justifier que deux travailleurs d’une même entreprise puissent être traités différemment face à l’indexation ?

La conformité de cette mesure avec la liberté de négociation collective, garantie notamment par la Charte sociale européenne et les conventions de l’Organisation internationale du travail, devra être examinée avec attention.

Une nouvelle facture pour les travailleurs

Une fois encore, le gouvernement Arizona fait payer aux travailleurs le prix de ses choix politiques.

Alors qu’une solution plus juste, plus efficace et plus favorable aux finances publiques existait, il a choisi de s’en prendre au pouvoir d’achat de centaines de milliers de travailleurs et travailleuses.

Pour la FGTB Bruxelles, cette décision est une grave erreur sociale, économique et démocratique. Nous continuerons à nous mobiliser pour défendre l’indexation automatique, les salaires et le pouvoir d’achat de toutes et tous.

Vous souhaitez savoir ce que ce saut d’index pourrait vous coûter ? Découvrez l’outil de calcul mis à disposition par la FGTB.

Florence Lepoivre réélue secrétaire générale de la FGTB Bruxelles

Réunie en Congrès statutaire ce 27 mai 2026, la FGTB Bruxelles a réélu Florence Lepoivre au poste de secrétaire générale.

Dans un contexte social et politique particulièrement tendu – marqué par les attaques antisociales du gouvernement Arizona et par plus d’un an d’absence de gouvernement bruxellois de plein exercice – la FGTB Bruxelles avait fait le choix d’organiser cette année un Congrès centré sur ses obligations statutaires. Son véritable Congrès d’orientation se tiendra en 2027.

Dans son intervention devant les congressistes, Florence Lepoivre est revenue sur une période marquée par une offensive antisociale d’une ampleur inédite depuis 80 ans, les conséquences particulièrement lourdes des réformes fédérales pour Bruxelles.

Elle a également rappelé les nombreux combats menés par la FGTB Bruxelles ces deux dernières années : mobilisations contre les politiques d’austérité, défense des services publics et du non-marchand, lutte contre les exclusions du chômage, combat antifasciste et féministe, défense de la concertation sociale et des solidarités.

Une Motion d’actualité a également été adoptée. Elle fixe les grandes priorités syndicales de la FGTB Bruxelles jusqu’au Congrès d’orientation de 2027.

Enfin, les congressistes ont apporté leur soutien au personnel enseignant mobilisé contre les politiques d’austérité menées en Fédération Wallonie-Bruxelles qui prévoient d’importantes mesures d’économies dans l’enseignement, la culture, la petite enfance, la recherche ou encore les médias publics.

La FGTB Bruxelles remercie l’ensemble de ses militant·es, délégué·es et équipes pour leur engagement dans cette période particulièrement difficile et réaffirme sa volonté de poursuivre le combat pour défendre les travailleuses et les travailleurs bruxellois..

Bilan d’activité 2024-2026 de la FGTB Bruxelles

Motion d’actualité

Le 1er mai en images

Sous un soleil généreux et dans une ambiance à la fois festive et militante, le 1er mai 2026 a rassemblé des milliers de personnes au cœur de Bruxelles autour des valeurs de solidarité, de justice sociale et de progrès collectif.

Retour en images sur cette belle journée de mobilisation populaire, marquée par des moments de convivialité, des concerts, des animations, des rencontres et une énergie collective plus forte que jamais !

Merci à toutes et tous d’avoir fait vivre ce 1er mai 2026 à nos côtés ✊

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Solidarité syndicale Nord-Sud : l’exemple de la CDT Maroc – Les interventions du séminaire d’actualité sociale du 17 avril

Ce séminaire permet de comprendre les réalités sociales et syndicales au-delà de nos frontières et d’élargir notre vision du mouvement ouvrier. Il offre un espace pour analyser concrètement comment se construit la solidarité internationale en s’appuyant ici sur l’exemple de la CDT au Maroc. C’est aussi l’occasion d’identifier des pistes d’action commune pour renforcer les luttes Nord-Sud.

Les interventions des séminaires d’actualité sont disponibles sur la chaîne YouTube du CEPAG Bruxelles.

N’hésitez pas à les visionner ! 

🎦 Solidarité syndicale Nord-Sud : l’exemple de la CDT Maroc – Lucie de Reilhan (Jeunes FGTB) 

🎦 Solidarité syndicale Nord-Sud : l’exemple de la CDT Maroc – Laurent Atsou (IFSI-ISVI)

🎦 Solidarité syndicale Nord-Sud : l’exemple de la CDT Maroc – FGTB Bruxelles

9 avril : manifestation contre les mesures d’austérité du gouvernement de la FWB

Des milliers de manifestant·es ont défilé dans les rues de Bruxelles pour dénoncer les mesures d’austérité décidées par le gouvernement MR/Engagés de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Enseignant·es, étudiant·es, travailleur·euses du non-marchand et de la culture ont uni leurs voix pour défendre des services publics déjà fragilisés.

La mobilisation a rassemblé entre 10.000 et 15.000 personnes, témoignant d’une contestation qui s’élargit face aux économies imposées et au manque de concertation du gouvernement.

Entre slogans, banderoles et prises de parole, la rue a rappelé une exigence claire : il faut investir dans l’éducation, le social et la culture, plutôt que les sacrifier sur l’autel de l’austérité.

20260409 Manif CGSP enseignement et non-marchand

Situation bruxelloise : avenir de Bruxelles, îlot de résistance face à la droite – Les interventions du séminaire d’actualité sociale du 30 janvier

Bruxelles traverse une crise politique inédite : un an et demi après les élections, la Région reste bloquée en affaires courantes faute d’accord entre partis, avec des budgets gelés qui fragilisent associations, secteur de la construction, CPAS et bien d’autres secteurs. Pourtant, la capitale a voté majoritairement à gauche, apparaissant comme un îlot de résistance face à la poussée de la droite ailleurs dans le pays. Pourquoi, malgré ce vote clair, les habitants se retrouvent-ils sans gouvernement ? Ce séminaire vous donnera les clés pour comprendre cette paralysie, le fonctionnement institutionnel belge et les dynamiques politiques qui façonnent Bruxelles aujourd’hui.

Les interventions des séminaires d’actualité sont disponibles sur la chaîne YouTube du CEPAG Bruxelles.

N’hésitez pas à les visionner ! 

🎦 Situation bruxelloise : avenir de Bruxelles, îlot de résistance face à la droite – Partie 1

🎦 Situation bruxelloise : avenir de Bruxelles, îlot de résistance face à la droite – Partie 2

Un gouvernement à « n’importe quel prix » ? Non !

Bruxelles a besoin d’un gouvernement qui protège et prend soin de ses habitant·es, de leurs besoins essentiels et de leurs services collectifs.

Le front commun CSC-FGTB Bruxelles et le MOC Bruxelles alertent sur les conséquences graves du blocage politique en Région de Bruxelles-Capitale.

L’absence de gouvernement crée une instabilité dont les conséquences se font déjà trop lourdement sentir sur le terrain : incertitudes budgétaires, décisions reportées, services fragilisés, travailleurs·ses mis sous pression et licencié.e.s. Dans le secteur non- marchand, de nombreuses ASBL font face à des retards de financement, à des menaces de coupes et à une austérité à bas bruit qui met en danger des missions essentielles et des emplois.

Alors que les pressions s’intensifient pour forcer la formation d’un gouvernement bruxellois « à n’importe quel prix », nous alertons sur la mise en place d’un agenda de casse sociale sacrifiant les travailleurs·ses et les personnes déjà les plus vulnérabilisées. La vulnérabilité reste un choix politique.

Les mobilisations citoyennes et syndicales de ces dernières semaines, notamment celle du 23 janvier portée par le secteur social-santé, l’ont rappelé : la crise politique n’est pas abstraite. Elle affecte directement le terrain, entrave – quand elle le l’empêche simplement pas – l’accompagnement des personnes, en particulier les plus précaires, et fragilise l’accès effectif aux droits.

Sortir de l’impasse ne peut, cependant, pas signifier former un gouvernement « pour faire n’importe quoi à n’importe quel prix ».

La majorité des citoyen·ne·s a voté, dans les collèges francophone et néerlandophone, pour des options progressistes lors des élections de 2024. Sur cette majorité progressiste au Parlement, il ne peut y avoir de véto.

La N-VA et le MR n’ont pas le mandat pour imposer à Bruxelles des politiques de reculs sociaux, de coupes budgétaires et de désengagement des pouvoirs publics.

Bruxelles n’a pas besoin d’une « solution » qui ferait payer la crise à la population : ni des coupes de 100 millions d’euros dans des communes déjà asphyxiées, ni une réduction de 40% des moyens des ASBL, ni le licenciement de 3.000 agents régionaux alors que les besoins explosent.

Alors que 25.000 Bruxellois·es ont déjà été exclu·es du chômage et que 15.000 autres le seront prochainement, la Région a besoin d’un gouvernement qui protège ses habitant·es, en priorité les plus précaires, ainsi que les services publics essentiels, tout en travaillant à la transition écologique. Dans un contexte de crise sociale et écologique qui frappe déjà durement Bruxelles, aggravée par les politiques menées à d’autres niveaux de pouvoir, la Région a besoin d’un gouvernement respectueux de la concertation, des droits des travailleur·euses et des allocataires sociaux.

Un gouvernement avec un cap économique et social : la stabilité institutionnelle n’a de sens que si elle améliore concrètement la vie des Bruxellois·e·s. De tous·tes les Bruxellois·es.

Cela suppose une orientation claire : sécuriser les financements, renforcer les services publics et associatifs, lutter contre la précarité, garantir l’accès aux droits et faire du social- santé une priorité comme digue collective face aux crises. Une concertation réelle avec les organisations syndicales et l’ensemble du monde associatif est indispensable pour répondre, ensemble, aux urgences sociales et écologiques et sécuriser l’action publique.

Le front commun CSC-FGTB et le MOC Bruxelles, appellent les responsables politiques à sortir rapidement de l’impasse sur une base conforme aux besoins sociaux de la population et à l’expression majoritaire issue des élections, et non sur un marchandage ouvrant la voie à la seule austérité.

Nous resterons mobilisé·es, aux côtés des travailleur·euses, des associations et des citoyen·nes, pour défendre les droits de chacun et chacune et notre vision d’une Région de Bruxelles solidaire, démocratique et protectrice.

Un gouvernement, vite, oui — mais pas au prix d’une politique qui aggrave davantage la précarité et fragilise celles et ceux qui tiennent la Région debout.

Une autre politique est possible et nécessaire : la solidarité n’est pas un coût, mais un investissement collectif dans la dignité et la cohésion sociale.

Ne ratons pas ce rendez-vous : les Bruxellois·es le méritent.