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Métro 3 : un projet hors-sol ?

08/07/2025

Alors que les coûts du métro 3 explosent, que les délais de construction s’envolent et que les finances régionales se dégradent, la FGTB Bruxelles demande un arrêt ou une mise sur pause du projet. Elle plaide pour une alternative plus soutenable et exige des garanties pour les travailleuses et travailleurs impactés par l’arrêt du chantier.

Le projet de la future ligne 3 du métro bruxellois, censé relier Evere à Forest, est au cœur d’un débat politique et budgétaire majeur. Son coût a explosé : plus de 4,2 milliards d’euros, dont 3,2 milliards pour le seul axe nord. Et les délais s’allongent… Le tronçon sud, promis pour 2024, ne sera pas achevé avant 2031. Le tronçon nord, initialement prévu pour 2030, pourrait glisser vers 2040.

Dans une Région déjà asphyxiée financièrement, où les besoins sociaux sont criants (logement, santé, emploi, climat…), la poursuite de ce chantier fait peser une hypothèque lourde sur les investissements publics essentiels.

À cela s’ajoutent des incertitudes techniques majeures, notamment autour du Palais du Midi et de la Gare du Nord, et l’absence de solution de financement crédible. Plusieurs pistes sont évoquées – partenariat public-privé, obligations vertes, réforme du financement régional – mais aucune ne répond durablement aux enjeux sans sacrifier d’autres priorités collectives.

Face à cette situation, la FGTB Bruxelles plaide pour une remise à plat du projet et l’examen sérieux d’une alternative crédible : le Prémétro+. Porté notamment par Inter-Environnement Bruxelles, ce scénario s’appuie sur le réseau de trams existant pour améliorer la mobilité : renforcement du tunnel nord-sud, modernisation du matériel, augmentation de la fréquence. Résultat ? Un coût 88 % inférieur au projet métro, des travaux moins lourds, un déploiement plus rapide… et moins d’impact sur les finances régionales.

« Cela ne signifie pas qu’il faille ignorer les enjeux d’emploi » souligne Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, « nous demandons un plan d’accompagnement des travailleurs impactés par l’éventuel abandon du chantier, via la formation, la reconversion et la relocalisation des investissements publics vers d’autres projets qui répondent aux besoins sociaux de la Région et de ses habitants. »

Pour la FGTB Bruxelles, il est également essentiel d’agir sur la mobilité professionnelle. « Les déplacements professionnels deviennent de plus en plus problématiques dans Bruxelles. Nous devrons en faire une priorité partagée du prochain gouvernement et des interlocuteurs sociaux, tant pour le déplacement des habitants et des travailleurs que pour le transport des marchandises. Et nous sommes convaincus que pour être efficace, cette mobilité doit être envisagée à l’échelle métropolitaine » précise Florence Lepoivre.  

Stop ou encore ?

« Nous considérons qu’en l’état actuel, la poursuite du métro 3 serait une fuite en avant. N’oublions pas que poursuivre le projet du métro 3 sans financement public solide, c’est sacrifier des politiques sociales essentielles, des services publics déjà à bout de souffle et tout espoir d’une transition juste à Bruxelles. Le futur gouvernement régional devra faire un choix courageux, en se basant sur une évaluation objective de la situation et des alternatives possibles »  conclut Florence Lepoivre.

Pour la FGTB Bruxelles, ce projet, pensé il y a plus de 10 ans, hypothèque les réponses à apporter aux urgences d’aujourd’hui.